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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 18:14

arbalète

 

Bonjour à toutes et tous! Mon blog Berry médiéval étant en panne (état que j'espère provisoire), je bascule sur le Livre de Meslon les articles que je comptais y publier.
Merci de votre compréhension!


Voici une pratique juridique assez commune mais rarement décrite dans la documentation régionale: le bornage, à l'aide d'une arbalète, de la franchise de l'église de Meunet, aujourd'hui Meunet-Planches, dans l'Indre.
Cette église, construite sur une terre relevant de la seigneurie d'Issoudun, dépendait de la grande abbaye bénédictine de Saint-Sulpice de Bourges. Indépendante du pouvoir seigneurial, l'église de Meunet, comme d'autres, était au centre un espace échappant à la justice et à la fiscalité laïque. Fatalement, la question de la superficie du terrain placé sous la sauvegarde du clergé se posa.
D'un coté, le seigneur avait intérêt à ce qu'elle soit la plus réduite possible, des impôts lui échappant. De l'autre, l'abbé de Saint-Sulpice était aussi collecteur d'impôts. Plus la franchise était étendue, plus les bénéfices du monastère était élevés (même si les sommes en jeu ne devaient pas être énormes). La seule façon d'éviter des palabres sans fin entre les deux parties fut de remettre à la sagesse divine l'initiative du choix des limites.
On vint donc sur place avec une "forte baliste". Quelqu'un du parti de l'abbé se mis "à la tête" de l'église et tira deux flèches, une à sa droite, une à sa gauche. Une troisième a été tirée "en dessous" (peut-être un angle de visée inférieur à l'élévation du bâtiment. A chaque point d'impact fut plantée une croix, délimitant un quadrilatère dont l'église formait le quatrième sommet. Le terme "à la tête" est équivoque mais, si on part du principe que le bourg actuel est situé à l'emplacement du bourg médiéval, on remarque que la majorité de l'espace bâti se situe dans un périmètre correspondant à la description du texte, à condition que les traits aient été tirés devant l'église, et pas à son chevet.
On pourrait disserter à l'infini sur les variables possibles pouvant aider Dieu dans son choix d'un bon point d'impact (tension de la corde, angle de tir, poids des carreaux, vitesse du vent, savoir-faire du tireur...). Sans nul doute, nos ancêtres se sont posés les mêmes.

note au lecteur: l'arbalète, de fabrication récente, qui illustre cet article, fait partie de l'arsenal personnel des animateurs de l'association de reconstitution médiévale Les Compagnons du Sarment d'Hypocras. Je leur ai posé le problème dans ses termes, et me suis fié à leur expérience pour trouver l'arme la plus probable pour illustrer cet épisode de l'histoire berrichonne.

Published by olivier Trotignon - dans moyen-âge
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 12:00

mozaïque

 

Voici sans doute le document littéraire le plus ancien qu'on possède sur la région de Charenton. Si l'archéologie et des découvertes fortuites ont prouvé depuis longtemps que les vallées de la Marmande et de l'Auron ont connu des phases d'occupation depuis l'Antiquité (aucune fouille n'a encore démontré la permanence des habitats sur de longues périodes), le cartulaire de l'ancienne abbaye Saint-Sulpice de Bourges conserve la copie d'un acte daté de l'an 818.
Le texte est assez bref et, bien entendu, rédigé dans un latin qui n'a rien de "cuisine", comme certains latinistes l'affirment parfois avec un mépris hautain envers ces millions de chartes écrites après la décadence de Rome. La langue et les formules diplomatiques sont justes conformes aux usages du temps, ce qui est un gage d'authenticité précieux pour le lecteur.
Deux hommes, Goricbodus et son fils Wuibodus affirment détenir des terres dans le pagus berrichon, dans la viguerie de Charenton, sur la rivière Utrionis (l'Auron), dans un lieu nommé Canivas (autrement écrit Canavas, dans des textes postérieurs). Il s'agit très probablement du nom ancien de Cogny, paroisse dont le territoire était riverain de l'Auron, à faible distance de Charenton.
Nous observons deux noms propres à un seul élément, à consonance germanique, ce qui ne signifie pas qu'il s'agisse de descendants de barbares de l'époque précédente, mais plus de gens baptisés selon les codes de leur temps. Le plus intéressant du texte n'est pas la position, incertaine, de la terre exploitée par les deux hommes, mais plutôt la certitude acquise de la présence d'un grand domaine administré par l'autorité carolingienne à Charenton, ancêtre ou, au minimum, prédécesseur probable de la seigneurie qui s'y développe à partir du XIe siècle.
Le texte, publié dans les Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, édition de 1912, grâce à l'archiviste Louis de Kersers, peut être facilement trouvé, avec un peu de méthode, sur la base Gallica.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 19:19

ex voto

 

Je constate depuis plusieurs années l'intérêt du public de la vallée du Cher pour l'histoire et le patrimoine de la région. Comme il m'est difficile, pour des raisons liées à la rédaction de ma thèse, d'écrire dans les mois à venir de nouvelles conférences, j'ai décidé de rafraîchir un thème soutenu il y a plusieurs années à l'invitation du regretté Office de tourisme de Vesdun, et qui avait réuni un public très nombreux.
J'avais proposé une relecture du site gallo-romain de Drevant à la lumière de ce que nous connaissons sur les croyances et les pratiques religieuses de la société gallo-romaine. L'argumentaire, reposant sur un croisement de sources historiques et archéologiques, avait permis de proposer une vision plus spirituelle que matérielle -pourtant la plus en vue depuis le XIXe siècle- de la fonction de ce site majeur qu'est Drevant.
Je relance donc cette conférence, qui sera offerte à mes amis du CASA, en hommage à leur travail sincère et désintéressé en faveur de l'éducation universelle, à la fin du mois de juin 2015. Elle sera disponible pour les associations, comités d'entreprise ou établissements scolaires dès le printemps.
Contact et conditions en messages privés sur Berrymedieval#yahoo.fr (remplacer le # par @, pour éviter les spams).

 

 

248px-Antipub.svg

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:37

Cher-moutons

 

Mes amis archéologues, botanistes et spécialistes de la faune sauvage vous le diront: le Cher est un espace à l’abandon. Hormis ces passionnés et quelques pêcheurs, de plus en plus rares, la rivière n’attire plus grand monde. Parfois un camp de nomades s’y fixe quelques mois, des abrutis viennent y vidanger en pleine nature leurs bolides, un bricoleur du dimanche, de temps à autre, en profite pour charger une remorque de gravier, quelques jeunes s’y réunissent la nuit en été autour d’un feu de saule, cette rivière n’attire plus grand monde.
Si on se plonge un siècle en arrière, on découvre une situation fort différente. La rivière fait alors partie du tissu économique local, comme auxiliaire, ou au contraire comme obstacle, aux activités quotidiennes. Remarquons tout d’abord cette femme âgée qui fait paître ses moutons juste à coté de l’actuel pont entre Saint-Amand-Montrond et Orval. La berge est soigneusement tondue, preuve que les animaux y ont passé du temps.
On peut supposer que comme beaucoup d’autres éleveurs de l’époque, la bergère profite de droits d’usage collectifs, souvent appelés “communaux” dans les campagnes, dont tout un chacun pouvait user à sa guise, sans payer de droits de location. Cet accès public avait le mérite d’entretenir les rives, aujourd’hui en partie envahies par la végétation faute d’entretien.

 

Cher-linge

 

Moins pollué qu’aujourd’hui, mais pollué quand même par les industries et le rouissage du chanvre en amont, le Cher accueille les femmes venues laver leur linge près du confluent avec la Marmande. Cette photographie tirée des collections municipales de Saint-Amand illustre indirectement le contenu d’une communication présentée il y a un an ou deux par mon correspondant et archéologue subaquatique m. Patrick Defay, relative aux tanneries saint-amandoises. Ce chercheur a retrouvé de nombreuses traces laissées par le traitement des peaux au bord de la petite rivière à l’époque où la photographie a été prise. La qualité de l’eau ayant à souffrir de cette industrie, elle ne permettait pas d’y laver le linge. On remarque que toutes les lavandières ont apporté leur lessive juste avant le point de confluence, là où l’eau est encore acceptable. D’autres, utilisant l’eau de la Marmande pour les mêmes fins, s’installaient toutes en amont du quartier des tanneurs, et jamais en aval.

 

Cher-bac

 

Obstacle pour le passage des gens et des bêtes, le Cher était franchi par endroit par des bacs dont les origines pouvaient remonter à l’ancien Régime, voire au Moyen-âge.
Celui de la Roche fut remplacé par une petite passerelle très pratique pour les piétons et cyclistes qui gagnaient grâce à elle un temps précieux entre leur domicile et le quartier du canal. La crue de 1977 a balayé ce pont, que nul n’a jugé utile ensuite de reconstruire.

 

  248px-Antipub.svgComme vous pouvez le constater si votre ordinateur n'est pas muni d'un logiciel de protection, mes blogs sont envahis par des ridicules publicités qu'Overblog impose à ses utilisateurs. Merci de ne pas m'en tenir rigueur -j'en suis la première victime- et de fuir les marques complices de cette invasion.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:59

st-Pierre1


L’histoire m’avait été racontée il y a longtemps. Vers le début du XXe siècle, le clocher de l’église romane de Saint-Pierre-les-Etieux, dans le Cher, aurait été l’objet d’un important remaniement. Cet épisode de la vie de cette petite commune trouve sa confirmation dans l’iconographie contemporaine.

 

st-Pierre2

 

La vallée de la Marmande est une zone dans laquelle les bâtisseurs d’églises de la période romane ont suivi un modèle particulier de clochers latéraux et l’ont appliqué à Coust, Colombiers, Charenton et Saint-Pierre. Cette disposition architecturale leur a permis de construire des ouvrages plus hauts que l’aurait permis une élévation au dessus de la nef de ces sanctuaires de dimensions modestes, le poids de la maçonnerie étant supporté par le sol naturel et non pas par les murs des églises.

 

st-Pierre3

 

A une date inconnue, il semble que le clocher de l’église de Saint-Pierre ait commencé à présenter des signes de faiblesse, amenant la mairie à prendre une décision radicale: raser une partie de la tour. Le haut clocher fut donc réduit de presque de moitié, ramenant l’ensemble à des proportions beaucoup plus modeste. Hormis la haute toiture de pierre et les clochetons latéraux, c’est un étage entier qui fut mis à terre.
Dans un deuxième temps, un toit ordinaire fut construit et couvert de tuiles mécaniques sans doute produites par la grande tuilerie de Charenton, toute proche.
Si cette démolition a fortement amputé un monument qui rivalisait avec l’église voisine de Charenton, elle n’a pas pour autant défiguré le site, dont la silhouette se rapproche de beaucoup de petites églises du Poitou, dont l’art a fortement imprégné les bâtisseurs romans berrichons.

 

st-Pierre4

 

Pour l’anecdote, il apparaît que les belles pierres du clocher de Saint-Pierre sont encore sur la commune, réduites à l’état de moellons d’un mur de soutènement d’un terrain bâti, dans le hameau des Vivons, à trois kms environ de leur emplacement initial.

 

248px-Antipub.svgDepuis peu, la plate-forme "Overblog" qui héberge ce blog a pris la liberté d'envahir cet espace avec des publicités intempestives. Cette initiative est contraire à mes principes. Merci d'ignorer ces réclames qui corrompent mon travail et surtout, n'hésitez pas à boycotter les annonceurs responsables de cette pollution visuelle.

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 09:17

Charenton

 

Ceci est un document rarement exploité qui provient de la riche collection de vues dessinées par Claude Chastillon lors de son séjour en Berry, fin XVIe ou début XVIIe, qui représente, vue du sud, la ville de Charenton.
Sur ce dessin, Charenton garde une partie de son aspect primitif médiéval. La ville ancienne est ceinte d’une muraille défendue par peut-être une dizaine de tours de défense dont une majorité crénelées. Un fossé alimenté par les eaux de la Marmande baigne une partie du pied des fortifications, le reste étant protégé par le cours de la rivière.
La disproportion de l’église montre qu’il s’agissait sans doute du seul bâtiment remarquable de la cité, l’abbaye bénédictine en les murs occupant un volume visuel moindre. Des faubourgs accueillent, à l’est, la population que les murs ne peuvent abriter.
Une demeure plus raffinée que le reste des habitations attire le regard au premier plan. Il s’agit du château cité dans la légende, franchement séparé de l’ancienne motte féodale du XIe siècle. Il ne reste plus de vestiges vraiment lisibles de cette résidence seigneuriale dont le style évoque la fin du Moyen-âge ou la Renaissance, avec ses fenêtres à meneaux.
La légende mérite quelques commentaires. Claude Chastillon, curieusement, parle ici de “Païs de Berry”, alors que Charenton appartenait à l’espace Bourbonnais”. L’erreur s’explique facilement si on se souvient que ce topographe a beaucoup travaillé sur des places berrichonnes pas très éloignées de Charenton. Le croquis de Charenton date certainement du même voyage qui le conduisit entre autres à Culan. Pour un étranger aux coutumes locales sans doute traité comme un hôte d’exception, la nuance entre les deux duchés (auxquels certains aujourd’hui s’acharnent à trouver deux identités bien distinctes) n’a certainement pas été perçue. Le dessinateur aura fait la confusion entre les deux espaces plus tard en référençant ses planches.
L’erreur peut aussi s’être produite au moment de la publication, en partie posthume, de ses remarquables travaux.

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:21

étang

 

A une époque où des sociétés industrielles entreprennent de saccager nos paysages avec des éoliennes géantes, sous prétexte de développer des énergies renouvelables, on oublie presque complètement (pas assez rentable pour leurs actionnaires) le formidable potentiel hydraulique de notre territoire.
Pratiquement tous les ruisseaux de la région actionnaient un ou plusieurs moulins. Celui de Meslon, bien que long d'à peine un kilomètre entre sa source et sa confluence avec le Cher, avait le sien.
La force de ce minuscule cours d'eau étant dérisoire, avec une pente et un débit limités, il lui était impossible d'entraîner une roue en continu. Les décideurs de l'époque, sans doute les seigneurs de Meslon vers le XVe siècle, si l'on se fie à quelques indices architecturaux, engagèrent des travaux pour créer une retenue d'eau sur le ruisseau. Naquit de leur entreprise un petit étang, retenu par une digue de pierre, succédant à un dispositif antérieur plus en amont.
Le principe de ce moulin était très simple: le meunier attendait que la retenue se remplisse avant d'actionner une pelle qui libérait l'eau, force motrice sur un temps limité de son appareil. La roue, de petite dimension, était disposée sous le moulin. Le fils d'un de mes voisins m'avait fait visiter ce local, il y a plus de vingt ans, et on y voyait encore très bien l'aqueduc alimentant la roue.

 

moulin-meslon

 

Le moulin a périclité à la Restauration, lorsque l'Etat a décidé de faire passer la route royale 144 à travers la retenue d'eau. Considérablement diminuée, celle ci perdit alors une partie de sa réserve motrice
L'endroit, très plaisant, devint par la suite un lieu prisé des Saint-Amandois, qui venaient dans l'après-guerre  en voiture y pêcher et y passer de longs après-midi au frais, dans une auberge à l'époque fort réputée pour la qualité de son accueil.

 

moulin-meslon.2

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 09:12

Tranchasse1

 

Je ne vous cacherai pas la peine que m'inspire ce monument majeur du patrimoine industriel régional qu'est le pont-canal de la Tranchasse, au contact avec les communes d'Ainay-le-Vieil et de Colombiers.
Ce pont, je le connais depuis toujours. C'est lui qui me permet d'aller travailler à Saint-Amand en vélo quand le temps s'y prête, de revenir à pied, de nuit, en pleine tempête de neige; j'ai même la fierté d'y avoir fait passer un de mes ânes, sur la trace de ses ancêtres tracteurs de péniches.

 

Tranchasse3

 

Depuis longtemps, ce pont va mal, très mal, même. Il y a plus de 20 ans, avec un groupe de copains, armés de scies et de serpes, nous avions tenté, sans rien demander à personne, de réduire la végétation parasite qui proliférait sur l'ouvrage, espérant donner à d'autres l'envie de poursuivre le travail. Beaucoup plus tard, d'autres bénévoles s'y sont mis à leur tour, mais un examen objectif de la structure du pont me fait craindre que ces efforts ne servent qu'à retarder le moment où le tablier tombera complètement en ruine.
Les dégâts dus au manque complet d'entretien de la structure depuis 1950 sont énormes et peut-être déjà irréparables.

 

Tranchasse2

 

Une partie des piles qui soutiennent les arches et les arches elles-mêmes sont construites en briques et en calcaire gélif. Les joints étanches qui garantissaient les piles contre les infiltrations d'eau du Cher ont en partie disparu: des pierres sont déjà descellées à la base du pont. L'eau entre donc librement au cœur des piles centrales et nul n'est capable aujourd'hui, en l'absence de diagnostic établi par des professionnels, de mesurer les dégâts en profondeur. Il faut ajouter que l'état l'abandon général qui marque la rivière conduit des troncs énormes, arrachés des berges, à percuter les piles, en période de crues et à s'accumuler là, augmentant  la pression du courant contre les maçonneries.

 

Tranchasse5

 

Sur le tablier, la situation n'est guère plus brillante. L'enveloppe de plomb qui garantissait le tablier contre les infiltrations n'est plus qu'un souvenir. On accuse, sans doute avec raison, les récupérateurs de métaux clandestins d'être venus, avec leurs chalumeaux et ciseaux, profiter, dans l'indifférence générale, de cette mine de plomb à ciel ouvert. Ceux-la n'auront que juste achevé le lent pillage dont se vantaient autrefois les pêcheurs, qui venaient récupérer le métal pour économiser des olives et des poids de pêche.

 

Tranchasse4

 

Tout le monde le sait, même si on n'aime pas se le dire: le pont-canal de la Tranchasse est condamné. Tout ce que je décris est réversible, mais avec des budgets qu'aucune collectivité locale n'engagera jamais.
A part quelques promeneurs, ce pont ne sert plus à personne. L'eau n'y coulera plus jamais, le canal étant détruit à la Perche. Bientôt se posera la question de la sécurité de son accès, déjà condamné temporairement après des actes de vandalisme. Trouvera t-on au moins un peu d'argent pour aménager une petite passerelle, pour que randonneurs et cyclistes puissent poursuivre la très belle promenade qui suit l'ancien lit du canal?
C'est tout un pan d'histoire et de vie qui est au bord, au sens propre comme figuré, de l'effondrement.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 07:25

inondation

 

Les riverains l'auront constaté: depuis plusieurs années, les crues du Cher se font rares. Tandis que régulièrement, les médias font part d'inondations dans plusieurs régions de France, la rivière ne déborde plus de son lit comme cela se produisait encore régulièrement il y a une dizaine d'années.
Par le passé, les archives ont conservé le souvenir d'inondations destructrices, affectant les ouvrages fixes présents sur le fleuve: au début du XVIIIe siècle, un écriteau rappelait aux voyageurs passant le Cher à Saint-Florent l'année où la rivière avait détruit un ouvrage plus ancien. A Saint-Amand, les cahiers de doléances se plaignaient des ravages d'une autres crue ayant emporté le pont menant à Orval.
Mes correspondants archéologues subaquatiques soulignent de leur coté des hypothèses de montées des eaux à la période médiévale responsables de la ruine de moulins et de ponts, dont ils observent les vestiges lors de leurs prospections en aval de Bruère-Allichamps.

 

crue-Tranchasse

 

Au XXe siècle, la mémoire proche rappelle plusieurs années de fortes crues: 1910, 1940 et 1977. J'avais 15 ans lors de ce dernier épisode et garde des souvenirs très forts de cet événement. Dans les mois qui suivirent, il n'était pas rare de trouver sur les berges des ossements de bovins, souvenirs de malheureuses vaches noyées dans les prés. En revanche, cette dernière crue fut une bénédiction pour les préhistoriens amateurs, qui firent des ramassages d'outils en silex exceptionnels en nombre et en qualité dans les mois et les années qui suivirent.
J'ignore s'il existe une explication scientifique à la baisse de la fréquence des crues mais il est évident que les sécheresses qui se sont manifestées depuis quelques saisons n'ont pas été suivies d'épisodes torrentiels et que les pluies importantes ont été absorbées par les nappes phréatiques, contrairement à l'année 1977.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 17:06

m. Tardif

m. Tardif, représentant de Boischaut Marche Environnement, Secteur Nord

stardif.ebs€gmail.com  (€ pour @)

http//www.boischautmarcheenvironnement.com

 

L'été est presque dans notre jardin. Déjà, nous croisons sur les petites routes des plaques d'immatriculation peu courantes le reste de l'année. Le Boischaut respire à l'heure des vacances, les volets des résidences secondaires vont bientôt s'ouvrir et les piscines se remplir: manifestement, le Berry du Sud et le Bourbonnais ne sont pas des territoires répulsifs. Ceux qui viennent y séjourner apprécient l'unité des paysages, une campagne et des forêts où rien, ou presque, n'accroche le regard.
Certes, il se trouve bien de ci, de là, quelques hideux relais de téléphone portable, lignes à haute tension, ou fermes délabrées ornées de hangars en tôle rouillée et d'épaves de Juvaquatre et de batteuses, mais aucune de ces verrues ne mesure plus de 150 mètres de haut, pousse en bouquet de quatre à douze machines, et clignote nuit et jour, polluant peut être pour le reste de nos vies des paysages qui sont, si on y pense bien, notre seule et commune richesse.
Les éoliennes industrielles n'ont pas leur place par ici.
L'ont-elles quelque part? Peut-être.
Dans des régions riches, fortement urbanisées, grosses consommatrices d'énergie, où les paysages ont déjà été mités par des zones artisanales et commerciales étendues à perte de vue. Là, au moins, elles ne feront pas fuir les touristes, n'auront aucun impact sur les prix de l'immobilier, ne généreront pas plus de pollution visuelle diurne ou nocturne qu'il n'en existe déjà, seront surveillées par plus de monde pour réclamer (et financer...) leur démontage arrivé l'âge de leur obsolescence et y trouveront peut être plus de vent que dans nos régions de bocage, connues pour l'irrégularité mécanique (nos haies et nos forêts font du bon travail) des courants atmosphériques qui les ventilent.
Il est largement temps d'arrêter ce massacre annoncé. Il y a quelques années, autour de Meslon, nous avons réussi à tordre le cou à un de ces projets dantesques, sans violence, juste en opposant notre vérité de gens du terrain aux affabulations grotesques des promoteurs industriels et de leurs obligés locaux.
N'hésitez pas à discuter avec les élus des communes impliqués, souvent des gens intelligents et honnêtes, mais abusés par des argumentaires dévoyés et trompeurs. Ils ne refuseront pas le dialogue, ce qui est la meilleure preuve de leur intelligence et de leur probité.
Hommage à toutes ces associations de riverains qui se battent pour le Bien commun un peu partout dans la région.
Mes amitiés aux adhérents de Boischaut Marche Environnement, Secteur Nord, qui luttent pour la protection de la région de Touchay/Ids-Saint-Roch, dans la vallée de l'Arnon.

note: l'auteur de cet article n'est ni pour le retour aux tombereaux à bœufs ni pour l'industrie nucléaire, mais partisan convaincu du micro-éolien, indolore pour les paysages et de toutes les autres énergies alternatives citoyennes.

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Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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