Devant l’état désastreux des toitures au moment de l’achat de la maison, il s’est imposé comme une nécessité d’intervenir au plus vite pour au moins boucher les trous les plus menaçants pour la
sauvegarde du plus vieux bâtiment de l’ensemble.
Une autre priorité, nous semblait-il, était de retrouver un état aussi homogène et neutre que possible conforme aux traditions régionales en remplaçant toutes les
verrues modernes faites de tuiles industrielles par des petites tuiles de pays. Il est inutile ici de décrire les étapes de cette réfection enfin achevée.
La tentation était forte de compléter la restauration de ces grands toits par l’ajout d’épis de faîtage, bien que la maison n’en ait jamais compté un seul. A notre
arrivée, le poinçon du toit était protégé par une simple mitre de zinc qui à défaut d’être esthétique avait au moins un pouvoir couvrant satisfaisant. Cette mitre fut remplacée par un pot à eau
en terre des Archers, sans aucune valeur de collection après avoir perdu une de ses anses, que je retaillai à la meuleuse pour l’adapter au poinçon de chêne. Cette potiche servit maintes fois de
perchoir aux oiseaux des environs, ce qui permit d’évaluer la taille d’un futur épis de faîtage et la commande fut passée auprès de Gilbert Delmotte, potier au hameau des Archers, seul artiste
local capable grâce à son expérience en la matière de réaliser une pièce plus grande que la taille moyenne des épis traditionnels. Gilbert s’acquitta de la tâche avec sa maîtrise habituelle et
tourna un bel épis à un coq et quatre poules symétriques, le coq et une poule étant destinés à être placés dans l’alignement de l’arrête du toit et ainsi orientés à l’ouest.
Pour ne pas surcharger la perspective générale, nous prîmes la décision de compléter cet ajout par un second épis de forme plus simple à l’opposé du toit. Afin de
respecter une ancienne coutume, est placé dans le corps de l’épis principal une petite boite hermétique dans laquelle, sur un petit morceau de Canson, sont notés à l’encre de Chine la date de
pose et les noms du potier, du couvreur et du commanditaire.
Je profite de ces lignes pour signaler l’existence d’un épis de faîtage, authentique celui-là, sur un toit du village d’Urçay, à quatre ou cinq kilomètres de
Meslon, qui est à ma connaissance un des plus éloignés des lieux de production du siècle dernier.
Par olivier Trotignon
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Voici une curiosité dont je n'aurai pas la cuistrerie de m'attribuer la paternité, la bonne fortune de la découverte revenant à ma fille lors de sa première sortie archéologique dans un champ
proche de Meslon, sur l'emplacement d'une grande villa gallo-romaine. Juste après les semis d'automne, le sol y est si bien lavé par la pluie qu'on y trouve sans peiner de nombreux tessons de
céramique commune et parfois, quelques fragments de sigillée. C'était l'objectif visé par cette sortie qui a répondu à nos attentes car, après à peine quelques mètres dans la parcelle, ma fille a
trouvé ce fragment de fond d'assiette portant, incomplet mais bien présent, le cachet du potier auteur de ce plat à l'époque antique. Incapable d'identifier avec la maigre littérature régionale
sur le sujet l'origine de l'objet, j'ai contacté l'équipe de recherche du Centre archéologique de Lezoux, dans le puy-de-Dôme, qui a bien voulu, et je tiens à remercier publiquement Philippe
Bet pour sa recherche et sa réponse, me renvoyer le message suivant:
"(...) Après comparaison , votre marque SAT(T?) ne correspond pas à une graphie connue à Lezoux. Cependant le potier SATTVS est
connu sur deux autres graphies SATT.OM (S rétro et un A sans barre) sur Drag.33 et SATTIMA ( MA ligaturés) sur Walters 79 ou 80 de la seconde moitié du IIe s. (?).
Un potier homonyme serait connu pour Gueugnon, Chémery, Mittelbronn, Pont-des-Rèmes et Millau. Oswald le cite pour Blickweiler et Pont-des-Rèmes.
L'examen macro de la pâte de votre assiette devrait toutefois permettre de déterminer s'il s'agit d'une production du centre ou de l'est. (...)
J'ajoute à la photographie du cachet deux autres tessons décorés trouvés dans la même parcelle au cours de plusieurs prospections, illustrations supplémentaires de
la qualité des vaisselles importées dans la région par les gallo-romains aisés.
Il est utile de préciser que cette villa a été signalée pour inventaire aux services archéologiques de la DRAC d'Orléans et que sa localisation est confidentielle
pour limiter les risques de pillage du gisement.
Par olivier Trotignon
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L’histoire remonte à plusieurs années. Revenant de Montluçon par la nationale, nous eûmes la surprise de voir une tortue sur la route à quelques kilomètres au sud de Meslon. Nous nous arrêtames
immédiatement pour la mettre à l’abri des pneus des gros véhicules qui circulent sur cet axe. L’animal se révéla être une très belle cistude d’Europe. L’occasion était inespérée de pouvoir
prendre quelques clichés de la bête et de pouvoir la mesurer. Malgré l’interdiction de transporter des espèces protégées dans un véhicule particulier, la tortue fut embarquée sans cérémonie pour
une petite séance de photos à la maison.
Le lieu de la découverte correspond au passage sous la nationale d’un petit ruisseau affluent du Cher. Pour une raison inconnue, cette tortue des marais a dû
s’éloigner de l’eau et finir son escapade sur le goudron de la route. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler de cistudes dans ce périmètre, mais un pêcheur m’a affirmé qu”autrefois”,
des tortues mordaient à l’hameçon dans un étang alimenté par le ruisseau en amont du lieu de découverte. On peut supposer l’existence d’une petite colonie de ces animaux dans ce secteur forestier
de la vallée du Cher, comme on en connaît sur les rives de l’Auron à Dun.
Nous n’avons pu peser l’animal, mais du cou à l’arrière, la carapace ventrale mesurait presque vingt centimètres. L'aspect concave de son ventre et la couleur de
ses yeux laissent penser qu'il s'agissait d'un mâle. Pendant que nous cherchions l’appareil-photo, la tortue fut mise dans un bac de pierre rempli d’eau pour la réhydrater. Sitôt terminée la
séance de photographies, le reptile fut remis dans la nature là où nous l’avions trouvé, sur les bords du petit cours d’eau.
Par olivier Trotignon
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La forme visible dans l'eau correspond aux fondations du pont XIXe
Dès les années 1180, dans la charte de franchise du village voisin de La Perche, est évoquée l’existence d’un passage sur le Cher, appelé gué de Meslon. En 1243 Mathilde de Charenton, héritière de
l’ancienne seigneurie du même nom, accorde par testament à l’église Saint-Étienne de Bourges (c’est-à-dire à la cathédrale) une rente annuelle de soixante sous tournois à prendre sur les foires de
La Perche et sur le péage de Meslon. Beaucoup plus tard, alors que la seigneurie de Meslon est l’objet en 1783 d’une saisie féodale en raison des dettes de son propriétaire, l’huissier berruyer qui
vient effectuer la saisie traverse le Cher sur le “batteau de Mellon” et évalue les revenus du péages dans l’acte de saisie.
Sans être exceptionnelle, cette longévité de près de six siècles d’une pratique consistant à faire payer les voyageurs pour le passage de la rivière montre
l’existence très ancienne d’un bac prolongeant l’ancienne route de Coust à Meslon, attestée en 1283 et au delà un axe de circulation menant de Charenton-du-Cher à Ainay-le-Vieil, là où passait
l’ancienne voie antique de Bourges à Néris, elle même reliée à des réseaux de communication beaucoup plus étendus. La topographie de la vallée du Cher explique le choix des gens du Moyen-âge qui
trouvèrent à Meslon un vallon ouvrant un passage facile à travers les talus escarpés de la rive droite de la vallée du Cher, comme en on relève quelques autres, comme les vallées de l’Aumance et
du Thizon, en direction de Montluçon. L’aménagement et l’entretien d’un bac revenant au seigneur du lieu, on remarque qu’au XIIIe siècle ce droit était exercé par la maison de Charenton, dont le
fief de Meslon était le vassal.
On peut supposer que le bac de Meslon disparut après le Premier Empire, lorsque l’Etat décida de tracer une nouvelle route entre Saint-Amand-Montrond et Montluçon,
délaissant l’ancienne voie Allichamps/Ainay/Epineuil/Vallon/Montluçon et fut définitivement remplacé par le pont de fer démoli en 1994. A cette époque, une mission de prospection du site par les
services d’archéologie départementaux ne permit pas de repérer de vestiges d’aménagement de l’ancien dispositif de passage dans le périmètre des travaux du nouveau pont. Connaissant les
fluctuation des cours de la rivière, il est possible que le lieu de l’ancien péage ait été depuis longtemps détruit par l’érosion, ou par les travaux du premier pont sur le Cher.
Signalons au passage l’existence d’un gué à quelques centaines de mètres en aval, prolongeant le chemin reliant la petite seigneurie de Cortel à
Ainay-le-Vieil, bien visible sur les anciens cadastres.
Par olivier Trotignon
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C'est vraiment le hasard qui a permis d'identifier cette marque de fabrication sur un fragment de tuile à l'occasion du retrait des déblais qui obstruaient l'ancien
puits de l'enceinte de Meslon.
Cette empreinte circulaire, d'un diamètre d'environ 2,5 cm, est apposée sur la face interne de la tuile. Le dessin est cruciforme.
On ne peut dater formellement un tel objet mais celui ci est extrait d'un remblais homogène contenant des vestiges du XVIIe siècle, période de comblement du puits.
On peut supposer que ce cachet identifiait une tuilerie locale qui signait ses produits d'une marque avant de les livrer sur les chantiers de construction.
D'autres marques de tuiliers ont été relevées lors de travaux de rénovation de toitures par des couvreurs, mais il n'y a à ce jour, à ma connaissance, aucune
typologie établie sur ce sujet.
Par olivier Trotignon
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