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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 23:42


L’histoire remonte à plusieurs années. Revenant de Montluçon par la nationale, nous eûmes la surprise de voir une tortue sur la route à quelques kilomètres au sud de Meslon. Nous nous arrêtames immédiatement pour la mettre à l’abri des pneus des gros véhicules qui circulent sur cet axe. L’animal se révéla être une très belle cistude d’Europe. L’occasion était inespérée de pouvoir prendre quelques clichés de la bête et de pouvoir la mesurer. Malgré l’interdiction de transporter des espèces protégées dans un véhicule particulier, la tortue fut embarquée sans cérémonie pour une petite séance de photos à la maison.

 

Le lieu de la découverte correspond au passage sous la nationale d’un petit ruisseau affluent du Cher. Pour une raison inconnue, cette tortue des marais a dû s’éloigner de l’eau et finir son escapade sur le goudron de la route. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler de cistudes dans ce périmètre, mais un pêcheur m’a affirmé qu”autrefois”, des tortues mordaient à l’hameçon dans un étang alimenté par le ruisseau en amont du lieu de découverte. On peut supposer l’existence d’une petite colonie de ces animaux dans ce secteur forestier de la vallée du Cher, comme on en connaît sur les rives de l’Auron à Dun.

 

Nous n’avons pu peser l’animal, mais du cou à l’arrière, la carapace ventrale mesurait presque vingt centimètres. L'aspect concave de son ventre et la couleur de ses yeux laissent penser qu'il s'agissait d'un mâle. Pendant que nous cherchions l’appareil-photo, la tortue fut mise dans un bac de pierre rempli d’eau pour la réhydrater. Sitôt terminée la séance de photographies, le reptile fut remis dans la nature là où nous l’avions trouvé, sur les bords du petit cours d’eau.

 

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 10:02


La forme visible dans l'eau correspond aux fondations du pont XIXe

Dès les années 1180, dans la charte de franchise du village voisin de La Perche, est évoquée l’existence d’un passage sur le Cher, appelé gué de Meslon. En 1243 Mathilde de Charenton, héritière de l’ancienne seigneurie du même nom, accorde par testament à l’église Saint-Étienne de Bourges (c’est-à-dire à la cathédrale) une rente annuelle de soixante sous tournois à prendre sur les foires de La Perche et sur le péage de Meslon. Beaucoup plus tard, alors que la seigneurie de Meslon est l’objet en 1783 d’une saisie féodale en raison des dettes de son propriétaire, l’huissier berruyer qui vient effectuer la saisie traverse le Cher sur le “batteau de Mellon” et évalue les revenus du péages dans l’acte de saisie.

Sans être exceptionnelle, cette longévité de près de six siècles d’une pratique consistant à faire payer les voyageurs pour le passage de la rivière montre l’existence très ancienne d’un bac prolongeant l’ancienne route de Coust à Meslon, attestée en 1283 et au delà un axe de circulation menant de Charenton-du-Cher à Ainay-le-Vieil, là où passait l’ancienne voie antique de Bourges à Néris, elle même reliée à des réseaux de communication beaucoup plus étendus. La topographie de la vallée du Cher explique le choix des gens du Moyen-âge qui trouvèrent à Meslon un vallon ouvrant un passage facile à travers les talus escarpés de la rive droite de la vallée du Cher, comme en on relève quelques autres, comme les vallées de l’Aumance et du Thizon, en direction de Montluçon. L’aménagement et l’entretien d’un bac revenant au seigneur du lieu, on remarque qu’au XIIIe siècle ce droit était exercé par la maison de Charenton, dont le fief de Meslon était le vassal.

On peut supposer que le bac de Meslon disparut après le Premier Empire, lorsque l’Etat décida de tracer une nouvelle route entre Saint-Amand-Montrond et Montluçon, délaissant l’ancienne voie Allichamps/Ainay/Epineuil/Vallon/Montluçon et fut définitivement remplacé par le pont de fer démoli en 1994. A cette époque, une mission de prospection du site par les services d’archéologie départementaux ne permit pas de repérer de vestiges d’aménagement de l’ancien dispositif de passage dans le périmètre des travaux du nouveau pont. Connaissant les fluctuation des cours de la rivière, il est possible que le lieu de l’ancien péage ait été depuis longtemps détruit par l’érosion, ou par les travaux du premier pont sur le Cher.

Signalons au passage l’existence d’un gué à quelques centaines de mètres en aval,  prolongeant le chemin reliant la petite seigneurie de Cortel à Ainay-le-Vieil, bien visible sur les anciens cadastres.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 08:40


C'est vraiment le hasard qui a permis d'identifier cette marque de fabrication sur un fragment de tuile à l'occasion du retrait des déblais qui obstruaient l'ancien puits de l'enceinte de Meslon.
Cette empreinte circulaire, d'un diamètre d'environ 2,5 cm, est apposée sur la face interne de la tuile. Le dessin est cruciforme. 
On ne peut dater formellement un tel objet mais celui ci est extrait d'un remblais homogène contenant des vestiges du XVIIe siècle, période de comblement du puits. On peut supposer que ce cachet identifiait une tuilerie locale qui signait ses produits d'une marque avant de les livrer sur les chantiers de construction.
D'autres marques de tuiliers ont été relevées lors de travaux de rénovation de toitures par des couvreurs, mais il n'y a à ce jour, à ma connaissance, aucune typologie établie sur ce sujet. 

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 08:59


L'objet présenté ici se signale pour sa rareté. Façonnée dans une matière première typique des gisements de silex du Grand-Pressigny, cette pointe moustérienne trouvée dans le Cher à Meslon est un des rares témoignages connus de circulation d'outils tourangeaux au paléolithique moyen à plus de 150 kms de sa région d'origine. Une autre pointe d'un modèle plus petit a été trouvée près du village de la Perche, toujours dans les alluvions du Cher.

Cette pièce a fait l'objet d'un signalement "officiel" sous la plume de Nicole Mallet dans la lettre de liaison n°3 du bulletin annuel des Amis du Musée de Préhistoire du Grand-Pressigny, décembre 2005

 

 

      

 

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 17:13


Exceptionnelle découverte que cette dent de mammouth, trouvée pendant l'été 1980 pendant un période de très basses eaux du Cher, sur une grève du lieu-dit la Tranchasse, connu pour son pont-canal. Cette dent gisait dans un dépôt d'alluvions à forte granulométrie. Très peu de restes de faune glaciaire quaternaire ont été signalés dans le saint-amandois. Meslon, Drevant et Noirlac ont livré quelques pièces, parfois très dégradées (une seule lame dentaire dans un talus au dessus du Cher à Meslon). La molaire a perdu presque tout son émail, usé par l'abrasion des sables ou rongé par des processus chimiques propres au milieu fluvial.

Le mode de vie des mammouths à la période glaciaire explique la présence de vestiges de faune près de la rivière. Les vallées, plus humides que les plateaux et les plaines, fournissaient aux grands herbivores du Würm une alimentation ligneuse adaptée à leurs besoins. 

Malgré des recherches poussées sur les bords du Cher à la Tranchasse depuis presque trente ans, aucune autre dent n'a jamais, à notre connaissance, été retrouvée.

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 21:34

Le hasard a voulu qu'en creusant le sol pour y planter un massif nous découvrions à faible profondeur un petit boulet de fonte de fer, d'époque moderne, rappelant à Meslon la présence d'un petit arsenal comme en témoignent plusieurs meurtrières encore visibles dans le mur de la tour et près du pont-levis. D'un diamètre convenant au passage du canon d'un mousquet, les meurtrières de la tour ne pouvaient accueillir de pièce de plus fort calibre. En revanche, la meurtrière qui défendait l'entrée de l'enceinte était adaptée à la mise en batterie d'une petite artillerie de type couleuvrine.

Ce boulet, assez peu oxydé, est d'un diamètre d'environ 4 cm et présente des traces de moule encore bien marquées.


 

J'invite les lecteurs à découvrir à Saint-Amand-Montrond la fontaine Saint-Martin, proche du collège Jean-Valette, dont le canon est formé, aux sens propre et figuré du terme, par une gueule de couleuvrine de bronze détruite par accident à la Révolution, et réemployée dans cet ancien captage de la source du Grand Tertre.

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:35



Dans la même zone qui a fourni quelques armatures de flèches et haches polies a été trouvé un fragment de grande lame néolithique d'origine tourangelle, type poignard du Grand Pressigny. Contrairement aux pièces trouvées sur les bords du Cher et sur certains sites de plein air fondés sur des terrains à dominante acide, les objets pressigniens ayant reposé dans des sols calcaires se chargent de calcite et prennent un aspect blanchâtre qui ne permet pas de les distinguer des autres matières d'importation. Seules des micro-fractures dues aux engins de labours permettent d'identifier les provenances approximatives des découvertes.

Ce fragment de lame, victime d'une ancienne fracture, laisse supposer sur place une activité agricole que ne révèlent pas forcément les autres observations. Ce silex est unique à ma connaissance sur la zone des plateaux mais les alluvions du Cher ont livré d'autres objets de même provenance entre La Perche et Drevant dont, fait assez exceptionnel, deux pointes moustériennes publiées par Mme Nicole Mallet.

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:22

Voici une trace intéressante de l'activité humaine au néolithique sur le plateau calcaire bordant la vallée de Meslon. La zone de découverte ne peut être qualifiée de "site préhistorique" tellement les objets néolithiques y sont rares mais il arrive qu'on y rencontre quelques pièces dont cette petite lame de hache polie de 3,7 cm le longueur (2,7 cm au tranchant) formée dans une roche dure complètement étrangère au contexte géologique local, énième trace de la circulation de haches polies importées dans la vallée du Cher.

 

Ceci n'a qu'une valeur indicative, mais une lame de hache travaillée dans le même type de matière, d'une nuance plus grise, a été trouvée dans l'enceinte du Camp de César, sur la commune de la Groutte, à 3 ou 4 kms de Meslon. En règle générale, la majorité des haches polies signalées dans le Saint-Amandois a été façonnée dans des matériaux d'importation présents dans les sols du Massif Central, ce qui est assez vague et n'exclue pas des origines plus éloignées. Le silex, principalement originaire de la vallée de la Loire, a produit quelques pièces de réalisation très soignée.



Hache du Camp de César (la Groutte-Cher) 
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 09:07




Il y a encore une trentaine d'années, les ruisseaux de la région abritaient de nombreuses écrevisses sauvages, principalement dans les massifs forestiers de Tronçais et Meillant. Peu à peu, avec l'arrivée des cultures de maïs et la dispersion anarchiques de pesticides et engrais agricoles dans les cours d'eau, les populations ont commencé à régresser jusqu'à disparaître dans de nombreux cours d'eau.
Dès notre installation à Meslon, nous avions eu la surprise de découvrir que l'eau pure et froide du ruisseau avait permis à une petite colonie de crustacés de survivre sans être concurrencée par l'écrevisse américaine, jusqu'à une série de très fortes pluies qui ont fait monter l'étiage du ruisseau à un niveau très élevé, chargeant l'eau de particules en suspension.
Passé cet événement météorologique, plus aucune écrevisse ne semblait avoir survécu et les eaux du ruisseau de Meslon restaient désespérément vides jusqu'à ce printemps où, profitant d'une belle journée pour nettoyer les berges, nous avons libéré une partie de la retenue le long du rempart de la maison pour voir sortir des pierres plusieurs écrevisses de toutes tailles, adultes comme juvéniles, preuve que la souche n'est pas définitivement éteinte.
Bien sûr, génétiquement, ces animaux doivent présenter un fort taux de consanguinité. Si un lecteur connaissait dans les alentours (Morvan, Auvergne ou Limousin) un élevage d'écrevisses européennes pour acheter quelques sujets afin de renforcer la souche locale, je le remercierais à l'avance de bien vouloir m'en transmettre les coordonnées dans la rubrique "commentaires" de cet article.
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:32

Un des vestiges les plus connus de l'ancienne seigneurie de Meslon est sans conteste le colombier monumental dont les ruines s'élèvent à quelques dizaines de mètres des murs de l'ancienne forteresse.
Aucun acte ne permet de dater la construction de ce colombier mais les moulures de la porte d'entrée permet de proposer le XVe siècle comme origine la plus probable.
La tour s'élève sur une terrasse compensant la déclivité du terrain. Une seconde terrasse légèrement plus basse était consacrée à la culture d'un potager certainement fumé par les déjections des volatiles. Les deux terrasses étaient encloses de murs.
L'originalité de ce pigeonnier tient autant à ses dimensions qu'à son ancienneté. D'un diamètre intérieur de neuf mètres environ, il était garni de plusieurs centaines de niches à pigeons, la plupart maçonnées avec des pierres plates. Quelques pots ont été scellés dans le mur. La ruine du monument ne permet pas de connaître le nombre originel de niches.
Un sondage dans le sol du colombier prouve que la toiture primitive ne s'est pas effondrée car il n'y a aucun niveau de tuiles apparent. Le plus probable est que le toit a été démonté pour être réutilisé pour l'équipement des bâtiments alentours. Plusieurs pièces de charpente portant des traces de mortaises ont resservi pour la couverture de l'ancien corps de logis, et beaucoup de tuiles d'un modèle primitif ont été réemployées dans les couvertures.
Ce pigeonnier disproportionné à la taille de la seigneurie est une énigme. Meslon était une propriété de taille très modeste et on peine à comprendre comment étaient nourris les nombreux oiseaux qui devaient être élevés sur place, d'autant plus qu'il existait un autre colombier, certes de taille beaucoup plus petite, dans l'ancienne seigneurie de Cortel, à un ou deux kilomètres plus au nord. Dans les rares pièces d'archives disponibles sur Meslon, aucune mention n'est faite de cette ancienne activité d'élevage.


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