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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:28

canon-Verneix1

 

C’est la lecture de ce formidable récit de guerre de Maurice Genevoix “Ceux de 14” qui m’a donné envie de retourner à Verneix, dans la haute vallée du Cher, revoir cet obusier allemand, un “77”, rival des “75” français, datant de la Guerre de 14, et déposé, presque en ruine, sur la place de l’église, près du monument aux morts. Ma première surprise fut de trouver une pièce d’artillerie en bien meilleur état que naguère, les roues et les bancs des artilleurs restaurés, repeinte, et protégée sous un abri avec une notice explicative relatant l’histoire de l’arme.

 

canon-Verneix2

 

A Verneix, on sait prendre soin du Patrimoine.
La seconde surprise, c’est le nombre des noms gravés dans le marbre pour une si petite commune: 57 hommes tombés au feu, soit une hécatombe de jeunes et de moins jeunes hommes, le temps du premier conflit mondial. Aucun nom de victime de la  Seconde guerre mondiale, ni des guerres de décolonisation, n’a été rajouté.
Il n’est pas dans mes habitudes de piller le travail de mes confrères, aussi, même s’il est anonyme, je remercie l’auteur de la notice de replacer le canon dans son contexte historique. La commune, particulièrement frappée, a reçu de l’état, en gage de reconnaissance de la nation, cet obusier allemand, trophée dérisoire d’un conflit absurde dans lequel la jeunesse de la terre où je vis a laissé son sang et sa chair, comme si quelques centaines de kilos d’acier et de bois pouvait faire oublier les larmes des épouses et des mères de ces pauvres gens.
Devant ce canon, on évoquera des valeurs de patriotisme, on fera un travail d’historien des armées ou la promotion du patrimoine local. Qu’il me soit permis de mettre sur le plateau le plus léger de la balance la valeur la plus lourde, celle de la vie de tous ces pauvres types balayés par l’acier adverse, quelle que soit leur nationalité, qui ne sont plus que des noms dans la pierre.
Que leur mort nous serve à préserver la Paix.

 

canon-St-Désiré

 

Un autre 77, en moins bon état mais tout aussi intéressant, est visible sur la place du Monument aux morts de la commune de Saint-Désiré, dans le département de l’Allier. J’avoue, au moment où j’ai pris cette photo, ne pas avoir songé à compter les noms sur  la stèle.

 

 

A arma alemã de Verneix

La pistola alemana de Verneix

La pistola tedesca di Verneix

The German gun of Verneix

Das deutsche Gewehr von Verneix

Niemiecki pistolet z Verneix

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 08:40

aqueduc-Tranchasse-1jpg

 

Cette semaine, mon ami Colum Boischaut*, dans son enquête du mardi, est revenu du château d’Ainay-le-Vieil le calepin vibrant de légendes relatives à des souterrains censés relier la forteresse et plusieurs sites médiévaux dont Meslon. Envisageant, depuis un certain temps de m’attaquer à ce thème, l’article du Berry républicain a précipité les choses. Voici quelques éléments de réflexion sur la question du Boischaut souterrain.

Le souterrain de Meslon
S’il existe un souterrain reliant Ainay à Meslon, le même reliait Meslon à Ainay. C’est sur ce principe de départ que j’ai, depuis que j’ai emménagé sur la rive du Cher opposée à Ainay, noté toutes les allusions à une galerie souterraine partant quelque part pour arriver, il faut bien l’avouer, on ne sait où.
Là, l’imagination de mes interlocuteurs a fait merveille. J’ai ainsi appris qu’un souterrain, dont on voyait distinctement la voûte, partait de ma cuisine. La confusion avec mon four à pain, effectivement voûté, est évidente. Une autre source m’a soutenu que de ma cour partait une galerie permettant d’aller se réfugier à Ainay en cas de coup dur, recoupant la légende connue à Ainay. En admettant, fait fort improbable, que les ingénieurs médiévaux aient eu les ressources pour creuser un tunnel sur plus d’un kilomètre - la même énergie aurait été tout aussi utilement dépensée à renforcer les murailles d’Ainay et de Meslon (qui n’appartenaient pas au même seigneur, soit dit en passant) - ils auraient réussi le tour de force d’imperméabiliser leur galerie pour passer la nappe phréatique du Cher. Il ne s’agit plus de faits, mais de fées...
Le souterrain s’envole, mais la légende reste. Des vestiges objectifs peuvent donner l’amorce d’une réponse concernant l’origine de cette histoire.

 

aqueduc-Tranchasse-2-

 

L’aqueduc et les souterrains-refuge

Pour de simples raisons géologiques, il est exclu qu’un souterrain parte de l’ancienne forteresse de Meslon. Toutefois, la présence d’une cavité quelque part n’est pas totalement à réfuter. Plusieurs descriptifs de la seigneurie de Meslon sous l’Ancien régime signalent la présence de vignes sur le coteau qui domine les bâtiments et il n’existe pas de cave enterrée sur place, l’eau de la nappe phréatique du ruisseau de Meslon se rencontrant à environ 4 mètres de profondeur du sol actuel. Y avait-il quelque part une cave creusée à flanc de coteau, dans le calcaire, et fermée par un mur pour y conserver le vin? On connaît un tel aménagement à la ferme de Pellevoisin, à quelque kilomètres. Pour l’instant, je n’ai rien observé d’anormal dans les environs.
L’aqueduc gallo-romain Meslon/Drevant est aussi un candidat sérieux à la genèse de la légende spéléologique. Longtemps crevé à plusieurs endroits et parfaitement visible au ras du sol, il peut avoir été le germe de bien des souvenirs imprécis.
Deux sites proches retiennent enfin l’attention: les souterrains-refuge de Changy (entre Coust et l’Etelon) et de La Celette (à l’ouest d’Ainay). Ces deux cavités artificielles - celle de La Celette était immense et fera bientôt l’objet d’un billet sur ce blog - étaient accessibles, ont été visitées par des gens d’ici, et sont très certainement la clé de tous les racontars qui circulent encore sur les entrailles mystérieuses de notre terroir.
Une légende souterraine de plus à enterrer, en somme...

 

* Colum Boischaut est un enquêteur légendaire du Berry républicain qui, tous les mardis, exhume une part oubliée du patrimoine ou de l'histoire du Saint-Amandois

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:47

Coix-Banse-1

 

C’est un très vieux et surtout très imprécis souvenir qui m’a amené un après-midi d’hiver devant la Croix Banse, autrement connue sous l’appellation de Croix du piqueur, dans les bois d’Arpheuilles-Le Pondy.
Mon espoir était de retrouver une pierre gravée, vue il y a au moins 40 ans, d’où le manque de fraîcheur de mon inspiration, évoquant le suicide d’un homme retrouvé pendu à l’emplacement de l’épitaphe. J’ai, en vain, et en vélo, cherché cette borne là où je croyais me souvenir de l’avoir vue. La Croix du piqueur, notée sur la carte IGN au 1:25000 de Charenton-du-Cher, semblait une bonne piste, qui s’est révélée, une fois sur place, fausse, mais tout aussi intéressante.
La Croix Banse est un petit monument de calcaire d’environ 1m50 de hauteur, couverte de lichens et d’algues, ce qui fait perdre tout contraste à ses photos, portant gravé sur ses deux faces le texte suivant:

“Banse tué le 13 août 1840 chasseurs priez pour lui”

 

Coix-Banse-2-

 

Sur une des faces de la croix se trouve le logement d’une petite plaque, aujourd’hui disparue.
Le hasard m’a mis en présence d’une lettre, conservée dans un fonds privé, qui propose une explication à la présence de ce vestige dans un secteur forestier isolé et aujourd’hui peu fréquenté. En voici la transcription:

“L’histoire véritable du piqueur est la suivante: les deux équipages de madame de Saint Aldegonde (fille du duc de Mortemart) et du prince d’Aremberg chassaient ensemble dans la forêt de Meillant. Les deux piqueurs étaient Banse pour madame de Ste. Aldegonde et Charleville pour le prince d’Aremberg. En fin de chasse, Banse fut tué. On raconta qu’un sanglier avait passé l’allée où étaient bordés les deux piqueurs, que Charleville avait tiré mais que la balle ayant ricoché, Banse était tombé. Mais personne dans le pays et dans les équipages ne crut à cette version et tout le monde demeura convaincu que Charleville avait assassiné Banse. La croix qui fut érigée porte encore le nom de Croix-Banse et tout le pays connaît le carrefour de la Croix.Banse. Il y eu longtemps une plaque commémorative portant le conseil de prudence suivant:

“Quand au bois, ventre auras
Et qui à balle chargeras
Devant, derrière tireras
Car de flanc ricocheras
Et ton compagnon tueras”

Ceci se passait en 1842.”

A part la divergence dans les dates, ce texte a le mérite de présenter le contexte de la mort du piqueur et surtout de restituer le monument dans son intégralité, la plaque, dont on voit encore les vis de fixation, étant manquante. Ce que le témoin ne rapporte pas par écrit, ce genre de chose étant immorale, c’est la raison pour laquelle tout le monde était persuadé que la mort du chasseur n’était pas accidentelle. Les mauvaises langues (ou les gens bien informés?) de l’époque rapportaient que la femme de Charleville n’aurait pas été insensible aux charmes de Banse. Le coup de fusil fatal aurait donc conclu une affaire de cocu.

 

Coix-Banse-3-

 

Si cette histoire vous a intéressé(e) et que vous disposez d’informations sur cette autre pierre cachée dans les bois d’Arpheuilles, pensez à me contacter!


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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 21:47

photo-prostituée

 

Il y a quelques mois, j’avais eu en main le registre d’entrée de la maison close “le Petit moulin rouge” de Saint-Amand-Montrond, et ainsi pu évoquer sur ce blog quelques destins humains de femmes venues y subir le sort des filles soumises comme dans des milliers d’autres lupanars de France.
Une lecture plus détaillée du registre prouve l’étroitesse des liens qui unissaient l’établissement saint-amandois à ses homologues de Montluçon. Ainsi, plusieurs adresses précises sont consignées par les fonctionnaires de police. Une visite sur place s’imposait pour aller à la découverte de ces cinq maisons.

30 Rue des Forges. Cet établissement est cité une fois et a été rasé depuis. A la place, aujourd’hui, se trouve un parking de résidence.

Route de Néris. Autre maison close, l’absence de numéro empêche toute localisation.

 

rue-de-la-Treille

 

La rue de la Treille. Largement la plus évoquée dans le registre, la rue de la Treille accueillait avant 1946 trois maisons différentes aux numéros 5, 7 et 10. Si le n°10 n’est plus lisible, les autres adresses donnent plus de résultats.
Le n°5 est occupé par une petite maison basse d’aspect peu engageant. Plus aucun signe extérieur ne distingue cet ancien lupanar des maisons mitoyennes.
Le n°7 est plus intéressant. Haute maison de trois étages dont un mansardé, elle semble être organisée autour d’un escalier central qui distribue des chambres devenues, à compter les boites aux lettres, des petits appartements. La porte, d’un style néo-classique, tranche avec l’aspect miteux des immeubles voisins. Le numéro est, comme la Loi l'exigeait, surdimentionné et figuré par une mosaïque de carreaux de couleurs sur le sol du trottoir. Ce détail est le dernier indice visible de l'ancienne fonction du bâtiment.

 

rue-de-la-Treille-n°7

 

Contrairement au Petit moulin rouge, bâti assez à l’écart du centre-ville, la rue de la Treille est à quelques pas du centre économique de Montluçon et du boulevard de Courtais, à à peine 10 minutes à pieds de la gare, par laquelle venaient et repartaient la majorité des pauvres femmes qui animaient ces lieux de plaisir.

 

rue-de-la-Treille-porte

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:56

pas-de-la-mule1

 

S’il y a bien dans les alentours de Meslon un endroit chargé de légendes et d’histoires populaires, c’est bien vers le Pas de la mule qu’on se tourne sans hésitation. Situé sur la commune de Braize, dans l’Allier, à une portée de fusil de la lisière de la forêt de Tronçais, le site se présente comme un affleurement gréseux composé d’un bloc de quelques dizaines de centimètres au dessus du sol, portant une profonde cavité cylindrique d’un diamètre comparable à un sabot d’âne ou de mule, d’où son nom. Ce genre de curiosité n’est pas unique et on trouve parfois, complètement au hasard d’un déplacement, des rochers du Pas de la mule dans d’autres régions que le Bourbonnais. Souvent, le même contexte légendaire, faisant intervenir le diable et la mule sur laquelle il était dit qu’il courait les campagnes, dans des histoires toujours édifiantes où la vertu chrétienne triomphe à la fin des ruses du Malin.

 

pas-de-la-mule2

 

Partant de ce thème, certains amateurs de folklore ont prétendu retrouver dans les récits d’épopées où le Bien et le Mal s’affrontent le souvenir de la christianisation de la Gaule, affirmant reconnaître dans les trous des rochers, excusez du peu, des cupules druidiques ou autres vestiges protohistoriques.
Même si la pierre à légende de Braize est un endroit que je trouve tout à fait plaisant et bien mis en valeur, que les légende qu’elle a inspirées peuvent être lues sur place grâce aux bons soins des gens du cru, je n’arrive pas à y voir autre chose que le socle d’une, certainement très ancienne, croix de chemin ou de justice, située au croisement de deux routes, et qu’un tailleur de pierre a naguère creusé pour y ménager le logement d’un calvaire de bois. Une telle fonction peut suffire à expliquer une partie des légendes recueillies par les folkloristes dans les décennies antérieures.
Qu’on adhère à cette thèse ou qu’on préfère s’absorber dans les histoires merveilleuses, un arrêt près de cette pierre, toute proche de la petite église de Braize, est recommandé.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:07

limites-BerryBourbonnais

 

Débat plus passionné que passionnant auquel j’avais du faire face lors d’une de mes conférences: le Saint-amandois est-il en Berry ou en Bourbonnais?
Chaque camp, voire clan, avait ses arguments. Une mise au point objective a permis de mettre tout le monde d’accord. En voici le résumé.
Aujourd’hui, on a tendance à simplifier la géographie régionale en plaçant le Cher et l’Indre en Berry, et l’Allier en Bourbonnais.

 

Limites-Bourbonnais-1619

carte de 1619

De la période antique à la fin du Moyen-âge, le Bourbonnais n’a aucune existence concrète. La seule unité territoriale connue est le diocèse de Bourges, dont les limites débordent au sud sur l’Allier et la Creuse, et au nord sur le Loir-et-Cher. Les seigneurs de Bourbon avouent eux-mêmes être chevaliers du Berry. Il faut attendre la Guerre de 100 ans pour que l’ancienne seigneurie des Bourbons, connue depuis la fin du Xe siècle, acquière le titre de duché, se distinguant de des voisins du Berry, du Nivernais et d’Auvergne. Les limites septentrionales de ce duché se confondent plus ou moins avec le territoire de l’ancienne seigneurie de Charenton, alliée et vassale de Bourbon depuis probablement le XIIe siècle.
La région de Saint-Amand-Montrond est à partir de  cette époque clairement située en Bourbonnais. Culan, Lignières, Châteauneuf et Dun-le-Roi sont en Berry, mais Baugy, Raymond, Nérondes et la Guerche sont soumises aux droit et coutumes du duché de Bourbon. La division départementale produite par la Révolution n’a aucun sens en terme de partage des anciennes provinces.
La seigneurie de Meslon et sa voisine d’Ainay-le-Vieil peuvent donc être considérées, selon l’époque sur laquelle on se penche, comme du Berry ou du Bourbonnais.

 

Limites-Bourbonnais-1631

carte de 1631

Moins “typé” que le Berry gravitant autour de Bourges et Châteauroux, villes ayant une personnalité diocésaine, politique ou patrimoniale très forte, le Bourbonnais peut être plus difficile à cerner pour des lecteurs peu avertis et trompés par le destin royal suivi jusqu’à nos jours par la dernière famille ayant régné sur la province.
Les cartes qui illustrent ce billet proviennent du très beau site de la Bibliothèque nationale, Gallica.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 09:55

 

Camp-de-César4

L’un des plus célèbres sites préhistoriques de la vallée du Cher, le Camp de César, sur la commune de La Groutte, a été fouillé dans les années 60-70 par une équipe saint-amandoise pilotée par le préhistorien Émile Hugoniot.
Parmi le riche mobilier retrouvé dans les fossés du rempart néolithique ont été identifiées de nombreuses céramiques chasséennes, cuites par les potiers préhistoriques il y a environ 6000 ans. L’environnement calcaire du plateau où les hommes de la préhistoire avaient fondé leur village a assuré une bonne conservation des objets.
Une des spécificités de la culture chasséenne est d’avoir produit des décors sur ses poteries. Au Camp de César, les artisans céramistes n’ont pas fait exception à la règle et ont gravé, eux aussi, des figures géométriques sur leurs pots.
Deux techniques étaient alors employées. La gravure dans l’argile malléable avant cuisson, qui se reconnaît aux lèvres évasées des traits aux sillons assez profonds. Les figures en pointillés étaient aussi exécutées avant la mise au four.

 

Camp-de-César3

 

La gravure après cuisson, par grattage de la surface des poteries avec des pointes qu’on suppose avoir été en silex. Avec ce savoir-faire, les artisans produisaient des décors beaucoup plus fins qu’avec la méthode précédente. La culture chasséenne n’a pas produit de dessins anthropomorphes ou figuratifs comme les néolithiques du Sahara, des Alpes ou des zones mégalithiques de Bretagne ou d’Irlande.

 

Camp-de-César1

 

Tous les spécialistes des civilisations agricoles et pastorales de la fin de la Préhistoire connaissent l’importance du gisement du Camp de César et les immenses possibilités à venir de ce site -seule une petite section du rempart a été fouillée, il reste donc des choses extraordinaires à y découvrir- mais il n’est pas sûr que toutes les personnes sensibles à la question culturelle dans la région connaissent vraiment la stature exceptionnelle du site.

 

Camp-de-César2

 

Les quelques photographies, prises rapidement et sans possibilité de disposer d’un éclairage adapté représentent quelques uns des objets exposés au musée de Saint-Amand-Montrond. Pour les professionnels, les rapports de fouilles sont à consulter auprès de DRAC-Centre.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 18:56

croix-n°1

 

Difficile, aujourd'hui, de savoir si cette ancienne tradition a encore quelque écho dans le souvenir des gens qui vivent aux portes de la Marche. Ces photographies, vieilles de plus de trente ans, gardent la trace d'une  tradition respectée à chaque enterrement.

Sur ces croix pourries ou broyées depuis longtemps, il était autrefois d'usage de clouer, à chaque fois qu'un enterrement passait devant elle, une petite croix façonnée dans un liteau de chêne ou de chataîgnier.

 

croix-St-Priest-n°1


Ces photos proviennent des alentours de Saint-Priest-la-Marche, dans le sud du département du Cher. Peut-être certaines de ces croix sont encore debout.

 

croix-St-Priest-n°2

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:13

hameçons-Camp-de-César

 

Les fouilles dirigées par mon regretté maître Émile Hugoniot sur le site en éperon barré, néolithique et postérieur, du Camp de César, sur la commune de la Groutte, ont mis au jour une moisson exceptionnelle d’objets fonctionnels de la fin de la Préhistoire, dont un certain nombre sont présentés au public dans les vitrines du musée Saint-Vic de Saint-amand-Montrond. Participant actuellement, bénévolement, à une vaste opération de récolement initiée par la conservatrice en titre, j’ai eu la chance de pouvoir approcher de près certaines pièces exceptionnelles, dont fait partie cet ensemble d’hameçons datés du néolithique.
On reconnaît parfaitement une pièce inachevée, simple ébauche découpée dans une plaquette d’os, dont la longueur est proche de 4 cm. L’hameçon complet a été, lui, découpé dans un morceau d’ivoire et est encore pointu, malgré les quelques dizaines de siècles passés dans le sol de l’ancien oppidum.
Un troisième objet, non représenté ici à cause de la faiblesse des performances de mon appareil photo, est un hameçon droit, façonné dans un os, ligaturé en son milieu pour pouvoir attacher le leurre.
Ces pièces nous rappellent que la pêche était un complément alimentaire pour ces premières populations agricoles qui maîtrisaient aussi, bien entendu, la chasse à l’arc. Le Cher, rivière certainement très poissonneuse à l’époque, passe à quelques centaines de mètres du Camp de César.

 

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 10:16

livre-de-beurre

nucleus type "livre de beurre", origine Grand Pressigny (37)

 

Au nombre des rumeurs rencontrées par tous les préhistoriens régionaux au cours de leur exercice, celle de la découverte de nuclei type “livres de beurre pressigniennes” dans le nord du Bourbonnais est une des plus récurrentes.
Au XIXe siècle aurait été publié un rapport -je n’ai pas pu le situer dans la bibliographie savante- faisant part de la découverte dans la vallée de l’Aumance (rivière affluente du Cher) de livres de beurre en silex de Touraine similaires à ce que les préhistoriens découvraient en grande quantité dans les labours autour du Grand-Pressigny, en Indre-et-Loire. Cette affirmation, relayée par des découvertes d’objets en silex pressignien sur des sites de surface et dans les alluvions de la rivière, a poussé certains amateurs d’antiquité à affirmer l’existence d’ateliers de taille de la fin du néolithique aux portes de l’Auvergne.
A ce jour, rien, à ma connaissance, ne permet de valider cette thèse, qu’on ne peut pas non plus infirmer d’un revers de manche sans avoir examiné quelques éléments objectifs.

Les arguments en faveur de la présence de livres de beurre
Ces objets, introuvables, peuvent avoir été dispersés et sont désormais méconnaissables tant le nombre de silex ramassés dans les champs autour du Grand-Pressigny est grand dans les collections publiques et privées. Des éclats d’amorçage de livres de beurre, caractéristiques de la taille pressignienne, ont été découverts sur les bords du Cher et en forêt de Tronçais. Ces déchets de taille ne pouvant avoir aucune utilité dans un campement néolithique, il n’y a aucune raison que l’on se soit encombré de ceux-ci sur presque deux cents kilomètres de pistes. Sur place, au Pressigny, des lames de silex bien plus fonctionnelles étaient disponibles en quantité infinie. Il était plus sûr d’importer de la matière brute et de la façonner sur place, en fonction des besoins des agriculteurs locaux. Les nuclei bourbonnais étaient peut-être des reliefs d’ateliers itinérants.

Les arguments contre
Si ces objets sont introuvables, c’est qu’ils n’ont jamais existé. Leur éventuelle existence peut-être le fruit d’une supercherie, chacun à l’époque essayant de faire parler de sa préhistoire locale, y compris à l’insu du chercheur ayant signalé ces pièces.
Les éclats d’amorçage, bien réels, peuvent avoir eu un intérêt qu’on n’imagine pas aujourd’hui, et avoir été importés de Touraine avec des lames travaillées. La région étant très pauvre en matières premières exploitables pour la production d’outils à base lithique, toutes les civilisations ayant travaillé la pierre depuis le moustérien ont économisé le silex. On retrouve pratiquement jamais de nuclei plus gros que le poing. Abandonner des livres de beurre représentant des mètres linéaires de tranchant utile aurait été un nonsense.

Si une activité de taille de pierre à la manière pressignienne ne peut pas être définitivement rejetée, nous la considérons comme hautement improbable. Seules des preuves réunies par des archéologues certifiés dans une stratigraphie pourraient permettre de trancher la question. Les rumeurs entretenues par des amateurs en mal de reconnaissance capables d’introduire des objets exogènes dans des gisements connus ou de toute autre supercherie n’ont évidemment aucune valeur.

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