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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 13:04

martin-pêcheur

 

Sincèrement, il y a longtemps que j’avais le projet de consacrer quelques lignes à un des oiseaux qui appartiennent à la communauté des animaux sauvages qui vivent ou simplement passent à Meslon. Je n’avais encore pas eu la bonne occasion de photographier de manière correcte l’un des martin-pêcheurs -ils sont au moins deux- qui viennent grappiller quelques minuscules poissons dans l’eau du ruisseau de Meslon. Le projet est fort ancien car je me souviens avoir, il y a une vingtaine d’années, tenté de me servir de mon âne Cyrano comme camouflage et support d’appareil-photo pour surprendre un de ces volatiles. Le minuscule point bleu à peine visible sur les  diapositives m’a convaincu d’arrêter de gâcher de la pellicule et d’attendre des jours plus fastes.
L’occasion s’est présentée de façon imprévue cette semaine alors que je travaillais chez moi. Un bruit sourd contre une fenêtre donnant sur le jardin a attiré mon attention et c’est ainsi que j’ai trouvé un splendide martin-pêcheur à demi assommé échoué dans un massif de fleurs. L’animal, immobile, n’a pas été vu par nos chats, ce qui lui a évité un sort malheureux et m’a permis de l’isoler très vite. Aucun dommage n’était visible sur l’oiseau, juste choqué. Je l’ai mis au frais et à l’ombre, comme le recommandent les ornithologues, pour limiter l’emballement de son rythme cardiaque. Au bout d’un moment, le piaf m’a semblé prêt à reprendre sa route. Je l’ai libéré au bord du ruisseau, où il a retrouvé tout de suite ses réflexes et a disparu en direction du Cher.
Je n’ai pas été depuis longtemps me promener au bord de la rivière, mais j’imagine que la turbidité des eaux en cette saison de faibles précipitations limite le champ visuel de ces prédateurs, qu’on remarque de plus en plus depuis quelques semaines sur notre plan d’eau.

 

hirondelles

 

J’en profite pour donner des nouvelles d’une autre espèce pour laquelle je nourrissais des craintes motivées par son absence une année entière des poutres de nos anciennes écuries. Les hirondelles sont revenues nicher il y a un an, et nous avons eu le plaisir de voir s’envoler deux portées successives cet été. Les moineaux communs, eux aussi portés disparus, semblent revenir timidement.
Il y a encore quelques années, avant que je finisse complètement écœuré par l’intransigeance butée de certains ornithologues qui se complaisent dans leur intégrisme, Meslon était une réserve LPO d’environ quatre hectares. C’est devenu un simple endroit où on essaie d’aider la faune sauvage à passer l’hiver, à l’abri de la famine et des coups de fusil. Pour ceux qui aimeraient y coller une étiquette, qu’ils passent donc leur chemin.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 21:28

Vallon-saules

 

Il me faut, par cet article, corriger la vision que j’avais il y a quelques mois de la reconquête par le castor de la vallée du Cher.
Me basant sur des observations dans la région de Saint-Amand-Montrond, il m’avait semblé que cet animal remontait lentement le Cher vers le sud, se fixant sur certains points de la rivière avant de coloniser des nouveaux secteurs plus en amont.
Une prospection au sud de Vallon-en-Sully, dans le département de l’Allier, a prouvé que le phénomène était beaucoup plus étendu que je le croyais. A quelques centaines de mètres au nord du pont autoroutier qui franchit le Cher se trouvent des indices d’une intense activité de castors: nombreuses brindilles de saule fraîchement coupées et traînées sur la rive, traces de passage physique des animaux, avec empreintes de pattes (les premières que je vois) et troncs de saules coupés depuis plusieurs mois, voire plus d’un an. Nous sommes à plus de 20 kms d’Ainay-le-Vieil, dernier point sur la rivière où j’avais pu constater des preuves de vie de l’animal. Il est donc tout à fait possible que les castors soient présents encore plus près de Montluçon.

Vallon-traces2

Un point commun à toutes ces observations: sur trois sites sur quatre, les marques de passage sont riveraines d’anciennes sablières (Vougon, Cortel et le pont d’autoroute) avec des plans d’eau résiduels. Je n’ai nulle part pu voir d’habitats, ce qui peut indiquer que les castors les ont établi sur les eaux calmes des bras de la rivière ou des étangs laissés par les gravières, à l’écart des berges où ils se nourrissent.

Vallon-traces

Manifestement, l’espèce progresse et c’est un vrai plaisir de savoir que le Cher accueille à nouveau des hôtes disparus depuis des siècles. Je compte profiter des congés de Toussaint pour aller explorer les anciennes sablières de Nassigny, encore plus au sud que Vallon, qui pourraient bien être aussi colonisées par les castors.
A suivre, donc, sur le Livre de Meslon.

 

Vallon-pont

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 20:16

castors-Cortel

C’est dans des circonstances compliquées par la montée des eaux de la rivière que j’ai été constater que les castors de Drevant, auxquels un article avait été consacré sur ce blog il y a quelques mois, poursuivaient leur reconquête du Cher.

Observée pour la première fois sur le site des anciennes sablières de Vougon où, selon les agents de l’ONC, une colonie se seraient fixée, la présence des castors avait été repérée plus haut en amont, entre les ponts de Drevant et de la Tranchasse.

La limite du pont-canal avait dû déjà être dépassée par quelques individus car on remarquait depuis deux ans, sur les berges, de rares tiges de saules coupées par les rongeurs. C’est une nouvelle étape qui a été franchie cet automne lorsque que des traces de plus en plus nombreuses ont montré que les animaux s’étaient déplacés sur un autre site d’anciennes gravières, au lieu-dit “Cortel”, sur les communes de Coust et d’Ainay-le-Vieil. Comme à Vougon et à Drevant, des troncs saules de plus de 15 cms de diamètre sont taillés en pointe de crayon, les écorces sont rongées et les branches secondaires sont sectionnées et déplacées, ce qui peut indiquer la présence d’un habitat proche.

Rappelons que le retour du castor ne doit rien au hasard. Les rives de la rivières sont abandonnées par endroits depuis des années, et beaucoup de propriétaires n’entretiennent plus leurs parcelles. Le résultat est une prolifération d’une ripisylve dont les espèces ligneuses à croissance rapide servent de garde-manger pour les castors. 

Si notre population poursuit sa progression vers le sud à ce rythme, on peut estimer qu’elle pourrait atteindre les anciennes sablières de Nassigny, dans l’Allier, d’ici une quinzaine d’années. Des hectares et des hectares de bras morts et de végétation sauvage pourraient fournir un habitat idéal pour ces mammifères.

Lors de la brève sortie de cet après-midi, ce ne sont pas des castors, mais des cygnes (sauvages?) qui évoluaient sur la rivière et que j’ai à peine eu le temps de prendre en photo avant qu’ils ne s’éloignent.
cygnes-Cher 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 23:42


L’histoire remonte à plusieurs années. Revenant de Montluçon par la nationale, nous eûmes la surprise de voir une tortue sur la route à quelques kilomètres au sud de Meslon. Nous nous arrêtames immédiatement pour la mettre à l’abri des pneus des gros véhicules qui circulent sur cet axe. L’animal se révéla être une très belle cistude d’Europe. L’occasion était inespérée de pouvoir prendre quelques clichés de la bête et de pouvoir la mesurer. Malgré l’interdiction de transporter des espèces protégées dans un véhicule particulier, la tortue fut embarquée sans cérémonie pour une petite séance de photos à la maison.

 

Le lieu de la découverte correspond au passage sous la nationale d’un petit ruisseau affluent du Cher. Pour une raison inconnue, cette tortue des marais a dû s’éloigner de l’eau et finir son escapade sur le goudron de la route. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler de cistudes dans ce périmètre, mais un pêcheur m’a affirmé qu”autrefois”, des tortues mordaient à l’hameçon dans un étang alimenté par le ruisseau en amont du lieu de découverte. On peut supposer l’existence d’une petite colonie de ces animaux dans ce secteur forestier de la vallée du Cher, comme on en connaît sur les rives de l’Auron à Dun.

 

Nous n’avons pu peser l’animal, mais du cou à l’arrière, la carapace ventrale mesurait presque vingt centimètres. L'aspect concave de son ventre et la couleur de ses yeux laissent penser qu'il s'agissait d'un mâle. Pendant que nous cherchions l’appareil-photo, la tortue fut mise dans un bac de pierre rempli d’eau pour la réhydrater. Sitôt terminée la séance de photographies, le reptile fut remis dans la nature là où nous l’avions trouvé, sur les bords du petit cours d’eau.

 

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 17:13


Exceptionnelle découverte que cette dent de mammouth, trouvée pendant l'été 1980 pendant un période de très basses eaux du Cher, sur une grève du lieu-dit la Tranchasse, connu pour son pont-canal. Cette dent gisait dans un dépôt d'alluvions à forte granulométrie. Très peu de restes de faune glaciaire quaternaire ont été signalés dans le saint-amandois. Meslon, Drevant et Noirlac ont livré quelques pièces, parfois très dégradées (une seule lame dentaire dans un talus au dessus du Cher à Meslon). La molaire a perdu presque tout son émail, usé par l'abrasion des sables ou rongé par des processus chimiques propres au milieu fluvial.

Le mode de vie des mammouths à la période glaciaire explique la présence de vestiges de faune près de la rivière. Les vallées, plus humides que les plateaux et les plaines, fournissaient aux grands herbivores du Würm une alimentation ligneuse adaptée à leurs besoins. 

Malgré des recherches poussées sur les bords du Cher à la Tranchasse depuis presque trente ans, aucune autre dent n'a jamais, à notre connaissance, été retrouvée.

 

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 09:07




Il y a encore une trentaine d'années, les ruisseaux de la région abritaient de nombreuses écrevisses sauvages, principalement dans les massifs forestiers de Tronçais et Meillant. Peu à peu, avec l'arrivée des cultures de maïs et la dispersion anarchiques de pesticides et engrais agricoles dans les cours d'eau, les populations ont commencé à régresser jusqu'à disparaître dans de nombreux cours d'eau.
Dès notre installation à Meslon, nous avions eu la surprise de découvrir que l'eau pure et froide du ruisseau avait permis à une petite colonie de crustacés de survivre sans être concurrencée par l'écrevisse américaine, jusqu'à une série de très fortes pluies qui ont fait monter l'étiage du ruisseau à un niveau très élevé, chargeant l'eau de particules en suspension.
Passé cet événement météorologique, plus aucune écrevisse ne semblait avoir survécu et les eaux du ruisseau de Meslon restaient désespérément vides jusqu'à ce printemps où, profitant d'une belle journée pour nettoyer les berges, nous avons libéré une partie de la retenue le long du rempart de la maison pour voir sortir des pierres plusieurs écrevisses de toutes tailles, adultes comme juvéniles, preuve que la souche n'est pas définitivement éteinte.
Bien sûr, génétiquement, ces animaux doivent présenter un fort taux de consanguinité. Si un lecteur connaissait dans les alentours (Morvan, Auvergne ou Limousin) un élevage d'écrevisses européennes pour acheter quelques sujets afin de renforcer la souche locale, je le remercierais à l'avance de bien vouloir m'en transmettre les coordonnées dans la rubrique "commentaires" de cet article.
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 08:15


Certains animaux attirent plus l'œil que d'autres surtout quand ils donnent l'impression de reconquérir leur place dans l'environnement naturel. Depuis plusieurs années, le petit secteur de rivière que je fréquente régulièrement voit lentement revenir des espèces qu'on n'observait presque plus. Castors, vairons, libéllules, rainettes, papillons profitent peut-être enfin des stations d'épuration et de la réduction des épandages de produits chimiques dans les champs. Ce léger mieux doit nous encourager à être toujours plus vigilants sur notre impact personnel et collectif sur le milieu.


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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 10:07
C'est à l'occasion de prospections archéologiques sur les bords du Cher que m'avait été donné, il y a quelques années, l'occasion de constater la présence de castors dans l'ancienne sablière de Vougon-Marigny, près de Saint-Amand. L'information, communiquée à m. B. Jamet, maire de Drevant, avait été relayée auprès de l'Office National de la Chasse, qui gère la surveillance des lieux de vie de cette espèce protégée. En 2007, entre Drevant et la Tranchasse, une petite branche de saule, taillée de manière bizarre, avait attiré mon attention. Au même endroit, en cet été 2008, j'ai pu relever les traces d'une forte activité de ce mammifère sous forme de petits troncs de saules taillées en pointe de crayon et d'un gros saule, couché par une crue, partiellement écorcé. Un nouveau site, plus en amont, à quelques centaines de mètres du pont de Meslon, montre que l'animal poursuit son exploration du lit du Cher et se rapproche d'un de ses anciens habitats historiques, comme en témoigne le toponyme "Beuvron", entre Urçay et la Perche. Le manque complet d'entretien des rives de la rivière dans certains secteurs favorise certainement sa reconquête d'une zone dont il avait été éradiqué depuis plusieurs siècles.
Fin août, une nouvelle inspection du site montre une augmentation significative de l'activité de ces mammifères sur le site repéré en fin d'été. Les marques de leur passage étaient toutes fraîches et des traces relevées dans la vase semblent beaucoup trop grandes pour de simples ragondins, qui abondent sur les rives de la rivière. 
 

    
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