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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 19:00

On ne dénombre aucun site néolithique à proprement parler autour de Meslon, mais plusieurs champs cultivés ont livré les traces de petites activités de cette époque, normales à quelques kilomètres du Camp de César et du site de Colombier. Le mobilier lithique est rare mais recouvre quatre catégories d'objets:

- les armatures de flèches, pointues ou tranchantes,

- les lames polies de haches,

- les lames d'outils agricoles, dont un fragment de "poignard" en silex pressignien,

- les débris de taille de silex et éléments informes.

On peut supposer que les quelques pièces collectées ont été perdues suite à une exploitation agricole des surfaces prospectées. Comme ailleurs dans la région, les matières premières sont étrangères à la vallée du Cher (Blésois et Touraine pour le silex blond-caramel et Massif Central pour les lames de hache).

Chaque objet significatif sera décrit ultérieurement dans des fiches séparées.

      

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 07:37



Chacun sait que la toponymie est une science auxiliaire précieuse pour l'historien, et que des découvertes archéologiques ont été réalisées en décryptant de simples noms de lieux.

Signalons ici deux toponymes qui portent des signatures antiques assez flagrantes, et confirmées par les observations sur le terrain. Le premier est le nom même de Meslon, construit sur la même racine que le nom Meillant (ou Châteaumeillant, depuis la construction d'une forteresse sur cet ancien oppidum au Moyen-âge). On pense assez naturellement à un ancien Mediolano gaulois, surtout si l'on se souvient des découvertes de tumuli réalisées au XIXe siècle dans les environs tout proches. La topographie (le croisement de deux vallées ou la confluence entre le ruisseau de Meslon et le Cher) peut suffire à expliquer ce terme.

Le second lieu, dont le nom me semble inspiré de l'Antiquité, quoique plus récente est Fontjouan, près de Meslon, dans lequel il me paraît possible de reconnaître un ancien Fons Jovis (la fontaine de Jupiter), assez proche dans sa genèse du Viljo de la forêt de Tronçais, que les érudits locaux traduisent en Villa Jovis (la maison, ou villa de Jupiter). Dans les deux cas on peut y observer des sources au débit puissant, et dans les deux cas le lien avec des sanctuaires des eaux est flagrant (structures d'un temple en forêt de Tronçais proches de la fontaine de Viljo et aqueduc reliant la fontaine de Meslon au concilabulum de Drevant). Viljo et Fontjouan évoquent une romanisation des cultes locaux, en mettant sous le vocable de Jupiter des structures cultuelles probablement antérieures à l'occupation romaine.

Il me semblerait très intéressant, en cas de rénovation de la source de Meslon, de profiter des travaux pour effectuer un sondage dans le périmètre, pour s'assurer qu'aucune structure gallo-romaine ne soit abîmée à cette occasion, et de rechercher sur la vallée du Chignon, d'où parait provenir le deuxième aqueduc qui alimentait Drevant, si aucun toponyme d'origine antique ne pourrait permettre de situer la prise d'eau de ce second ouvrage.

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Published by olivier Trotignon - dans antiquité
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 08:37


L'un des plus anciens vestiges construits de main d'homme dans le périmètre étudié est l'ancien aqueduc gallo-romain creusé pour amener l'eau de la fontaine de Meslon jusqu'au conciliabulum de Drevant. Cet aqueduc a été repéré à plusieurs endroits, en particulier dans un front de carrière entre Drevant et La Tranchasse, mais personne ne semble s'être jamais donné la peine de remonter jusqu'à son origine, qui ne pouvait se situer ailleurs que dans le vallon de Meslon. C'est au cours des premiers travaux de remise en état de notre maison que nous avons entrepris de remettre en état une ancienne retenue qui servait aux précédents occupants à alimenter en eau les étables et écuries de l'ancienne ferme. Le captage, récent, utilisait une sorte de canal ensablé et asséché, à quelques dizaines de centimètres au dessus du ruisseau. Eliminant les alluvions qui l'encombraient pour sa remise en service, nous nous sommes aperçus que ce canal était très soigneusement taillé dans le calcaire de la colline, et que sa pente était insignifiante, tout semblant indiquer qu'on avait à l'origine cherché à conserver l'étiage de l'eau de la source le plus haut possible. Il semble donc bien qu'il s'agisse là de la tête de l'ancien aqueduc qui conduisait une partie des eaux vers la cité sacrée de Drevant et que ces concepteurs, conscients de la faible dénivellation entre les deux sites, ont cherché à créer une sorte de "château d'eau" pour profiter au mieux de la force de gravité.

Le terme de "cité sacrée" n'a rien d'une licence littéraire. Drevant est un site remarquable dont la fonction initiale est souvent travestie par des gens qui s'acharnent à y voir une cité romaine organisée autour d'une arène ou s'étripaient des gladiateurs, comme dans les peplums. Le concept est porteur, voire vendeur, et est promu par des amateurs qui semblent mal percevoir la différence entre l'histoire antique et un certain folklore prospérant dans le sillage d'Astérix, Ben Hur ou plus récemment Gladiator. Rappelons que ces spectacles sanglants étaient le privilège des grandes villes des régions très romanisées, ce qui est loin d'être le cas de la région. Drevant présente de nombreuses similitudes avec d'autres sites archéologiques français classés comme espaces cultuels: isolés, éloignées des voies principales, comprenant les mêmes structures bâties (fana, théâtre, thermes), proches des limites de cités (Drevant n'est pas loin de la frontière entre les peuples Biturige, Arverne et Lemovice). Il n'y a aucune villa sur cette rive du Cher, alors qu'elle sont présentes sur la rive gauche de la rivière et dans la vallée de la Marmande. Drevant de toute évidence ne peut être la ville romaine que les anciens archéologues avaient pensé trouver - mais leur culture latine était si prononcée qu'il ne pouvait en être autrement. Il est dommage que la recherche du spectaculaire et du sensationnel qu'on déplore aujourd'hui occulte la richesse et la complexité des cultes indigènes pour lesquels ont été élevés les monuments de Drevant. Il est à noter que cette petite portion de l'antique aqueduc est le dernier de ces monuments qui est encore en fonction.

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Published by olivier Trotignon - dans antiquité
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 08:06


Il est difficile de trouver un qualificatif adapté à la situation architecturale de l'ancien château de Meslon, tant ses dimensions sont modestes par rapport, pour ne prendre que ce simple exemple, au château voisin d'Ainay-le-vieil. Le terme de micro-forteresse semble le plus juste.

Cet ensemble a évolué tout au long de son occupation et certains remaniements ont effacé presque toute trace des aménagements défensifs antérieurs. La construction actuelle comprend les vestiges d'une enceinte probablement XIIIe flanquée de deux tours, dont une presque rasée et d'une porte de pont-levis XVe. Un ancien corps de bâtiment XVe est visible sur la face nord. Un ensemble aussi important a été abattu sur la face est pour y reconstruire une maison berrichonne traditionnelle sans doute au XVIIe siècle. Nous y avons retrouvé le départ d'une vis d'un grand escalier et des traces de murs dans la cour lorsque nous avons fait enfouir une citerne de propane, preuves de la présence d'un grand logis à cet endroit. Un puits médiéval a été retrouvé dans la cour intérieure

 lors des travaux d'adduction d'eau. Plusieurs traces de constructions antérieures sont repérables et seront développées dans les articles suivants.

A l'extérieur, bien visible sur le cadastre et les photographies satellite demeure une grande enceinte de terre polygonale, à l'origine certainement palissadée. La défense de l'ensemble est complétée par une douve alimentée par le ruisseau dit "de Meslon".

A ceci s'ajoutent un gros pigeonnier du XVe, un jardin enclos de murs, une levée d'étang en amont du ruisseau, un ancien moulin dont le bief était constituée par un autre étang alimenté par le ruisseau, et d'une bâtisse XVe relevant d'une autre propriété que la seigneurie de Meslon proprement dite, enclose de murs et conservant les vestiges d'une tour carrée. 

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Published by olivier Trotignon - dans moyen-âge
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 08:02

Bienvenue dans un espace expérimental consacré à l'archéologie, l'histoire et l'environnement naturel d'un lieu-dit nommé Meslon, au sud du département du Cher.

Pourquoi ce choix et pourquoi la démarche rédactionnelle est-elle expérimentale?

D'abord parce que, il y a dix-huit ans, j'ai décidé de m'y fixer, soit à huit kilomètres de mon lieu de naissance, que je suis historien, que j'ai passé des milliers d'heures à parcourir la région en quête de vestiges archéologiques depuis que je suis gamin et que pour moi Meslon représentait une sorte d'énigme. Un gros pigeonnier médiéval visible de la route, une ruine disparaissant sous les lierres et les ramures de saule. Si bien que l'occasion se présentant d'acquérir ce bien avec un peu de terrain autour, nous avons décidé de nous lancer dans l'aventure et d'acheter les restes de l'ancienne forteresse. En dix-huit ans, les petites découvertes se sont succédées (nous cherchons hélas encore le fabuleux trésor qui doit bien se cacher quelque part), complétant ce que j'avait déjà relevé des années auparavant dans les champs cultivés et les alluvions du Cher, rivière toute proche.

La démarche est expérimentale, parce que j'ai l'habitude de travailler en Histoire médiévale sur la société féodale en Berry, de recouper des milliers de données pour essayer d'éclairer à ma mesure les liens d'homme-à-homme à l'époque des Croisades. A Meslon, il s'agit de micro-observations de l'ordre de la toponymie, de l'archéologie préhistorique, gallo-romaine ou médiévale, d'objets isolés hors contexte archéologique, de remarques sur la faune qui hante les alentours que j'ai décidé des rassembler sous formes de fiches, espérant que ces informations globalement ou séparément seront utiles à d'autres chercheurs et curieux du patrimoine et de la nature. Je suis encouragé dans cet espoir par les excellents contacts que j'ai noué par les passé avec des préhistoriens qui avaient compris que l'archéologie n'est pas qu'une affaire de fouilles scientifiques et peut progresser grâce à des découvertes isolées effectuées par des amateurs. 

L'autre expérience va être d'évaluer l'intérêt du public pour une démarche monographique, ayant en tête un jour ou l'autre de tout rassembler dans un petit ouvrage de manière à ce que mon travail ne s'éteigne pas totalement un jour avec moi.

Peut-être ce blog encouragera t-il d'autres propriétaires de lieux marqués par l'histoire à partager leurs constatations et à valoriser par des initiatives identiques le petit patrimoine dont la richesse est encore loin loin d'être correctement évaluée.

Il va sans dire que celui ou celle qui aurait la naïveté de se croire autorisé(e) à venir sur les propriétés citées dans ces articles, sous prétexte du contenu de ce blog, pour chercher à y acquérir des objets, par achat ou prospection clandestine, sera invité(e) sans diplomatie particulière à passer son chemin!

 
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Published by olivier Trotignon - dans moyen-âge
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  • : étude de l'environnement archéologique, historique et naturel d'un lieu-dit en vallée du Cher.
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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
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