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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:37

Cher-moutons

 

Mes amis archéologues, botanistes et spécialistes de la faune sauvage vous le diront: le Cher est un espace à l’abandon. Hormis ces passionnés et quelques pêcheurs, de plus en plus rares, la rivière n’attire plus grand monde. Parfois un camp de nomades s’y fixe quelques mois, des abrutis viennent y vidanger en pleine nature leurs bolides, un bricoleur du dimanche, de temps à autre, en profite pour charger une remorque de gravier, quelques jeunes s’y réunissent la nuit en été autour d’un feu de saule, cette rivière n’attire plus grand monde.
Si on se plonge un siècle en arrière, on découvre une situation fort différente. La rivière fait alors partie du tissu économique local, comme auxiliaire, ou au contraire comme obstacle, aux activités quotidiennes. Remarquons tout d’abord cette femme âgée qui fait paître ses moutons juste à coté de l’actuel pont entre Saint-Amand-Montrond et Orval. La berge est soigneusement tondue, preuve que les animaux y ont passé du temps.
On peut supposer que comme beaucoup d’autres éleveurs de l’époque, la bergère profite de droits d’usage collectifs, souvent appelés “communaux” dans les campagnes, dont tout un chacun pouvait user à sa guise, sans payer de droits de location. Cet accès public avait le mérite d’entretenir les rives, aujourd’hui en partie envahies par la végétation faute d’entretien.

 

Cher-linge

 

Moins pollué qu’aujourd’hui, mais pollué quand même par les industries et le rouissage du chanvre en amont, le Cher accueille les femmes venues laver leur linge près du confluent avec la Marmande. Cette photographie tirée des collections municipales de Saint-Amand illustre indirectement le contenu d’une communication présentée il y a un an ou deux par mon correspondant et archéologue subaquatique m. Patrick Defay, relative aux tanneries saint-amandoises. Ce chercheur a retrouvé de nombreuses traces laissées par le traitement des peaux au bord de la petite rivière à l’époque où la photographie a été prise. La qualité de l’eau ayant à souffrir de cette industrie, elle ne permettait pas d’y laver le linge. On remarque que toutes les lavandières ont apporté leur lessive juste avant le point de confluence, là où l’eau est encore acceptable. D’autres, utilisant l’eau de la Marmande pour les mêmes fins, s’installaient toutes en amont du quartier des tanneurs, et jamais en aval.

 

Cher-bac

 

Obstacle pour le passage des gens et des bêtes, le Cher était franchi par endroit par des bacs dont les origines pouvaient remonter à l’ancien Régime, voire au Moyen-âge.
Celui de la Roche fut remplacé par une petite passerelle très pratique pour les piétons et cyclistes qui gagnaient grâce à elle un temps précieux entre leur domicile et le quartier du canal. La crue de 1977 a balayé ce pont, que nul n’a jugé utile ensuite de reconstruire.

 

  248px-Antipub.svgComme vous pouvez le constater si votre ordinateur n'est pas muni d'un logiciel de protection, mes blogs sont envahis par des ridicules publicités qu'Overblog impose à ses utilisateurs. Merci de ne pas m'en tenir rigueur -j'en suis la première victime- et de fuir les marques complices de cette invasion.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:59

st-Pierre1


L’histoire m’avait été racontée il y a longtemps. Vers le début du XXe siècle, le clocher de l’église romane de Saint-Pierre-les-Etieux, dans le Cher, aurait été l’objet d’un important remaniement. Cet épisode de la vie de cette petite commune trouve sa confirmation dans l’iconographie contemporaine.

 

st-Pierre2

 

La vallée de la Marmande est une zone dans laquelle les bâtisseurs d’églises de la période romane ont suivi un modèle particulier de clochers latéraux et l’ont appliqué à Coust, Colombiers, Charenton et Saint-Pierre. Cette disposition architecturale leur a permis de construire des ouvrages plus hauts que l’aurait permis une élévation au dessus de la nef de ces sanctuaires de dimensions modestes, le poids de la maçonnerie étant supporté par le sol naturel et non pas par les murs des églises.

 

st-Pierre3

 

A une date inconnue, il semble que le clocher de l’église de Saint-Pierre ait commencé à présenter des signes de faiblesse, amenant la mairie à prendre une décision radicale: raser une partie de la tour. Le haut clocher fut donc réduit de presque de moitié, ramenant l’ensemble à des proportions beaucoup plus modeste. Hormis la haute toiture de pierre et les clochetons latéraux, c’est un étage entier qui fut mis à terre.
Dans un deuxième temps, un toit ordinaire fut construit et couvert de tuiles mécaniques sans doute produites par la grande tuilerie de Charenton, toute proche.
Si cette démolition a fortement amputé un monument qui rivalisait avec l’église voisine de Charenton, elle n’a pas pour autant défiguré le site, dont la silhouette se rapproche de beaucoup de petites églises du Poitou, dont l’art a fortement imprégné les bâtisseurs romans berrichons.

 

st-Pierre4

 

Pour l’anecdote, il apparaît que les belles pierres du clocher de Saint-Pierre sont encore sur la commune, réduites à l’état de moellons d’un mur de soutènement d’un terrain bâti, dans le hameau des Vivons, à trois kms environ de leur emplacement initial.

 

248px-Antipub.svgDepuis peu, la plate-forme "Overblog" qui héberge ce blog a pris la liberté d'envahir cet espace avec des publicités intempestives. Cette initiative est contraire à mes principes. Merci d'ignorer ces réclames qui corrompent mon travail et surtout, n'hésitez pas à boycotter les annonceurs responsables de cette pollution visuelle.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:21

étang

 

A une époque où des sociétés industrielles entreprennent de saccager nos paysages avec des éoliennes géantes, sous prétexte de développer des énergies renouvelables, on oublie presque complètement (pas assez rentable pour leurs actionnaires) le formidable potentiel hydraulique de notre territoire.
Pratiquement tous les ruisseaux de la région actionnaient un ou plusieurs moulins. Celui de Meslon, bien que long d'à peine un kilomètre entre sa source et sa confluence avec le Cher, avait le sien.
La force de ce minuscule cours d'eau étant dérisoire, avec une pente et un débit limités, il lui était impossible d'entraîner une roue en continu. Les décideurs de l'époque, sans doute les seigneurs de Meslon vers le XVe siècle, si l'on se fie à quelques indices architecturaux, engagèrent des travaux pour créer une retenue d'eau sur le ruisseau. Naquit de leur entreprise un petit étang, retenu par une digue de pierre, succédant à un dispositif antérieur plus en amont.
Le principe de ce moulin était très simple: le meunier attendait que la retenue se remplisse avant d'actionner une pelle qui libérait l'eau, force motrice sur un temps limité de son appareil. La roue, de petite dimension, était disposée sous le moulin. Le fils d'un de mes voisins m'avait fait visiter ce local, il y a plus de vingt ans, et on y voyait encore très bien l'aqueduc alimentant la roue.

 

moulin-meslon

 

Le moulin a périclité à la Restauration, lorsque l'Etat a décidé de faire passer la route royale 144 à travers la retenue d'eau. Considérablement diminuée, celle ci perdit alors une partie de sa réserve motrice
L'endroit, très plaisant, devint par la suite un lieu prisé des Saint-Amandois, qui venaient dans l'après-guerre  en voiture y pêcher et y passer de longs après-midi au frais, dans une auberge à l'époque fort réputée pour la qualité de son accueil.

 

moulin-meslon.2

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 09:12

Tranchasse1

 

Je ne vous cacherai pas la peine que m'inspire ce monument majeur du patrimoine industriel régional qu'est le pont-canal de la Tranchasse, au contact avec les communes d'Ainay-le-Vieil et de Colombiers.
Ce pont, je le connais depuis toujours. C'est lui qui me permet d'aller travailler à Saint-Amand en vélo quand le temps s'y prête, de revenir à pied, de nuit, en pleine tempête de neige; j'ai même la fierté d'y avoir fait passer un de mes ânes, sur la trace de ses ancêtres tracteurs de péniches.

 

Tranchasse3

 

Depuis longtemps, ce pont va mal, très mal, même. Il y a plus de 20 ans, avec un groupe de copains, armés de scies et de serpes, nous avions tenté, sans rien demander à personne, de réduire la végétation parasite qui proliférait sur l'ouvrage, espérant donner à d'autres l'envie de poursuivre le travail. Beaucoup plus tard, d'autres bénévoles s'y sont mis à leur tour, mais un examen objectif de la structure du pont me fait craindre que ces efforts ne servent qu'à retarder le moment où le tablier tombera complètement en ruine.
Les dégâts dus au manque complet d'entretien de la structure depuis 1950 sont énormes et peut-être déjà irréparables.

 

Tranchasse2

 

Une partie des piles qui soutiennent les arches et les arches elles-mêmes sont construites en briques et en calcaire gélif. Les joints étanches qui garantissaient les piles contre les infiltrations d'eau du Cher ont en partie disparu: des pierres sont déjà descellées à la base du pont. L'eau entre donc librement au cœur des piles centrales et nul n'est capable aujourd'hui, en l'absence de diagnostic établi par des professionnels, de mesurer les dégâts en profondeur. Il faut ajouter que l'état l'abandon général qui marque la rivière conduit des troncs énormes, arrachés des berges, à percuter les piles, en période de crues et à s'accumuler là, augmentant  la pression du courant contre les maçonneries.

 

Tranchasse5

 

Sur le tablier, la situation n'est guère plus brillante. L'enveloppe de plomb qui garantissait le tablier contre les infiltrations n'est plus qu'un souvenir. On accuse, sans doute avec raison, les récupérateurs de métaux clandestins d'être venus, avec leurs chalumeaux et ciseaux, profiter, dans l'indifférence générale, de cette mine de plomb à ciel ouvert. Ceux-la n'auront que juste achevé le lent pillage dont se vantaient autrefois les pêcheurs, qui venaient récupérer le métal pour économiser des olives et des poids de pêche.

 

Tranchasse4

 

Tout le monde le sait, même si on n'aime pas se le dire: le pont-canal de la Tranchasse est condamné. Tout ce que je décris est réversible, mais avec des budgets qu'aucune collectivité locale n'engagera jamais.
A part quelques promeneurs, ce pont ne sert plus à personne. L'eau n'y coulera plus jamais, le canal étant détruit à la Perche. Bientôt se posera la question de la sécurité de son accès, déjà condamné temporairement après des actes de vandalisme. Trouvera t-on au moins un peu d'argent pour aménager une petite passerelle, pour que randonneurs et cyclistes puissent poursuivre la très belle promenade qui suit l'ancien lit du canal?
C'est tout un pan d'histoire et de vie qui est au bord, au sens propre comme figuré, de l'effondrement.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 07:25

inondation

 

Les riverains l'auront constaté: depuis plusieurs années, les crues du Cher se font rares. Tandis que régulièrement, les médias font part d'inondations dans plusieurs régions de France, la rivière ne déborde plus de son lit comme cela se produisait encore régulièrement il y a une dizaine d'années.
Par le passé, les archives ont conservé le souvenir d'inondations destructrices, affectant les ouvrages fixes présents sur le fleuve: au début du XVIIIe siècle, un écriteau rappelait aux voyageurs passant le Cher à Saint-Florent l'année où la rivière avait détruit un ouvrage plus ancien. A Saint-Amand, les cahiers de doléances se plaignaient des ravages d'une autres crue ayant emporté le pont menant à Orval.
Mes correspondants archéologues subaquatiques soulignent de leur coté des hypothèses de montées des eaux à la période médiévale responsables de la ruine de moulins et de ponts, dont ils observent les vestiges lors de leurs prospections en aval de Bruère-Allichamps.

 

crue-Tranchasse

 

Au XXe siècle, la mémoire proche rappelle plusieurs années de fortes crues: 1910, 1940 et 1977. J'avais 15 ans lors de ce dernier épisode et garde des souvenirs très forts de cet événement. Dans les mois qui suivirent, il n'était pas rare de trouver sur les berges des ossements de bovins, souvenirs de malheureuses vaches noyées dans les prés. En revanche, cette dernière crue fut une bénédiction pour les préhistoriens amateurs, qui firent des ramassages d'outils en silex exceptionnels en nombre et en qualité dans les mois et les années qui suivirent.
J'ignore s'il existe une explication scientifique à la baisse de la fréquence des crues mais il est évident que les sécheresses qui se sont manifestées depuis quelques saisons n'ont pas été suivies d'épisodes torrentiels et que les pluies importantes ont été absorbées par les nappes phréatiques, contrairement à l'année 1977.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:44

 prostituées5

Après une série de reports dus à des problèmes d'emploi du temps indépendants de la volonté des organisateurs, j'ai enfin le plaisir de vous inviter à ma prochaine conférence:

"Prostitution à Saint-Amand de la Belle époque à la Libération"

le jeudi 13 mars 2013, à partir de 20h30, salle de conférence du lycée professionnel Jean Guehenno, rue des Sables, à Saint-Amand. Cette salle, inhabituelle, a été mise spontanément à notre disposition par m. Labbé, proviseur, que je tiens à remercier tout particulièrement pour sa confiance.
Coté pratique:
l'accès à la salle se fait par l'entrée principale du lycée, puis suivre l'allée goudronnée qui rejoint la cour; là tourner à gauche en direction de la galerie; sous la galerie, porte à double battant à droite du bâtiment des ateliers.
Parking possible tout au long de la rue des Sables (déconseillé sur les trottoirs).
Attention: rue partiellement en sens unique coté descendant.
Accès handicapé: deux places dédiées juste à l'entrée, allée et cour éclairées et goudronnées, parcours sans obstacle.
Présence d'élèves internes: nous respecterons les horaires (20h30 - 22h) afin de ne pas pénaliser la tâche d'encadrement des personnels de Vie scolaire.
L'entrée est bien entendu libre et gratuite.
Une information complémentaire: le lycée qui nous accueille sera ouvert au public les 21 et 22 mars. Tous les détails sur le lien suivant:

les portes ouvertes

 

A très bientôt!

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 09:40

Saint-Pardoux1

 

Est-ce une conséquence de la concentration des activités industrielles aux mains d'une poignée de grandes sociétés? Le Bourbonnais a vu s'éteindre une longue liste de petites entreprises productrices d'eaux minérales dont une évoque particulièrement la curiosité: l'eau de la fontaine Saint-Pardoux, entre Cérilly et Saint-Plaisir, dans l'Allier.
Cette eau présente des caractères très marqués qui la distingue du produit de la plupart des fontaines de la région. En la tirant, on récolte un liquide trouble, sentant fortement le soufre, et surtout chargé de bulles de gaz. Le goût est très typé et pas franchement agréable au palais, ce qui en fait une singularité géologique qui mérite d'être découverte. Il est aussi à noter que le secteur est connu pour avoir accueilli le chantier d'une multinationale chargée de l'extraction et du traitement de l'uranium, ce qui peut laisser supposer aussi quelques traces de radioactivité dans l'eau. Nous avons plusieurs fois rencontré sur place des personnes qui venaient remplir des casiers de bouteilles, dont une nous a confié que l'eau de Saint-Pardoux lui faisait un bien fou à l'estomac, et était le secret de sa longévité!
Ces vertus thérapeutiques ont été naguère confirmées par la Science. La source a été exploitée par une entreprise qui embouteillait sur place (il reste des locaux industriels à l'abandon) et commercialisait ses produits en pharmacie. On trouvait alors des réclames pour l'eau de Saint-Pardoux dans les officines de la région, et peut-être plus loin encore.
L'entreprise a t-elle été absorbée par un groupe concurrent? A t-elle fait faillite? La source a t-elle perdu son agrément du ministère de la Santé? Les gens croisés sur place ne s'en souvenaient pas clairement. Il demeure qu'on peut être piqué d'une pointe de nostalgie en voyant que des gens ont gagné leur vie ici, dans une région qui a plein de qualités, mais dont le dynamisme économique est plus bas qu'à l'époque de la Révolution industrielle, de ses mines et de ses forges.

 

Saint-Pardoux2

 

Sur place, à part cette friche industrielle qui ne présente aucun intérêt autre qu'anecdotique se trouve une joli petite fontaine de granit avec une pompe à bras qui permet de tirer de l'eau et, le cas échéant, de la goûter sur place.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 11:13

pétition

 

Les archives de Montluçon conservent quelques pièces très intéressantes relatives à l’organisation de la prostitution dans cette ville entre 1856 et 1947. Continuant à étoffer ma conférence sur les maisons closes de la région, j’y ai trouvé une pétition non datée mais qui fait explicitement référence à l’aménagement des quais du Cher dans la seconde moitié du XIXe siècle. Rédigée d’une belle écriture sans aucune faute, elle porte la parole des habitants du quartier de la rue de la Treille mobilisés contre un projet de construction de maison de tolérance. En l’absence d’autres références dans le dossier, il est difficile de savoir de quelle maison il est fait état dans ce document. Cette lettre, au registre de langage très masculin (on ne cite qu'une fois les mères de famille), recueille toutefois la signature de plusieurs femmes, dont une certaine Claire Petit, ou encore la veuve Colas.
Je vous laisse apprécier la qualité des arguments produits par les signataires pour convaincre le maire de Montluçon d’amender son projet.

Monsieur le Maire,
Les soussignés habitant les quartiers du faubourg St Pierre, les quais du Cher etc ont l’honneur de vous exposer les faits suivants.
Par suite des nombreux et importants travaux que la municipalité républicaine a créés, une partie de la ville de Montluçon va être transformée: un vaste lycée en construction permettra bientôt de recevoir un grand nombre d’enfants. Près de ce bel établissement, l’endiguement du Cher nous donnera prochainement une place et une promenade magnifique que nous envieront les cités voisines.
La promenade qui ferait les délices de la ville, que tous les pères de famille aimeraient à fréquenter avec leurs enfants, semble cependant être menacée d’un voisinage immoral. D’après des bruits répandus, bruits fondés, une importante maison de prostituées va s’élever sur le quai du Cher et sera un des ornements (mais un ornement malsain) de la belle promenade qui devrait être le rendez-vous non seulement des pères et des mères mais aussi de cette jeunesse innocente qui y serait conduite pour s’y livrer à des jeux de toute sorte, capables de développer ses facultés physiques. A la vue de l’établissement des prostituées, qui fera saillie sur l’avenue, cette jeunesse si impressionnable,  ne sera pas sans nous demander nombreuses explications sur sa destination. Qu’auront à répondre les parents?
Nous venons donc, nous pères de famille, vous prier, Monsieur le Maire, de vouloir bien nous éviter d’être contraints de répondre à nos enfants à de pareilles questions; nous demandons que la maison qui doit se construire ne soit pas destinée à recevoir des femmes prostituées. Du reste, la loi nous parait être pour nous. Ces sortes d’établissements ne doivent pas se trouver à proximité d’édifices publics; or, la chapelle du lycée et l’école se trouveront à une distance moindre que celle qu’exige la loi des maisons de tolérance.
Le quartier qui a le triste privilège de posséder ces établissements se développerait sans cette malheureuse circonstance; aussi venons nous vous demander que toutes les maisons de tolérance, aussi bien dans l’intérêt de la morale que celui des habitants, soient reléguées dans une partie de la ville où les intérêts de tous soient moins compromis. Nous espérons, Monsieur le maire, que vous voudrez bien prendre notre demande en considération en nous donnant toute satisfaction.
Dans cet espoir, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments dévoués.
Archives municipales de Montluçon, I.1-4

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 09:44

loge1

Pour être franc, je n’avais pas de projet particulier d’article sur ce micro-patrimoine que représentent les anciennes loges de vignerons, dont on voyait autrefois tant d’exemples, et qui disparaissent inexorablement.
C’est un brave homme, auto-stoppeur de son état, à qui j’ai pu faire gagner quelques kilomètres, qui m’a raconté dormir la nuit dans ces petites cabanes, et qui déplorait leur rareté dans certaines régions de France, qui m'a donné l'idée de ces lignes.
Le modèle rapporté ici n’a d’intérêt que de se trouver tout près de chez moi, dans une ancienne vigne rendue à la friche. Je l’ai trouvée par hasard, un jour de neige, pistant un de mes chats fugueurs qui, visiblement, vivait une existence parallèle dans un hameau voisin. Traçant tout droit sa route vers son but, le minet avait laissé ses traces jusqu’aux murs de cette loge.
Peu d’intérêt, donc, mais déjà celui d’exister encore. Bâties en dur, en planches, même en pierres empilées en voûte (un billet sur ce thème à l’automne sur ce blog), les remembrements n’ont pas été tendres avec elles. Elles présentent en général des caractéristiques communes: une gouttière pour récupérer l’eau, une petite cheminée, un peu de mobilier pour bricoler et manger sur place, parfois un anneau scellé pour attacher l’âne, de quoi mélanger la bouillie bordelaise avant de traiter la vigne, et l’inévitable banc extérieur pour poser la pompe en cuivre, quelques bouteilles vides, du fil de fer rouillé, souvenirs misérables d’une époque de peines, quand le vin de vigne tenait encore tête au “vin de marchand”, et que les fruitiers donnaient des cerises et des pommes de saison. Pour certains, c’était une sorte de foyer bis, un endroit personnel où on dormait parfois, sur des vieux sacs en toile de jute quand on n’avait pas envie de rentrer chez soi.

 

loge2

 

Je sais que certaines communes et associations s’intéressent à ces petits bâtiments ruraux et s’évertuent à leur rendre leur place dans le paysage rural. Ces initiatives, insignifiantes aux yeux de certains, méritent notre soutien.

 

loge3

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:23

Bouteille-plaque

 

C’est, en profitant du soleil pour aller faire quelques clichés de la chapelle toute proche que j’ai eu la surprise de découvrir cette plaque commémorative. Il y a plus de dix ans que je n’étais pas retourné dans l’enclave de la Bouteille, en forêt de Tronçais, et jamais personne ne m’avait parlé de cet épisode de la Deuxième guerre mondiale. J’ignorais donc, jusqu’à cet après-midi, le drame qui s’est joué en 1943 dans cette partie du Bourbonnais.

 

Bouteille-légende-2

 

Inutile de commenter cet événement, bien évoqué par un petit monument du souvenir dont je me suis contenté de photographier les textes.
J’avais souvent entendu des anecdotes sur ce bombardement, qui visait l’usine de pneumatiques Dunlop qui fournissait l’armée allemande en produits stratégiques. L’escadrille alliée avait été visée par quelques tirs de D.C.A. à l’aller, en survolant la vallée du Cher. Ce sont sûrement ces batteries, en alerte, qui ont touché l’appareil canadien.

 

Bouteille-légende1

 

Si on en croit les allusions de la plaque, l’équipage a survécu à l’atterrissage dans cette parcelle de pré minuscule au milieu de la forêt dont les arbres auraient démembré à coup sûr l’infortuné bombardier et ses occupants.

 

Bouteille-champ

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