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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 09:44

loge1

Pour être franc, je n’avais pas de projet particulier d’article sur ce micro-patrimoine que représentent les anciennes loges de vignerons, dont on voyait autrefois tant d’exemples, et qui disparaissent inexorablement.
C’est un brave homme, auto-stoppeur de son état, à qui j’ai pu faire gagner quelques kilomètres, qui m’a raconté dormir la nuit dans ces petites cabanes, et qui déplorait leur rareté dans certaines régions de France, qui m'a donné l'idée de ces lignes.
Le modèle rapporté ici n’a d’intérêt que de se trouver tout près de chez moi, dans une ancienne vigne rendue à la friche. Je l’ai trouvée par hasard, un jour de neige, pistant un de mes chats fugueurs qui, visiblement, vivait une existence parallèle dans un hameau voisin. Traçant tout droit sa route vers son but, le minet avait laissé ses traces jusqu’aux murs de cette loge.
Peu d’intérêt, donc, mais déjà celui d’exister encore. Bâties en dur, en planches, même en pierres empilées en voûte (un billet sur ce thème à l’automne sur ce blog), les remembrements n’ont pas été tendres avec elles. Elles présentent en général des caractéristiques communes: une gouttière pour récupérer l’eau, une petite cheminée, un peu de mobilier pour bricoler et manger sur place, parfois un anneau scellé pour attacher l’âne, de quoi mélanger la bouillie bordelaise avant de traiter la vigne, et l’inévitable banc extérieur pour poser la pompe en cuivre, quelques bouteilles vides, du fil de fer rouillé, souvenirs misérables d’une époque de peines, quand le vin de vigne tenait encore tête au “vin de marchand”, et que les fruitiers donnaient des cerises et des pommes de saison. Pour certains, c’était une sorte de foyer bis, un endroit personnel où on dormait parfois, sur des vieux sacs en toile de jute quand on n’avait pas envie de rentrer chez soi.

 

loge2

 

Je sais que certaines communes et associations s’intéressent à ces petits bâtiments ruraux et s’évertuent à leur rendre leur place dans le paysage rural. Ces initiatives, insignifiantes aux yeux de certains, méritent notre soutien.

 

loge3

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 18:43

tombe-Coust

 

La petite église romane de Coust se distingue peu dans le paysage monumental de la région. Comme pour beaucoup d’autres sanctuaires ruraux, les concepteurs de ce monument ont été au plus simple, faute certainement de moyens. Sa visite permet toutefois de découvrir un élément d’art funéraire assez rare: une pierre tombale médiévale anépigraphe mais blasonnée.
La plaque se trouve incorporée dans le massif de maçonnerie surélevant l’autel par rapport à la nef. On pense à un réemploi, sans qu’il soit possible de dire si la sépulture qu’elle couvrait était à l’origine dans ou à l’extérieur de l’église. Ce remaniement l’a placée sur le passage vers l’autel, ce qui a provoqué son usure et la disparition d’une partie du motif.
Cette dalle chevaleresque porte encore les restes d’un blason, qu’un bon dessinateur pourrait sûrement restituer sans problème, tant il reste de lignes lisibles, et la gravure d’une épée à une main ressemblant aux modèles régionaux sculptés aux cotés de gisants du XIIIe. Ceci n’est qu’un indice de datation, le trait pouvant être plus récent (les motifs complexes comme celui qu’on devine étant souvent tardifs).
Il est difficile  de se prononcer sur le titulaire de ces armoiries, de toute évidence un noble du secteur. Coust compte sur son territoire plusieurs vestiges d’ouvrages militaires médiévaux, mal connus pour la période féodale.

 

tombe-Coust1

 

J’ai, même si le résultat est maladroit, rehaussé les traits perceptibles sur ma photographie d’origine, pour rendre l’illustration plus parlante. L’idéal serait de pouvoir accéder à l’église, souvent close, et de procéder à un relevé sur la pierre.

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Published by olivier Trotignon - dans moyen-âge
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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 14:08

Tour-de-France-2013

 

Je ne le répéterai jamais assez: j’aime bien le Tour de France.
Je n’ai pas dit: j’aime, juste: j’aime bien.
Je ne connais rien au cyclisme, je ne le pratique pas, je ne comprends rien aux subtilités stratégiques des équipes, mais je ne déteste pas passer un bout d’après-midi sur un bord de route, au milieu de passionnés, à profiter d’un spectacle assez distrayant avec la certitude de ne pas me faire fouiller, par un service d'ordre, assommer par les hurlements du public, ou bousculer par une bande de hooligans. A part les coups de soleil et l’abus de rosé bien frais, le Tour, c’est plutôt sans risques.
Sauf pour le contribuable qui, qu’il aime ou déteste le sport sur deux roues, doit passer l’éponge sur une ardoise qui affronterait avec difficulté le contrôle anti-dopage: réfection de chaussées en bon état, budgets de communication pharaoniques, mobilisation des services municipaux à polir l’asphalte de la ligne d’arrivée alors que certaines rues attendent des ralentisseurs depuis des années, subventions diverses aux associations militant pour la médiatisation de l’évènement...comme la pâte de certains gâteaux à apéritif distribués par la caravane publicitaire, la facture s’annonce salée.
Pour faire passer la pilule, tout a été misé sur le rayonnement médiatique promis pour éclairer et réchauffer une région en panne de projets et d’investissements. Diffusé dans le monde entier, les images du Tour seraient censées produire sur les touristes et les capitaux extérieurs le même effet que l’aimant sur la limaille de fer. Le Boischaut deviendrait, le temps d’une étape, la ixième merveille du monde. Pour le coup, ça vaut peut-être la peine de cracher au bassinet.
Premier bémol: depuis les années 2000, le Tour a déjà fait étape deux ou trois fois par ici, mais la ruée vers la cité de l’or annoncée ne s’est jamais produite et pourtant, la couverture aérienne avait été copieuse. L’hélicoptère de la télévision avait longuement survolé le Saint-amandois, donné des détails sur certains sites remarquables...s’agissant d’étapes de contre-la-montre, la retransmission de l’épreuve avait été assurée sans précipitation.
Cette année, et j’ai eu beau revoir l’enregistrement de l’étape et de la première heure qui a suivi l’arrivée, les commentaires et images ont été réduits à la portion congrue. Les quelques beaux monuments survolés n’ont pas été cités (châteaux de la Commanderie et de Meillant, abbaye de Noirlac), aucun plan correct de Saint-Amand (sauf pour afficher les tableaux de classement), même la célèbrissime Pyramide de l’or semblait posée bêtement au milieu de l’écran, comme le pion d’un jeu d’échec dont un des protagonistes est complètement dominé par son adversaire. Comme la télévision publique française a le monopole de la retransmission du Tour et vend ses images aux médias étrangers, de la glorieuse République populaire de Chine (de gros investisseurs, ces gens là...) aux non moins glorieuses Australie ou Californie, ce sont des séquences étriquées et anonymes qui auront donné envie aux entrepreneurs de tous pays et de tout poil de venir poser des chèques sur le comptoir des banques locales, n’en doutons pas!
Quand aux centaines de milliers d’euros, voire pire, engloutis dans cette aventure, je vous laisse deviner à la charge de qui leur remboursement va incomber...

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 21:55

hache-bipenne1-copie-1

 

Au cours de ma mission d’identification des objets archéologiques non recensés dans les collections du musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond, j’ai eu le loisir, au milieu d’une série de lames de haches néolithiques de modèle courant, de répertorier une pièce fort intéressante.
Ramassé sur le sol d’un champ labouré dans les années 50, ce fragment de hache bipenne en roche verte néolithique a été découvert sur une station de surface célèbre chez les préhistoriens locaux, sous le nom de Tertre de Colombiers (le village au pied de la colline) ou encore Champ de l’if. Ce campement mal daté, faute de fouilles, était probablement protégé par un petit rempart. Il a livré des tessons de céramique et un abondant mobilier lithique typique du néolithique.
La découverte d’une hache bipenne est assez exceptionnelle pour la région. Pour aider le lecteur à se représenter à quoi pouvait ressembler l’objet avant fracture, j’ai photographié une lame de hache similaire déposée dans le même musée, faisant partie de la donation fondatrice de 1922.

 

hache-bipenne1

 

Cette hache est intacte, mais rien ne permet d’identifier sa provenance, malheureusement.

 

hache-bipenne2

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 08:12

 

naturiste

On le connaissait public, médiéval, ouvrier, de curé, potager, tropical, bio...Le jardin est une entité qui se décline sous de multiples épithètes.
J’ai l’honneur de vous inviter à découvrir une nouvelle espèce, découverte le long d’une petite route d’une commune proche de chez moi, et qui avait jusque là échappé à l’attention des linguistes: le jardin naturiste.
Vu de la route, il présente le même aspect que n’importe quel potager: rangs  de légumes, tas de compost et vielle bobine EDF pour poser le pulvérisateur ou le casse-croûte du jardinier, mais lui présente une caractéristique unique: il est naturiste.
Ce qui me plonge dans un abîme de conjectures.
La main qui tenait le pinceau cherchait-elle à avertir de promeneur de quelque grave menace pesant sur l’inconscient mûrissant de coupables projets de larcin visant les légumes, eux-mêmes mûrissant? Et quel était la nature de la menace? Apparition d’un Priape dénudé entre deux rangs de laitues? Obligation de déposer ses vêtements sur la bobine EDF avant d’arracher les navets? Pire encore?
La langue française a ceci de magique qu’elle contient une foule de mots aux sens subtils et imagés, mais on sait que certains se perdent dans la foule. Nous supposerons donc que notre maraîcher anonyme s’est essayé au jardinage sans produits chimiques, vertu que nul ici ne songera à lui reprocher et dont il s’est appliqué à faire la réclame, avec juste un peu moins de dextérité à planter les mots que les légumes.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 09:10

opale2

 

Voici un petit objet d’aspect très ordinaire inventorié dernièrement dans les réserves du musée municipal local. Cette armature de flèche à pédoncule et ailerons a été ramassée sur les bords du Cher et versée dans les collections publiques à une date inconnue. A première vue, la couleur de la matière première rappelle le silex à écailles fréquent dans la région de la Châtre, dans l’Indre, à la nuance près qu’il ne s’agit pas de silex, mais d’une roche locale peu utilisée, ce qui fait tout l’intérêt de la pièce.
Les géologues le confirmeront: la haute vallée du Cher est pauvre en matières premières utilisables pour tailler les parties lithiques de l’outillage préhistorique toutes époques confondues. Si les plus anciens groupes humains du Paléolithique inférieur se  sont contentés d’un mauvais silex pauvre en matière tranchante pour tailler leurs outils, leurs descendants du Paléolithiques moyen au Néolithique final ont été beaucoup plus exigeants sur la qualité des matières premières qui alimentaient leurs ateliers de taille. Ils se sont procuré des rognons de roche utilisable dans tous les gisements exploitables de la région et même d’au-delà, ou s’y sont rendus pour tailler sur place les lames dont ils avaient besoin. Ainsi, du silex jaspé du Boischaut, gris ou caramel du Blésois, orange à inclusions de Touraine s’observe fréquemment dans les gisements préhistoriques locaux.
Sur le Saint-amandois, le sous-sol était peu attractif. Un de mes correspondants archéologues m’a fait découvrir, près de Meillant, des carrières de pierre meulière dont on trouve quelques échantillons dans les ramassages de surface, mais la profondeur des veines et la dureté de la roche qui les contient explique la rareté de son usage par les anciens habitants du secteur. Il existe aussi une matière curieuse, d’origine lacustre, qui affleure vers La Perche, la Celette et Faverdines, et qui est connue des géologues comme une parente de l’opale. De faible densité et réagissant aux chocs différemment du silex, ses capacités à la taille sont limitées. Pourtant, il arrive qu’on repère quelques outils façonnés dans cette roche. C’est justement le cas de cette armature de flèche, à ma connaissance, unique en son genre dans la région.

 

opale1

 

Notre connaissance du néolithique local est très lacunaire et seule une opération de datation précise des gisements (carrières et habitats) permettrait de comprendre pourquoi les agriculteurs du Saint-amandois se sont si peu servi du silex de la Châtre, exploité à leur époque et assez peu représentés dans les produits de fouilles et de collecte de surface.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 10:15

soldats-royaux

 

Il n’est pas dans mes habitudes de puiser mes informations dans les traditions et légendes rurales mais, pour une fois, l’une d’elles a des accents familiers qui peuvent être comparés à des situations historiques précises.
Je ne m’étais jamais penché sur des traditions orales supposées remonter aux événements qui ont endeuillés le sud du département du Cher à l’époque de la Fronde jusqu’à ce que, dans le cadre d’une recherche sur un thème plus ancien, des points de comparaison puissent être établis entre du matériel historique et certains contes populaires.
Voici l’affaire: même si la source exacte demeure nébuleuse, on aurait raconté, dans les campagnes berrichonnes et bourbonnaises, des histoires dont l’origine remonterait au siège de Montrond, en 1651/1652. Mal ravitaillées, les troupes royales assiégeant la place auraient improvisé des raids dans les campagnes des environs de Saint-Amand, pillant les fermes et les villages et faisant subir à la population civile toutes les vexations imaginables en ce genre de circonstances. Des recherches sur des sources fiscales et paroissiales ont confirmé la réalité de ces méfaits.
Les paysans se seraient défendus, montant des embuscades meurtrières dont une se serait produite près de la paroisse d’Ineuil, et plus précisément à coté de l’immense étang de Villiers, aujourd’hui asséché. Des soldats de l’armée de Mazarin y auraient été massacrés et leurs cadavres jetés dans l’étang. Illustrée de détails macabres, la légende précise que l’on aurait, longtemps après l’affaire, continué à prendre des brochets monstrueux encore encombrés de débris humains. C’est certainement à ce détail farfelu que l’on doit la pérennité de cette histoire.
Sur la forme, il y a peu à dire sur la crédibilité du récit. Le brochet a sans doute plein de défauts, mais il ignore la nécrophagie, qu’on laissera aux pattes d’animaux charognards bien moins appétissants. De plus, il est difficile à admettre que des paysans puissent avoir jeté des corps dans un lac, le risque étant trop grand qu’ils soient retrouvés par leurs compagnons d’armes et que des représailles s’abattent sur la population. Enfin, la tradition n’était guère à laisser des chrétiens sans sépulture, même s’il s’agissait d’ennemis.
Sur le fond, je relève un parallèle intéressant entre cette légende et le contenu des archives judiciaires de l’époque de la Guerre de 100 ans. On y trouve, en effet, plusieurs récits de meurtres de soudards anglais ou bretons capturés par des habitants du Berry exaspérés par les exactions des troupes ennemies. Presque à chaque fois, sans qu’on ait d’explication claire sur cette pratique, les captifs étaient suppliciés par noyade dans les étangs et les cours d’eau.
Environ deux siècles séparent les deux époques, et, dans une région peu perméable à la modernité, les mêmes réflexes peuvent s’être reproduits. On proposera donc comme probable que des pillards venus du Saint-amandois ont été piégés et capturés par des paroissiens d’Ineuil ou d’une paroisse voisine. Suivant une tradition séculaire, ces hommes ont pu être traînés jusqu’au bord de l’étang de Villiers où ils ont été noyés intentionnellement. Leurs corps doivent encore se trouver quelque part dans une fosse commune, et les brochets ont pu digérer en paix.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:43

Donjon-gravure

 

Je vous propose de découvrir un curieux document en alexandrins découvert en cherchant tout autre chose dans le fonds de la Bibliothèque Nationale. Ce texte pamphlétaire anonyme a été édité à Paris en 1652 et s'intitule: Balades servant à l'histoire des troubles advenus en Berry. Dans ce petit livret de huit feuillets se trouve un poème en rime dédié au siège de la forteresse de Montrond, achevé cette même année.
Ne posant aucun problème de compréhension, j'ai choisi de le recopier en conservant l'orthographe d'origine, qui lui confère une certaine délicatesse.

Ballade sur la reddition de Montrond le 1. Septembre 1652

Qu'on ne s'estonne pas si Montrond capitule,
Ses braves deffenseurs n'en seront point blasmez
Ils ne craignent pas tant les gens du Seigneur Julle,
Mais apres le long-temps qu'on les tient enfermez,
Aprse qu'ils se sont veus au point d'estre affamez,
Et de ne pouvoir plus cette place deffendre,
Après s'estre battus mieux que l'on n'auroit creu,
A l'accodement ils sont contraincts d'entendre,
Enfin le temps à fait ce que Mars n'auroit peu.

La rigueur l'hyver, l'ardente canicule;
La pluye et les brouillards souvent en l'air formez
Donnoient aux assiegeans un espoir ridicule
De voir leurs ennemis de fatigue opprimez:
Les fiudroyans canons, l'effort des gens armez,
Les mines qui mettoient tous les dehors en cendre,
Jamais les assiegez n'ont la confiance esmeu;
Tout le camp fremissoit en les voyant descendre
Enfin le temps à fait ce que Mars n'auroit peu.

Il faut pourtant ceder, c'est en vain qu'on recule,
Ils n'ont pouldre ni plomb, leurs bleds sont consommez,
Le secours vient à tard, sa force est comme nulle,
Et dans lextremité ces frondeurs renommez,
Vont sortir glorieux sans estre desarmez:
S'ils ont versé du sang, ce n'est pas sans le vendre,
Le soldat Mazarin s'en est bien apperceu,
Mais les voila dehors, ne pouvant plus attendre,
Enfin le temps à fait ce que Mars n'auroit peu.

ENVOY A MONSEIGNEUR le Prince.

Prince de qui l'abord eut surpris Alexandre
A la haute valeur Persan(1) peut bien pretendre,
S'il eut un peu plustost secours receu,
Palluau (2) ne l'eut jamais obligé de se rendre
Enfin le temps à fait ce que Mars n'auroit peu.
FIN.

(1) capitaine de la forteresse de Montrond
(2) officier commandant les troupes royales assiégeant le château.


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 09:08

couleuvrine-décors

 

Je sais les amateurs d'armes anciennes nombreux à rechercher des sources sur l'artillerie médiévale et Renaissance, aussi me paraît-il utile de signaler un objet rare, à défaut d'être exceptionnel, propriété de la ville de Saint-Amand, dans le Cher.

 

couleuvrine

 

Le musée municipal possède en effet un canon de couleuvrine en bronze (l'affût original a disparu) datable de la Renaissance. La pièce est dans un état de conservation exceptionnel, n'ayant pas eu à subir d'exposition aux intempéries. Dernièrement, un lecteur de ce blog m'a communiqué une note non signée rédigée par le département artillerie du musée des Invalides, à Paris, faisant le point sur une couleuvrine privée ayant rejoint les collections publiques. Les informations précises contenues dans ce rapport m'ont permis de mieux apprécier l'intérêt du canon saint-amandois, qui mériterait un examen précis par un spécialiste de l'artillerie ancienne.
On notera tout d'abord le soin avec lequel a été exécutée la pièce. La gueule, la culasse et le renfort sont décorés, en particulier avec un motif qui semble figurer les armoiries du premier propriétaire.

 

couleuvrine-culasse

 

Le pivot, qui reposait sur le berceau de l'affût, n'a pas été fondu avec le fût, mais est en fer soudé au point d'équilibre. Le diamètre de sortie est mesuré à 3,1 cms, ce qui correspond à de très petits boulets plus proches des balles de mousquets que des boulets de fonte de fer signalés un peu partout en France avec des diamètres et des poids bien supérieurs.

 

couleuvrine-pivot

 

Si on suit les conclusions du musée de l'Armée sur un cas similaire, la couleuvrine de Saint-amand ne semble pas signée, ce qui serait l'indice d'une fonte réalisée dans une forge privée non agrée par la royauté pour produire des armes. Ce droit régalien de fondre des pièces d'artillerie a certainement largement été contourné dans les provinces: la région de Saint-Amand comptait au moment des Guerres de religion des dizaines de petites places fortes qui ont été équipées de bouches à feu, ce qui implique un nombre incalculable faute de sources précises mais assurément conséquent de pièces d'artillerie de courte portée dans les armureries châtelaines. L'immense majorité a disparu, victime du recyclage de ce métal rare qu'était le bronze, recherché pour d'autres usages, comme la fabrication de cloches, de médailles et monnaies, mais aussi de canons lourds comme on en trouve sur les champs de bataille jusqu'au Second empire.

 

couleuvrine-gueule

 

La couleuvrine de Saint-Amand mérite à mes yeux une étude dédiée et comparative avec les rares autres pièces appartenant à des collections publiques, comme celle, très belle aussi, du musée d'Issoudun.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 19:28

fresque-Bannegon

 

Parmi les curiosités que réserve au visiteur le château de Bannegon, dans le canton de Charenton du Cher, se trouve une fresque représentant un groupe de cavaliers, d'une facture tout à fait singulière.

 

cavalier1

 

Situé dans une des pièces d'habitation de la demeure, cet ensemble monochrome a été dessiné sur un mur. On y reconnaît plusieurs cavaliers, richement habillés à la mode de l'époque classique dont un, à la selle ornée d'une fleur de lys.
La composition, même si elle reste naïve, est particulièrement soignée. Des détails sur les costumes et sur les brides des chevaux montrent que l'artiste s'est appliqué, même si les proportion des animaux restent sous-dimentionnées.
On remarque un cavalier plus petit que les autres, qui est certainement un enfant.

 

cavalier3

 

N'étant pas formé en histoire de l'Art, je n'avancerai aucune interprétation, mais la fleur de lys suggère une inspiration royale.
J'ai été contraint de saturer les images pour les rendre plus lisibles, faute d'un éclairage adapté. Cela surprendra peut-être des visiteurs ayant eu la chance de visiter ce monument avec une meilleure lumière.

 

cavalier2

 

A découvrir aussi dans ce château, la cheminée sarrasine médiévale, sur le lien suivant:

 

la cheminée sarrasine

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