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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 21:55

hache-bipenne1-copie-1

 

Au cours de ma mission d’identification des objets archéologiques non recensés dans les collections du musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond, j’ai eu le loisir, au milieu d’une série de lames de haches néolithiques de modèle courant, de répertorier une pièce fort intéressante.
Ramassé sur le sol d’un champ labouré dans les années 50, ce fragment de hache bipenne en roche verte néolithique a été découvert sur une station de surface célèbre chez les préhistoriens locaux, sous le nom de Tertre de Colombiers (le village au pied de la colline) ou encore Champ de l’if. Ce campement mal daté, faute de fouilles, était probablement protégé par un petit rempart. Il a livré des tessons de céramique et un abondant mobilier lithique typique du néolithique.
La découverte d’une hache bipenne est assez exceptionnelle pour la région. Pour aider le lecteur à se représenter à quoi pouvait ressembler l’objet avant fracture, j’ai photographié une lame de hache similaire déposée dans le même musée, faisant partie de la donation fondatrice de 1922.

 

hache-bipenne1

 

Cette hache est intacte, mais rien ne permet d’identifier sa provenance, malheureusement.

 

hache-bipenne2

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 09:10

opale2

 

Voici un petit objet d’aspect très ordinaire inventorié dernièrement dans les réserves du musée municipal local. Cette armature de flèche à pédoncule et ailerons a été ramassée sur les bords du Cher et versée dans les collections publiques à une date inconnue. A première vue, la couleur de la matière première rappelle le silex à écailles fréquent dans la région de la Châtre, dans l’Indre, à la nuance près qu’il ne s’agit pas de silex, mais d’une roche locale peu utilisée, ce qui fait tout l’intérêt de la pièce.
Les géologues le confirmeront: la haute vallée du Cher est pauvre en matières premières utilisables pour tailler les parties lithiques de l’outillage préhistorique toutes époques confondues. Si les plus anciens groupes humains du Paléolithique inférieur se  sont contentés d’un mauvais silex pauvre en matière tranchante pour tailler leurs outils, leurs descendants du Paléolithiques moyen au Néolithique final ont été beaucoup plus exigeants sur la qualité des matières premières qui alimentaient leurs ateliers de taille. Ils se sont procuré des rognons de roche utilisable dans tous les gisements exploitables de la région et même d’au-delà, ou s’y sont rendus pour tailler sur place les lames dont ils avaient besoin. Ainsi, du silex jaspé du Boischaut, gris ou caramel du Blésois, orange à inclusions de Touraine s’observe fréquemment dans les gisements préhistoriques locaux.
Sur le Saint-amandois, le sous-sol était peu attractif. Un de mes correspondants archéologues m’a fait découvrir, près de Meillant, des carrières de pierre meulière dont on trouve quelques échantillons dans les ramassages de surface, mais la profondeur des veines et la dureté de la roche qui les contient explique la rareté de son usage par les anciens habitants du secteur. Il existe aussi une matière curieuse, d’origine lacustre, qui affleure vers La Perche, la Celette et Faverdines, et qui est connue des géologues comme une parente de l’opale. De faible densité et réagissant aux chocs différemment du silex, ses capacités à la taille sont limitées. Pourtant, il arrive qu’on repère quelques outils façonnés dans cette roche. C’est justement le cas de cette armature de flèche, à ma connaissance, unique en son genre dans la région.

 

opale1

 

Notre connaissance du néolithique local est très lacunaire et seule une opération de datation précise des gisements (carrières et habitats) permettrait de comprendre pourquoi les agriculteurs du Saint-amandois se sont si peu servi du silex de la Châtre, exploité à leur époque et assez peu représentés dans les produits de fouilles et de collecte de surface.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 09:55

 

Camp-de-César4

L’un des plus célèbres sites préhistoriques de la vallée du Cher, le Camp de César, sur la commune de La Groutte, a été fouillé dans les années 60-70 par une équipe saint-amandoise pilotée par le préhistorien Émile Hugoniot.
Parmi le riche mobilier retrouvé dans les fossés du rempart néolithique ont été identifiées de nombreuses céramiques chasséennes, cuites par les potiers préhistoriques il y a environ 6000 ans. L’environnement calcaire du plateau où les hommes de la préhistoire avaient fondé leur village a assuré une bonne conservation des objets.
Une des spécificités de la culture chasséenne est d’avoir produit des décors sur ses poteries. Au Camp de César, les artisans céramistes n’ont pas fait exception à la règle et ont gravé, eux aussi, des figures géométriques sur leurs pots.
Deux techniques étaient alors employées. La gravure dans l’argile malléable avant cuisson, qui se reconnaît aux lèvres évasées des traits aux sillons assez profonds. Les figures en pointillés étaient aussi exécutées avant la mise au four.

 

Camp-de-César3

 

La gravure après cuisson, par grattage de la surface des poteries avec des pointes qu’on suppose avoir été en silex. Avec ce savoir-faire, les artisans produisaient des décors beaucoup plus fins qu’avec la méthode précédente. La culture chasséenne n’a pas produit de dessins anthropomorphes ou figuratifs comme les néolithiques du Sahara, des Alpes ou des zones mégalithiques de Bretagne ou d’Irlande.

 

Camp-de-César1

 

Tous les spécialistes des civilisations agricoles et pastorales de la fin de la Préhistoire connaissent l’importance du gisement du Camp de César et les immenses possibilités à venir de ce site -seule une petite section du rempart a été fouillée, il reste donc des choses extraordinaires à y découvrir- mais il n’est pas sûr que toutes les personnes sensibles à la question culturelle dans la région connaissent vraiment la stature exceptionnelle du site.

 

Camp-de-César2

 

Les quelques photographies, prises rapidement et sans possibilité de disposer d’un éclairage adapté représentent quelques uns des objets exposés au musée de Saint-Amand-Montrond. Pour les professionnels, les rapports de fouilles sont à consulter auprès de DRAC-Centre.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:13

hameçons-Camp-de-César

 

Les fouilles dirigées par mon regretté maître Émile Hugoniot sur le site en éperon barré, néolithique et postérieur, du Camp de César, sur la commune de la Groutte, ont mis au jour une moisson exceptionnelle d’objets fonctionnels de la fin de la Préhistoire, dont un certain nombre sont présentés au public dans les vitrines du musée Saint-Vic de Saint-amand-Montrond. Participant actuellement, bénévolement, à une vaste opération de récolement initiée par la conservatrice en titre, j’ai eu la chance de pouvoir approcher de près certaines pièces exceptionnelles, dont fait partie cet ensemble d’hameçons datés du néolithique.
On reconnaît parfaitement une pièce inachevée, simple ébauche découpée dans une plaquette d’os, dont la longueur est proche de 4 cm. L’hameçon complet a été, lui, découpé dans un morceau d’ivoire et est encore pointu, malgré les quelques dizaines de siècles passés dans le sol de l’ancien oppidum.
Un troisième objet, non représenté ici à cause de la faiblesse des performances de mon appareil photo, est un hameçon droit, façonné dans un os, ligaturé en son milieu pour pouvoir attacher le leurre.
Ces pièces nous rappellent que la pêche était un complément alimentaire pour ces premières populations agricoles qui maîtrisaient aussi, bien entendu, la chasse à l’arc. Le Cher, rivière certainement très poissonneuse à l’époque, passe à quelques centaines de mètres du Camp de César.

 

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 10:16

livre-de-beurre

nucleus type "livre de beurre", origine Grand Pressigny (37)

 

Au nombre des rumeurs rencontrées par tous les préhistoriens régionaux au cours de leur exercice, celle de la découverte de nuclei type “livres de beurre pressigniennes” dans le nord du Bourbonnais est une des plus récurrentes.
Au XIXe siècle aurait été publié un rapport -je n’ai pas pu le situer dans la bibliographie savante- faisant part de la découverte dans la vallée de l’Aumance (rivière affluente du Cher) de livres de beurre en silex de Touraine similaires à ce que les préhistoriens découvraient en grande quantité dans les labours autour du Grand-Pressigny, en Indre-et-Loire. Cette affirmation, relayée par des découvertes d’objets en silex pressignien sur des sites de surface et dans les alluvions de la rivière, a poussé certains amateurs d’antiquité à affirmer l’existence d’ateliers de taille de la fin du néolithique aux portes de l’Auvergne.
A ce jour, rien, à ma connaissance, ne permet de valider cette thèse, qu’on ne peut pas non plus infirmer d’un revers de manche sans avoir examiné quelques éléments objectifs.

Les arguments en faveur de la présence de livres de beurre
Ces objets, introuvables, peuvent avoir été dispersés et sont désormais méconnaissables tant le nombre de silex ramassés dans les champs autour du Grand-Pressigny est grand dans les collections publiques et privées. Des éclats d’amorçage de livres de beurre, caractéristiques de la taille pressignienne, ont été découverts sur les bords du Cher et en forêt de Tronçais. Ces déchets de taille ne pouvant avoir aucune utilité dans un campement néolithique, il n’y a aucune raison que l’on se soit encombré de ceux-ci sur presque deux cents kilomètres de pistes. Sur place, au Pressigny, des lames de silex bien plus fonctionnelles étaient disponibles en quantité infinie. Il était plus sûr d’importer de la matière brute et de la façonner sur place, en fonction des besoins des agriculteurs locaux. Les nuclei bourbonnais étaient peut-être des reliefs d’ateliers itinérants.

Les arguments contre
Si ces objets sont introuvables, c’est qu’ils n’ont jamais existé. Leur éventuelle existence peut-être le fruit d’une supercherie, chacun à l’époque essayant de faire parler de sa préhistoire locale, y compris à l’insu du chercheur ayant signalé ces pièces.
Les éclats d’amorçage, bien réels, peuvent avoir eu un intérêt qu’on n’imagine pas aujourd’hui, et avoir été importés de Touraine avec des lames travaillées. La région étant très pauvre en matières premières exploitables pour la production d’outils à base lithique, toutes les civilisations ayant travaillé la pierre depuis le moustérien ont économisé le silex. On retrouve pratiquement jamais de nuclei plus gros que le poing. Abandonner des livres de beurre représentant des mètres linéaires de tranchant utile aurait été un nonsense.

Si une activité de taille de pierre à la manière pressignienne ne peut pas être définitivement rejetée, nous la considérons comme hautement improbable. Seules des preuves réunies par des archéologues certifiés dans une stratigraphie pourraient permettre de trancher la question. Les rumeurs entretenues par des amateurs en mal de reconnaissance capables d’introduire des objets exogènes dans des gisements connus ou de toute autre supercherie n’ont évidemment aucune valeur.

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:43

silex-pirot
Bien que décriés par les puristes de la Préhistoire, les ramassages de surfaces ont permis une évaluation assez précise de la circulation du silex pressignien dans la vallée du Cher et dans ses alentours.

Le précurseur de cette estimation avait été le regretté professeur Émile Hugoniot, inventeur et directeur des fouilles du Camp de César et longtemps conservateur du musée municipal de Saint-amand-Montrond qui, tirant les enseignements d’un colloque dédié au Néolithique, nous avait, dès 1977, sensibilisé au problème des importations de silex tourangeau dans le sud du Berry, en nous recommandant dès cette époque de tout ramasser, sans nous fixer sur les seules pièces de collection dignes de figurer dans une vitrine de musée.

Le matériel récolté, peu abondant mais assez significatif pour être étudié par mme N. Mallet, présente une typologie assez inattendue.

silex-scie    

La vallée du Cher et les territoires qui l’environnent ont été les lieux de découvertes de quelques belles pièces parmi lesquelles nous relevons des lames de “poignards”, des couteaux à moissonner, ou scies à encoches, des armatures de flèches ou de petites pointes de lances, lames complètes ou fragmentées. Ces outils agricoles et armes de chasse prouvent l’existence d’un flux de marchandises parties du Grand-Pressigny pour l’usage des populations locales à la fin du Néolithique.

Il est impossible de savoir si le Berry du Sud était une destination finale ou une simple étape sur une route commerciale pouvant cheminer sur plusieurs centaines de kilomètres au delà de notre territoire.
silex-musée    

La première originalité soulignée par l’étude de mme Mallet est la présence d’un micro-outillage informe inattendu dans un principe d’importation de “beaux objets”. Les populations néolithiques locales disposaient de petits éclats et lamelles de silex extrait en Touraine, sans qu’on sache si ces objets correspondent à des importations de matière première taillée localement ou de petits objets ramenés du Pressigny par les mêmes courants commerciaux qui ont drainé de grandes lames de poignards jusque sous nos latitudes.

L’autre conclusion de cette étude est que les néolithiques n’ont pas été les premiers à utiliser de la matière première tourangelle pour confectionner leur outillage. Certaines pièces accusent un profil Paléolithique supérieur bien marqué, et certains silex sont encore plus anciens, datés du Moustérien. Je vous renvoie à ce sujet sur une publication antérieure sur ce blog.
silex-pointe    

L’étude de Nicole Mallet n’a pas permis de faire la lumière sur la rumeur de la découverte, au XIXe siècle, de véritables “livres de beurre’ dans la vallée de l’Aumance. L’absence de preuves bénéficiant au doute, il semble bien que les affirmations selon lesquelles des nuclei similaires à ce que les agriculteurs exhumaient par dizaines à chaque labour dans les champs voisins d’Abilly ou du Grand-Pressigny auraient été trouvés vers Meaulne ou Hérisson soient un canular. Les talons de livres de beurre découverts par m. Perchat en forêt de Tronçais entrent dans la catégorie des objets informes produits au Pressigny et ramenés en l’état par les voyageurs préhistoriques et non dans celle des indices de débitage à la mode pressignienne dans notre région.
silex-talon    

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 21:45

molettes
Voici une curiosité locale qui mérite une étude particulière tant elle implique de savoir-faire techniques pour les populations préhistoriques qui l’ont conçue.

Alerté par une première découverte à la fin des années 70 dans les granulats extraits de l’ancienne sablière de la Roche, en aval de Drevant, j’ai eu depuis l’occasion de recenser et de publier plusieurs objets lithiques présentant des points communs remarquables dont voici le détail.

3-molettes-copie-1.jpg 

Le premier objet recensé se présente sous la forme d’une sphère parfaite taillée dans un bloc de granit. Sa surface usée montre encore des traces de bouchardage. Son diamètre est de 88 mm. Trouvé au même endroit, un second sphéroïde, taillé dans la même matière et mesurant le même diamètre, présente la particularité d’être amputé d’environ un tiers de sa masse. Toujours dans la même sablière, un ouvrier avait récolté trois sphères de granit d’un diamètre légèrement inférieur, que j’ai pu photographier il y a une quinzaine d’années.

Toujours sur le Cher, entre la Perche et Urçay fut trouvé un objet ovoïde en granit, fortement marqué par des traces de boucharde, dont le diamètre extrême est mesuré à 88 mm.

Près de Saint-Christophe-le-Chaudry, un agriculteur m’a confié pour étude un sphéroïde régulier de 88 mm de diamètre, en quartzite locale, sur lequel est visible l’empreinte d’un bouchardage violent atténué par un travail plus fin, un bloc de quartzite informe mais ayant servi de percuteur, et une lame de hache polie en roche verte auvergnate ou bretonne. 

Plusieurs points communs se distinguent. L’extraordinaire régularité des cotes relevées sur quatre objets montrent que leurs concepteurs disposaient au minimum d’un calibre, à défaut d’une unité de mesure. Les roches employées sont celles que l’on trouve à l’état naturel sur les lieux de découvertes, granits roulés par la rivière dans le lit du Cher et quartzite près de Culan. Le mode opératoire commun est le bouchardage, technique développée dès le néolithique pour le façonnage des lames de haches avant leur polissage et c’est bien au néolithique qu’on pense lorsqu’on évoque ces sphéroïdes. Dans plusieurs régions françaises, des sphères de pierre dure ont été retrouvées sur des gisements datant de la fin de la Préhistoire (en Bourgogne et Bretagne notamment). Dans la vallée du Cher, la plus grosse concentration a été observée près du Camp de César, site néolithique majeur. A Saint-Christophe, la hache trouvée à proximité d’une sphère est un indice intéressant à défaut d’une preuve.
molette-Marigny 

Observant la forme et la matière, nous avons émis l’hypothèse que ces sphères étaient une déclinaison particulièrement soignée d’un outil encore employée par certaines sociétés rurales des pays en voie de développement, à savoir le broyeur à grain, dit aussi molette. Disposant des céréales sèches sur une pierre plate ou légèrement concave, on brise et écrase les grains par friction pour produire des petites quantités de farine. Dans le cas qui nous intéresse, les sphères tiennent bien dans la main, tout comme la pièce ovoïde, et une simple rotation du poignet permet d’écraser très facilement des graines et des céréales, ce qui va beaucoup plus vite qu’avec un broyeur ordinaire. La choix de roches dures limite la présence de déchets minéraux dans la farine ainsi produite.

Une expérience amusante a pu être menée après la découverte dans le lit du Cher, en aval d’Orval (18), d’une grosse meule dormante néolithique aujourd’hui déposée au musée Saint-Vic de Saint-amand-Montrond. Employant une des sphères retrouvée à Marigny, il a été possible, dans une démonstration en public, de broyer une grande quantité de blé sans effort dans la cuvette de la meule. 

Le lecteur aura noté que la possibilité qu’il s’agisse bien d’un outillage de la fin de la préhistoire implique que ceux qui l’ont produit avaient une technique pour mesurer précisément le diamètre de leurs outils, ce qui peut se concevoir à partir d’un simple demi-cercle découpée dans une planchette quelconque, comme certains gabarits de tailleurs de pierre plus modernes. Ce calibrage d’outil ne serait pas une première pour cette époque. De très nombreuses “livres de beurre” pressigniennes trouvées sur les anciens ateliers de taille de silex proches la vallée de la Creuse sont de longueur identique, comme si certains artisans d’alors avaient voulu rationaliser leur production de grandes lames, dont nous trouvons quelques traces dans le sud du Cher.

Sachant, par expérience, que peu de préhistoriens se sont penchés sur ces sphéroïdes et que cet outil est mal connu, j’invite les lecteurs de cet article à la vigilance lors de leurs promenades ou parties de pêche: il reste encore certainement beaucoup de sphéroïdes à découvrir.
meule-et-molette 

 

 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 19:46


Les grandes crues des années 70 et 80, associées à un phénomène de surcreusement du lit du Cher engendré par l’action des sablières ont brassé beaucoup de sédiments  et ont longtemps favorisé la découverte de nombreux objets préhistoriques sur les plages et les grèves de la rivière. Ainsi ont été ramassés plusieurs bifaces impossibles à dater précisément mais classables dans l’outillage produit un peu partout dans nos régions au paléolithique inférieur.

On observe des densités d’outils plus fortes quand le Cher longe les escarpements de sa vallée, sans qu’on sache vraiment si ce phénomène est dû à une action mécanique de la rivière ou s’il s’agit de restes d’habitats permanents ou temporaires. En l’absence de fouilles, il est impossible d’évaluer convenablement la durée et l’importance de l’occupation humaine de ce secteur de la vallée.

La pièce présentée ici est assez caractéristique des productions locales. L’artisan s’est servi d’un galet de silex local, contenant assez peu de matière exploitable, réservée à la taille de la pointe du biface. Le talon, non coupant, est pris sur le noyau de silex fortement chargé en inclusions inutilisables. La taille n’est pas symétrique. Un bord de la pièce est façonné par de gros éclats, l’autre bord étant taillé de manière plus fine.

A ma connaissance, aucune pièce antérieure au moustérien ne semble avoir été produite sur des silex importés alors que plusieurs bifaces du paléolithique moyen ont été taillés dans du silex récolté dans la région de la Châtre, dans l’Indre.

J’invite, si l’occasion se présentait, les lecteurs qui pourraient avoir en leur possession des pierres taillées trouvées lors de promenades ou de parties de pêche sur la rivière à se mettre en contact avec le musée le plus proche (musée du Berry à Bourges, musée Saint-Vic à Saint-Amand ou musée Emile-Chénon de Châteaumeillant) pour faire établir une fiche de signalement de leurs découvertes, afin qu’une trace reste disponible pour renseigner d’éventuelles recherches ultérieures et aider archéologues et étudiants à affiner leurs conclusions.

Ceci est aussi valable pour des objets plus récents (monnaies, vases, statues, armes..) toujours intéressants à inventorier.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:31


Voici une pièce qui, même si elle n’a pas été trouvée à Meslon même, mérite d’être présentée ici car, à notre connaissance, son inventeur (qui n’était ni préhistorien ni archéologue) l’a découverte près du village d’Ainay-le-Vieil il y a plus d’une trentaine d’années. Ignorant complètement le lieu exact de la trouvaille, il n’est pas possible de préciser plus l’environnement de cet objet, isolé, ou ramassé sur le site d’un ancien habitat néolithique.

Cette belle lame de hache en silex mesure environ 18 cms pour une épaisseur maximale de 4 cms. Sa matière d’origine est inconnue dans le Berry du sud, et se rapproche plutôt des produits des gisements de silex du Blésois. Seul le talon porte encore des traces de taille du bloc de matière d’origine, toute la surface de l’objet étant polie par un travail très fin. On observe une particularité assez remarquable: cette lame de hache n’a manifestement jamais servi, comme plusieurs autres trouvées dans la région, taillées dans le même silex et présentant la même symétrie dans les proportions. 

Sans chercher à ouvrir un interminable débat sur la fonction des haches polies au néolithique, il semble tout de même que plusieurs découvertes locales laissent penser que certaines pierres avaient une autre finalité (monnaie? culte? objets ornementaux?) que le simple abattage d’arbres pour les habitants de la région à la fin de la période préhistorique.

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 08:59


L'objet présenté ici se signale pour sa rareté. Façonnée dans une matière première typique des gisements de silex du Grand-Pressigny, cette pointe moustérienne trouvée dans le Cher à Meslon est un des rares témoignages connus de circulation d'outils tourangeaux au paléolithique moyen à plus de 150 kms de sa région d'origine. Une autre pointe d'un modèle plus petit a été trouvée près du village de la Perche, toujours dans les alluvions du Cher.

Cette pièce a fait l'objet d'un signalement "officiel" sous la plume de Nicole Mallet dans la lettre de liaison n°3 du bulletin annuel des Amis du Musée de Préhistoire du Grand-Pressigny, décembre 2005

 

 

      

 

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