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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:44

 prostituées5

Après une série de reports dus à des problèmes d'emploi du temps indépendants de la volonté des organisateurs, j'ai enfin le plaisir de vous inviter à ma prochaine conférence:

"Prostitution à Saint-Amand de la Belle époque à la Libération"

le jeudi 13 mars 2013, à partir de 20h30, salle de conférence du lycée professionnel Jean Guehenno, rue des Sables, à Saint-Amand. Cette salle, inhabituelle, a été mise spontanément à notre disposition par m. Labbé, proviseur, que je tiens à remercier tout particulièrement pour sa confiance.
Coté pratique:
l'accès à la salle se fait par l'entrée principale du lycée, puis suivre l'allée goudronnée qui rejoint la cour; là tourner à gauche en direction de la galerie; sous la galerie, porte à double battant à droite du bâtiment des ateliers.
Parking possible tout au long de la rue des Sables (déconseillé sur les trottoirs).
Attention: rue partiellement en sens unique coté descendant.
Accès handicapé: deux places dédiées juste à l'entrée, allée et cour éclairées et goudronnées, parcours sans obstacle.
Présence d'élèves internes: nous respecterons les horaires (20h30 - 22h) afin de ne pas pénaliser la tâche d'encadrement des personnels de Vie scolaire.
L'entrée est bien entendu libre et gratuite.
Une information complémentaire: le lycée qui nous accueille sera ouvert au public les 21 et 22 mars. Tous les détails sur le lien suivant:

les portes ouvertes

 

A très bientôt!

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 07:52

motte1

 

Voici un très intéressant vestige de l'époque féodale, élevé dans la vallée du Cher quelque part entre Saint-Amand-Montrond et Montluçon *. Cette motte castrale se présente sous la forme d'un dôme encore bien formé, d'une hauteur estimée à une petite dizaine de mètres. Ce petit ouvrage se double d'une seconde motte, plus basse, que je n'ai pu approcher à cause de repousses d'acacias qui rendent le lieu difficile à visiter. Cette défense semble appartenir à un ensemble assez complexe qui mériterait une exploration plus poussée.

 

motte2

 

Cette motte présente la particularité d'avoir été saccagée à une époque récente, semble t-il pour accueillir un hangar agricole. Elle présente une profonde saignée aux bords bien parallèles qui dégage une profonde tranchée. Les différents vestiges au sol laissent penser que quelqu'un a creusé le tertre afin de profiter des trois parois de terre et recouvert le tout d'un toit de tuiles mécaniques. L'ouverture se fait vers l'est, qui est la meilleure orientation pour l'entrée d'une étable ou d'une écurie. Une seconde soustraction, de plus faible volume, a permis la construction d'un petit bâtiment aujourd'hui en ruine.

 

motte-remblais

 

Cette tranchée, qui mettra tôt ou tard la totalité de la butte en péril, présente tout de même un intérêt: observer de quoi est fait le substrat de la motte. Sans être géologue, on remarque tout de même trois composants: une terre qui ressemble à de l'argile, des cailloux usés (venus des bords du Cher ou des terrasses alluviales) et surtout, beaucoup de pierres cassées avec des angles vifs, comme s'il s'agissait de déchets de carrière ou même peut-être de matériaux concassés exprès, l'argile servant de mortier. Une telle technique, qui n'a rien d'improvisée, explique le bon état général de la motte, qui ne s'est pas affaissée comme d'autres dans le même secteur, faites avec des remblais plus légers.

 

motte3

 

Comme c'est assez souvent le cas, je n'ai trouvé dans la documentation aucune famille féodale associée à cet ensemble défensif, soit qu'il ait été la propriété d'un si petit seigneur que l'histoire l'a oublié, soit que son légitime possesseur n'était pas un homme du cru, ayant juste confié le donjon à un officier seigneurial, transparent dans les actes du XIe au XIVe.


* Ce blog, ainsi que mon autre espace "Berry médiéval" attirent, si j'en crois les statistiques, un nombre soutenu de lecteurs détectoristes chercheurs de trésors. En solidarité avec mes collègues et amis archéologues amateurs et professionnels, j'ai décidé de brouiller les cartes et de cacher les noms et les lieux des sites archéologiques sensibles que je publie dans mes billets. Mes lecteurs prospecteurs honnêtes (et il y en a) comprendront cette prudence. Inutile donc, de m'écrire pour me demander des renseignements sur cet endroit...

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 19:21

Drevant-puits

 

Les vieilles cartes postales restent une source presque inépuisable d'informations historiques. Sur celle-ci, qui reproduit une photographie prise au moment du déblaiement de l'intérieur de l'amphithéâtre gallo-romain de Drevant, dans le Cher, est visible un élément qui n'a de valeur que lorsqu'on connaît le passé médiéval de ce site exceptionnel. Au milieu de l'arène trônait encore, équipé d'une margelle traditionnelle, le puits de l'ancien château des seigneurs de Charenton.
On se souviendra que cette maison féodale originaire de Nivernais dominait ce secteur de la vallée du Cher du XIe au XIIIe siècle. Profitant de l'élévation des murs antiques, les Charenton bâtirent au centre de l'édifice un donjon de section carrée, dont les fondations furent relevées, et impitoyablement éradiquées, au moment des travaux de mise en valeur de l'ensemble.
La nappe phréatique étant assez proche, les puisatiers médiévaux forèrent dans le grès un puits rendant autonome la forteresse en cas de siège, et, surtout, approvisionnant en eau avec un minimum d'efforts les résidents de cette place forte.

 

Drevant-ruines

 

Il reste, aujourd'hui, au niveau du sol primitif du théâtre, les vestiges de ce dispositif, dernier témoignage de l'époque médiévale en ce lieu.

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 09:40

Saint-Pardoux1

 

Est-ce une conséquence de la concentration des activités industrielles aux mains d'une poignée de grandes sociétés? Le Bourbonnais a vu s'éteindre une longue liste de petites entreprises productrices d'eaux minérales dont une évoque particulièrement la curiosité: l'eau de la fontaine Saint-Pardoux, entre Cérilly et Saint-Plaisir, dans l'Allier.
Cette eau présente des caractères très marqués qui la distingue du produit de la plupart des fontaines de la région. En la tirant, on récolte un liquide trouble, sentant fortement le soufre, et surtout chargé de bulles de gaz. Le goût est très typé et pas franchement agréable au palais, ce qui en fait une singularité géologique qui mérite d'être découverte. Il est aussi à noter que le secteur est connu pour avoir accueilli le chantier d'une multinationale chargée de l'extraction et du traitement de l'uranium, ce qui peut laisser supposer aussi quelques traces de radioactivité dans l'eau. Nous avons plusieurs fois rencontré sur place des personnes qui venaient remplir des casiers de bouteilles, dont une nous a confié que l'eau de Saint-Pardoux lui faisait un bien fou à l'estomac, et était le secret de sa longévité!
Ces vertus thérapeutiques ont été naguère confirmées par la Science. La source a été exploitée par une entreprise qui embouteillait sur place (il reste des locaux industriels à l'abandon) et commercialisait ses produits en pharmacie. On trouvait alors des réclames pour l'eau de Saint-Pardoux dans les officines de la région, et peut-être plus loin encore.
L'entreprise a t-elle été absorbée par un groupe concurrent? A t-elle fait faillite? La source a t-elle perdu son agrément du ministère de la Santé? Les gens croisés sur place ne s'en souvenaient pas clairement. Il demeure qu'on peut être piqué d'une pointe de nostalgie en voyant que des gens ont gagné leur vie ici, dans une région qui a plein de qualités, mais dont le dynamisme économique est plus bas qu'à l'époque de la Révolution industrielle, de ses mines et de ses forges.

 

Saint-Pardoux2

 

Sur place, à part cette friche industrielle qui ne présente aucun intérêt autre qu'anecdotique se trouve une joli petite fontaine de granit avec une pompe à bras qui permet de tirer de l'eau et, le cas échéant, de la goûter sur place.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 09:53

sceau1

 

A la fin des années 70, plusieurs campagnes de fouilles de sauvetage visèrent une nécropole médiévale et post-médiévale située devant le prieuré de Drevant. Les sépultures, à faible profondeur, étaient pour l'essentiel très dépouillées. Des épingles de linceul, quelques bijoux et monnaies et des perles de chapelet constituaient l'essentiel du mobilier funéraire.
Un objet exceptionnel fut néanmoins trouvé sur place: une jolie matrice de sceau en bronze, avec bélière de suspension, selon l'usage de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance.
Ce petit objet, bien restauré, fut identifié comme représentatif de la famille Bonnet. Selon là aussi l'usage du temps, des symboles simples illustraient les noms de famille: un cœur et une saint-Jacques pour Jacques Cœur, une tête barbue et un bar pour les Barbarin de Meslon, une effigie de pèlerin pour Pierre Pèlerin de Saint-Amand; trois têtes couvertes de bonnets sont gravées dans le blason du sceau de Drevant. A coté de l'écusson est reconnaissable un casque à cimier comme beaucoup d'armoiries en portent à l'époque, et qui indique la noblesse du titulaire du sceau.

 

sceau-3

 

Ces petites matrices ne sont pas exceptionnelles, mais demeurent rares et surtout terriblement exposées à la prédation des détectoristes (une petite masse de bronze est une des cibles les plus claires pour un détecteur de métaux). Ainsi, sur certains espaces spécialisés sur internet est-il possible d'en voir un certain nombre, souvent de belle qualité, mais privées de tout contexte archéologique. Cela n'implique pas d'ailleurs obligatoirement des pillages. On m'a signalé au moins un cas d'une matrice trouvée "à vue" en pleine ville, dans le Cher. Leur poids, le frottement du métal sur le lien qui les retenait favorisait les pertes. Ces objets étant de plus souvent identifiés à un individu, qui authentifiait ses écrits ou ses biens avec un petit cachet de cire. A sa mort, le sceau perdait toute valeur faciale, pour ne plus représenter qu'un lingot de bronze.

 

sceau-2

 

On admirera au passage la finesse du travail de l'artisan qui a gravé le négatif de cette matrice. Pour essayer de représenter l'image en positif, j'ai tenté par Photoshop une inversion d'image. Le résultat est plus artificiel que réaliste.

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 15:40

cheval-Charenton

C’est en fouillant dans les recoins les plus obscurs du disque dur de mon vieil et fidèle IMac, pour faire des copies de sauvegarde de tous les petits fichiers non essentiels mais néanmoins agréables à relire que j’ai retrouvé cette perle. Elle date de l’achat de mon premier APN il y a neuf ans. L’appareil sortait juste de sa boite, je ne maîtrisais encore ni les réglages ni la photographie sans viseur et je ne pensais pas l’essayer si vite lorsque que se présenta une opportunité unique. Je roulais sur la petite route de Coust à Charenton lorsqu’il me sembla voir un cheval courir sur la chaussée. Arrivé à hauteur de l’équipage, j’eus le bonheur de réussir à prendre à travers le pare-brise ce cliché qui donne une bonne idée de ce que les gendarmes, en vigie juste devant le cimetière de Charenton, ont vu arriver sur eux: un couple de personnes âgées, madame au volant et monsieur assis sur le siège arrière, changeant leur cheval de champ. L’animal, licolé et tenu à la longe par son propriétaire, suivait la voiture au galop, pas plus perturbé que s’il avait couru dans son pré.
J’ai vu déplacer des animaux de façon excentrique: deux chevaux de selle tenus à la bride par un seul homme au milieu d’un rond point autour duquel tournaient des semi-remorques à l’entrée de Saint-Amand-Montrond, deux petits ânes tassés à l’arrière d’un break en route pour la foire de Poulaines, dans l’Indre, une ânesse venue à la saillie chez  moi, dont la propriétaire était assise sur une botte de paille dans le van à lui tapoter le museau pour la rassurer, et ça depuis la région de Guéret, dans la Creuse. Ces beaux exploits n’égalent pas la performance de ce couple d’éleveurs.
J’imagine sans peine la surprise des gendarmes lorsque la voiture arriva à leur hauteur...

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 11:13

pétition

 

Les archives de Montluçon conservent quelques pièces très intéressantes relatives à l’organisation de la prostitution dans cette ville entre 1856 et 1947. Continuant à étoffer ma conférence sur les maisons closes de la région, j’y ai trouvé une pétition non datée mais qui fait explicitement référence à l’aménagement des quais du Cher dans la seconde moitié du XIXe siècle. Rédigée d’une belle écriture sans aucune faute, elle porte la parole des habitants du quartier de la rue de la Treille mobilisés contre un projet de construction de maison de tolérance. En l’absence d’autres références dans le dossier, il est difficile de savoir de quelle maison il est fait état dans ce document. Cette lettre, au registre de langage très masculin (on ne cite qu'une fois les mères de famille), recueille toutefois la signature de plusieurs femmes, dont une certaine Claire Petit, ou encore la veuve Colas.
Je vous laisse apprécier la qualité des arguments produits par les signataires pour convaincre le maire de Montluçon d’amender son projet.

Monsieur le Maire,
Les soussignés habitant les quartiers du faubourg St Pierre, les quais du Cher etc ont l’honneur de vous exposer les faits suivants.
Par suite des nombreux et importants travaux que la municipalité républicaine a créés, une partie de la ville de Montluçon va être transformée: un vaste lycée en construction permettra bientôt de recevoir un grand nombre d’enfants. Près de ce bel établissement, l’endiguement du Cher nous donnera prochainement une place et une promenade magnifique que nous envieront les cités voisines.
La promenade qui ferait les délices de la ville, que tous les pères de famille aimeraient à fréquenter avec leurs enfants, semble cependant être menacée d’un voisinage immoral. D’après des bruits répandus, bruits fondés, une importante maison de prostituées va s’élever sur le quai du Cher et sera un des ornements (mais un ornement malsain) de la belle promenade qui devrait être le rendez-vous non seulement des pères et des mères mais aussi de cette jeunesse innocente qui y serait conduite pour s’y livrer à des jeux de toute sorte, capables de développer ses facultés physiques. A la vue de l’établissement des prostituées, qui fera saillie sur l’avenue, cette jeunesse si impressionnable,  ne sera pas sans nous demander nombreuses explications sur sa destination. Qu’auront à répondre les parents?
Nous venons donc, nous pères de famille, vous prier, Monsieur le Maire, de vouloir bien nous éviter d’être contraints de répondre à nos enfants à de pareilles questions; nous demandons que la maison qui doit se construire ne soit pas destinée à recevoir des femmes prostituées. Du reste, la loi nous parait être pour nous. Ces sortes d’établissements ne doivent pas se trouver à proximité d’édifices publics; or, la chapelle du lycée et l’école se trouveront à une distance moindre que celle qu’exige la loi des maisons de tolérance.
Le quartier qui a le triste privilège de posséder ces établissements se développerait sans cette malheureuse circonstance; aussi venons nous vous demander que toutes les maisons de tolérance, aussi bien dans l’intérêt de la morale que celui des habitants, soient reléguées dans une partie de la ville où les intérêts de tous soient moins compromis. Nous espérons, Monsieur le maire, que vous voudrez bien prendre notre demande en considération en nous donnant toute satisfaction.
Dans cet espoir, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments dévoués.
Archives municipales de Montluçon, I.1-4

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 08:25

Peufeilhoux-

 

Il est difficile de placer le château de Peufeilhoux dans une chronologie historique cohérente en l’absence de sources médiévales le concernant. La confusion des styles architecturaux, apparente au premier regard, complique encore l’évaluation du site. S’il paraît difficile de soutenir la thèse d’une fonction militaire antérieure à la Guerre de 100 ans (le château est très à l’écart des voies de communications antiques et médiévales, donc ne pouvait avoir que très peu d’intérêt stratégique), des indices, dont l’authenticité mériterait d’être confirmée, permettent de supposer que la place fut aménagée à la Renaissance pour profiter de la belle situation du plateau, dominant la vallée du Cher et orientée vers les monts d’Auvergne.

 

Peufeilhoux1

 

C’est ainsi que parmi les fenêtres néo-gothiques ont été insérés plusieurs médaillons de verre peint de style Renaissance, qui auraient été trouvés sur place, lors de la reconstruction du logis après de graves désordres de structure liées à la vétusté et au manque d’entretien.

 

Peufeilhoux2

 

Le conditionnel est de mise car, comme l’explique bien l’actuel propriétaire, qui a ouvert pour la première fois Peufeilhoux au grand public pour les journées du Patrimoine 2013, l’un de ses prédécesseurs a acheté des verrières authentiques provenant de l’église de Moulins, et les a fait poser sur plusieurs ouvertures du rez-de-chaussée, en particulier dans la chapelle. Cette donnée complique l’authentification des petits médaillons illustrés comme étant bien originaires de l’endroit.

Peufeilhoux4

 

Peufeilhoux reste un endroit à étudier dans le détail, pour séparer les différentes versions qui circulent sur l’histoire de cette résidence. Existe t-il un lien entre la motte castrale des Ris, visible au bord de la grande route, et authentifiée par mon collègue Michel Guillemain? Contient-il vraiment les pierres de l’ancien château d’Epineuil-le-Fleuriel, ce qui compliquerait encore sa lecture? Est-il complètement isolé sur son puy, ou peut-on discerner des traces d’habitat ou d’aménagements fonctionnels agricoles?

 

Peufeilhoux3

 

En attendant d’éventuelles découvertes à venir, les propriétaires ont promis de prolonger l’expérience des journées du Patrimoine en 2014, occasion à ne pas manquer pour aller se faire soit même sa propre opinion sur cet endroit curieux.

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 09:35

concombres

 

J’ai l’honneur de vous présenter trois produits de mon potager, que vous ne trouverez jamais dans une grande surface. La raison? Ils sont illégaux.
M’embastillera t-on un jour pour cela?
Ça m’étonnerais, mais, de par la Loi européenne, je cultive des espèces non conformes au très officiel catalogue européen des semences, que Bruxelles, inspiré par les conseils avisés des grands semenciers internationaux, a rédigé, pour empêcher que prolifèrent dans nos jardins ces légumes économiquement dangereux.
Que leur reproche t-on, pour leur faire porter le carcan de la prohibition?
Ils ont du goût, ils se conservent bien, ils sont sobres et rustiques (peu d’eau, aucun produit chimique), ils sont vivants (leurs graines peuvent être semées), bref, rien à voir avec leurs tristes et fades copies qu’on trouve sur les étals des grandes surfaces.
D’où sortent-ils?
Certains sont cultivés par des communautés aborigènes depuis des milliers d’années, comme le prouve l’archéologie. D’autres étaient des petits légumes de proximité, comme ce cornichon blanc crème qu’on retrouvait sur les tables de tous les bistrots parisiens. Ils ont voyagé dans les cales des explorateurs portugais de la Renaissance, ont été protégés par des agronomes visionnaires, ou ont tout simplement été donnés entre deux verres de blanc-limonade, à la terrasse d’un café d’un quartier maraîcher. Rien, mais rien à voir avec ces hybrides de chanvre ou ces pavots à opium qui alimentent les trafics, mais pénalement, ils ont presque le même statut.
Je ne connaissais pas bien la question jusqu’à ma première rencontre avec les militants de l’association Kokopelli, honnie, diffamée et traînée en justice par un grand semencier à qui je ne ferai pas l’honneur d’un seul mot de publicité en citant son nom, mais toujours debout. Ces militants ne sont pas dans la communication ampoulée et gentiment consensuelle: ils défendent leurs principes sans concession, et offrent à des petits bricoleurs de jardin comme moi l’opportunité de semer des plantes qui tiennent autant de la curiosité végétale que de l’aubaine pour cuisiniers.
Que ce billet soit une invitation à découvrir leurs valeurs et leurs semences.

 

la boutique Kokopelli

 

Au fait, il s’agit de concombres, sur la photo...

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 09:14

Coust-os1

 

Toutes les communes rurales ont leurs contraintes. A Coust, la priorité a été mise sur l’enfouissement du réseau électrique et le raccordement des foyers du bourg à un système de collecte et d’épuration des eaux usées. Les travaux ont eu lieu au printemps et au début de l’été 2013, et ont affecté une zone archéologique sensible: la place de l’église.
Dans nos régions, les alentours des églises sont traditionnellement des lieux de sépulture. Avant d’être conduits vers des cimetières périphériques non confessionnels, les défunts étaient enterrés, depuis le haut Moyen-âge, au plus près des lieux de culte. Coust ne fait pas exception à la règle.
Je m’étais promis de veiller au grain en cas de menace sur la zone. Plusieurs fois, je me suis déplacé pour jeter un œil aux tranchées dans le village, sans jamais observer quoi que ce soit de nature à appeler les services archéologiques à l’aide. Le secteur de l’église ne semblait pas prêt à être en travaux, puis est arrivé le mois de juin et ses contraintes: période de conseils de classe, d’examens et de tâches administratives auxquelles il n’était pas question de me soustraire, des foins qui ont traîné en longueur à cause de la météo, une grosse conférence à préparer...j’avoue avoir mis la question des travaux de Coust en queue de mes priorités du moment.

 

Coust-os2

 

Le hasard a fait que la pelleteuse a attaqué le secteur sensible juste à ce moment et que personne, ni parmi les villageois ni parmi les personnels de l’entreprise de terrassement, ne semble avoir remarqué que le godet de la pelle mécanique dévastait des tombes. Je l’ignorais moi-même jusqu’à ce que j’aille visiter le chantier où sont stockés les déblais des travaux. Le constat est sans appel: plusieurs tas de terre contiennent une abondance d’ossements humains qui prouve la destruction d’un nombre indéterminé de sépultures.
Je n’ai pas les moyens de proposer autre chose que des observations, en particulier une datation du niveau bouleversé. En surface comme en profondeur (j’ai ratissé la terre sur une dizaine de centimètres), on ne trouve ni céramique, ni perle de chapelet, ni morceaux de sarcophages, juste des os brisés noyés dans un grand volume de terre.

 

Coust-os3

 

Que conclure? Il est certain que si la pelleteuse avait remonté des stèles gallo-romaines, des boucles mérovingiennes ou des bouteilles à eau bénite par dizaines, il y aurait eu de quoi pousser des hurlements. De plus, toute l’aire funéraire n’a pas été dévastée. Il reste, sous le goudron de la place de l’église, sans doute des dizaines de tombes intactes. Il est juste dommage que personne n’ai eu le réflexe, ou tout simplement envie, de passer un coup de fil à la DRAC pour avoir l’avis d’un archéologue professionnel avant d’engager des travaux programmés de si longue date.

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