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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:46

abattoir1
Voici un petit bâtiment qu’on remarque à peine sur le bord de la départementale qui conduit du village d’Ainay-le-Vieil au bourg de La Perche, mais qui a eu une certaine importance pour l’économie locale avant son abandon à une date qu’il ne m’a pas été pour l’instant possible de préciser.

Comme de nombreux villages, Ainay avait autrefois son propre abattoir, avant que l’exode rural, la multiplication du nombre des automobiles et l’arrivée des supermarchés en ville, n’asphyxient les petits commerces de proximité. Dans les années soixante, en plus de sa boucherie, Ainay disposait de plusieurs cafés, d’un hôtel, d’une épicerie, de plusieurs forgerons-maréchaux-ferrands, d’une boulangerie, d’une poste, d’une gare, et d’un curé. Les derniers commerces, bien après que la gare ait été fermée, le curé remercié, et les forgerons partis en retraite, ont fermé les uns après les autres. La boucherie-charcuterie, dont les normes sanitaires auraient plongé dans l’ hébétude plus d’un fonctionnaire européen, mais dont le boudin était suffisamment réputé pour que des gens de Saint-Amand (à environ 10 kms) fassent le détour exprès pour en acheter quelques dizaines de centimètres, a été un des premiers commerces à mettre la clé sous la porte. Avec elle fermait l’abattoir, avec sa pièce de découpe et sa petite étable prévue pour trois bêtes seulement, bâti près d’un ruisseau pour l’écoulement du sang et des déchets organiques. Un établissement identique et tout aussi anonyme est encore visible à Orval, près de Saint-Amand-Montrond, entre la route de Lignières et le Cher. Je suppose, sans avoir vraiment creusé la question, qu’il en existait de semblables dans toutes les bourgades dotées de commerces de proximité.

Les derniers à plier bagage ont été l’épicier, qui vendait encore en 1978 des cartes postales du canal fermé dans les années cinquante, l’hôtel restaurant, qui faisait aussi bar, et le boulanger, vaincu par le manque de clientèle.

Ne restent plus ouvertes que l’agence postale, qui succombera le jour où les actionnaires de la future SARL la Poste-point-quelque chose auront décidé de préférer leurs dividendes à la vente de timbres et de recommandés en secteur rural, et la boutique de cartes postales à l’entrée du château.
abattoir2 

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 21:45

molettes
Voici une curiosité locale qui mérite une étude particulière tant elle implique de savoir-faire techniques pour les populations préhistoriques qui l’ont conçue.

Alerté par une première découverte à la fin des années 70 dans les granulats extraits de l’ancienne sablière de la Roche, en aval de Drevant, j’ai eu depuis l’occasion de recenser et de publier plusieurs objets lithiques présentant des points communs remarquables dont voici le détail.

3-molettes-copie-1.jpg 

Le premier objet recensé se présente sous la forme d’une sphère parfaite taillée dans un bloc de granit. Sa surface usée montre encore des traces de bouchardage. Son diamètre est de 88 mm. Trouvé au même endroit, un second sphéroïde, taillé dans la même matière et mesurant le même diamètre, présente la particularité d’être amputé d’environ un tiers de sa masse. Toujours dans la même sablière, un ouvrier avait récolté trois sphères de granit d’un diamètre légèrement inférieur, que j’ai pu photographier il y a une quinzaine d’années.

Toujours sur le Cher, entre la Perche et Urçay fut trouvé un objet ovoïde en granit, fortement marqué par des traces de boucharde, dont le diamètre extrême est mesuré à 88 mm.

Près de Saint-Christophe-le-Chaudry, un agriculteur m’a confié pour étude un sphéroïde régulier de 88 mm de diamètre, en quartzite locale, sur lequel est visible l’empreinte d’un bouchardage violent atténué par un travail plus fin, un bloc de quartzite informe mais ayant servi de percuteur, et une lame de hache polie en roche verte auvergnate ou bretonne. 

Plusieurs points communs se distinguent. L’extraordinaire régularité des cotes relevées sur quatre objets montrent que leurs concepteurs disposaient au minimum d’un calibre, à défaut d’une unité de mesure. Les roches employées sont celles que l’on trouve à l’état naturel sur les lieux de découvertes, granits roulés par la rivière dans le lit du Cher et quartzite près de Culan. Le mode opératoire commun est le bouchardage, technique développée dès le néolithique pour le façonnage des lames de haches avant leur polissage et c’est bien au néolithique qu’on pense lorsqu’on évoque ces sphéroïdes. Dans plusieurs régions françaises, des sphères de pierre dure ont été retrouvées sur des gisements datant de la fin de la Préhistoire (en Bourgogne et Bretagne notamment). Dans la vallée du Cher, la plus grosse concentration a été observée près du Camp de César, site néolithique majeur. A Saint-Christophe, la hache trouvée à proximité d’une sphère est un indice intéressant à défaut d’une preuve.
molette-Marigny 

Observant la forme et la matière, nous avons émis l’hypothèse que ces sphères étaient une déclinaison particulièrement soignée d’un outil encore employée par certaines sociétés rurales des pays en voie de développement, à savoir le broyeur à grain, dit aussi molette. Disposant des céréales sèches sur une pierre plate ou légèrement concave, on brise et écrase les grains par friction pour produire des petites quantités de farine. Dans le cas qui nous intéresse, les sphères tiennent bien dans la main, tout comme la pièce ovoïde, et une simple rotation du poignet permet d’écraser très facilement des graines et des céréales, ce qui va beaucoup plus vite qu’avec un broyeur ordinaire. La choix de roches dures limite la présence de déchets minéraux dans la farine ainsi produite.

Une expérience amusante a pu être menée après la découverte dans le lit du Cher, en aval d’Orval (18), d’une grosse meule dormante néolithique aujourd’hui déposée au musée Saint-Vic de Saint-amand-Montrond. Employant une des sphères retrouvée à Marigny, il a été possible, dans une démonstration en public, de broyer une grande quantité de blé sans effort dans la cuvette de la meule. 

Le lecteur aura noté que la possibilité qu’il s’agisse bien d’un outillage de la fin de la préhistoire implique que ceux qui l’ont produit avaient une technique pour mesurer précisément le diamètre de leurs outils, ce qui peut se concevoir à partir d’un simple demi-cercle découpée dans une planchette quelconque, comme certains gabarits de tailleurs de pierre plus modernes. Ce calibrage d’outil ne serait pas une première pour cette époque. De très nombreuses “livres de beurre” pressigniennes trouvées sur les anciens ateliers de taille de silex proches la vallée de la Creuse sont de longueur identique, comme si certains artisans d’alors avaient voulu rationaliser leur production de grandes lames, dont nous trouvons quelques traces dans le sud du Cher.

Sachant, par expérience, que peu de préhistoriens se sont penchés sur ces sphéroïdes et que cet outil est mal connu, j’invite les lecteurs de cet article à la vigilance lors de leurs promenades ou parties de pêche: il reste encore certainement beaucoup de sphéroïdes à découvrir.
meule-et-molette 

 

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 11:08

boulets
Pour conclure les précédentes observations sur la petite artillerie protégeant les forteresses rurales du Berry du sud, voici quelques indications sur l’artillerie employée lors du siège du château de Montrond, dans le centre de Saint-Amand, dans le Cher.

Propriété du prince de Condé, la vieille forteresse médiévale de Montrond n’était plus en mesure de soutenir un siège. Les progrès de l’artillerie exposaient ses hautes murailles à une destruction inévitable en cas de bombardement. Le prince de Condé, soucieux de préserver les qualités militaires de cette place-forte, la fit doubler d’un énorme dispositif de fossés et de bastions extérieurs selon un modèle qualifié de pré-Vauban, afin d’éloigner une canonnade adverse le plus loin possible des murs de la forteresse. Le prince dota le nouveau dispositif fortifié d’une artillerie de siège capable de répondre aux coups d’un agresseur.

L’ingéniosité du dispositif défensif couplé à la bonne organisation de la garnison permit à Montrond de tenir un siège de onze mois en 1751/1752. Démantelée après sa rédition, la forteresse de Montrond perdit définitivement toute valeur stratégique, avant d’être presque effacée du paysage après avoir été transformée en carrière de pierre. Lors des travaux il y a plus de  trente ans furent trouvés un certains nombre de boulets de canon de trois modèles différents*.

Les plus abondants, dispersés dans les parties profondes du château et dans les remblais proches, étaient les plus lourds. D’un diamètre de 14,5 cms pour un poids de 12,3 kg, ils sont nettement plus gros que les deux autres modèles, plus rares:

-modèle “moyen”: diamètre 9 cms pour 2,8 kg;

-”petit” modèle: diamètre 5,5 cms pour 600 g.

Ces dimensions étaient une valeur moyenne prise sur plusieurs échantillons, après martelage pour éliminer la rouille et les inclusions de terre.

Je n’ai par contre conservé aucune note sur la présence de boulets de couleuvrine. La seule preuve dont j’ai conservé la trace est l’impact d’une grosse balle relevé sur un casque de type bourguignotte trouvé, au milieu d’un tapis de gros boulets, dans le fond de la citerne au pied du donjon. Ce casque est conservé au musée de Saint-Amand.

On peut émettre l’hypothèse que les plus gros boulets étaient destinés aux canons du prince de Condé. Leur diamètre correspond à des lourdes pièces d’artillerie. Leur abondance montre qu’ils n’ont pas été récupérés par les troupes royales après la chute de Montrond. On ignore ce que sont devenus les canons condéens, détruits sur place ou saisis par les vainqueurs.

D’un modèle plus léger et plus faciles à transporter, les deux autres munitions peuvent avoir été destinées à l’artillerie de campagne des troupes de Mazarin. Leur rareté s’explique peut-être par l’éloignement de la canonnade des murs de la forteresse grâce aux bastions extérieurs, peu de boulets ayant réussi à arriver jusqu’aux murs condéens.

Une observation inédite à ma connaissance. Lors du déblaiement d’un couloir proche de la tour dite ‘d’Orval” furent trouvés de nombreux fragments de soufre et de charbon de bois, indice de la présence sur place d’une armurerie disposant des ingrédients pour confectionner de la poudre à canon ou à mousquet, beaucoup moins dangereux à stocker que l’explosif lui-même.

 


*Ayant depuis 1982 rompu tout contact avec l’organisation qui gère le site, mes informations peuvent ignorer des découvertes plus récentes.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:43

fontaine1
L’article consacré au petit boulet de  couleuvrine trouvé dans un parterre de fleur étant un des plus lus de ce blog, j’ai cherché à établir une comparaison entre cette munition et une ancienne bouche à feu scellée dans la maçonnerie de la fontaine Saint-Martin, à Saint-Amand-Montrond.

Rappelons que cette source fut pendant quelques années le départ d’une conduite amenant, par gravité, l’eau de cette résurgence jusqu’à une fontaine publique située en centre-ville. Ce dispositif fut abandonné quand les châteaux-d’eau prirent le relais de la distribution en eau potable, ce qui n’empêcha pas les saint-amandois de continuer à venir s’approvisionner pendant des décennies directement à la fontaine, jusqu’à ce qu’une pollution due aux rejets d’eaux usées des nouvelles habitations du quartier ne ruine la notoriété de la source.

La fontaine Saint-Martin est  composée d’un captage voûté souterrain dont l’eau s’écoule par le canon d’une ancienne couleuvrine saisie par les révolutionnaires saint-amandois au château de Bannegon lors des événements qui suivirent la prise de la Bastille. Une deuxième pièce d’artillerie subit le même sort. Arrivés à Saint-Amand, les émeutiers s’empressèrent d’essayer leur prise. Probablement trop chargée de poudre, la culasse du petit canon leur explosa à la figure. Prudents, les révolutionnaires jugèrent qu’il était inutile de poursuivre leurs expériences d’artilleurs, et laissèrent tranquille la deuxième pièce, qu’on peut encore admirer au musée Saint-Vic de Saint-Amand. Le canon de bronze de la couleuvrine endommagée fut scié pour être devenir, sans jeu de mots, canon de la fontaine Saint-Martin.

fontaine2    

Il a donc été très facile d’en prendre la mesure, soit 4,7 cms, ce qui est très légèrement supérieur au diamètre du boulet trouvé à Meslon. La preuve est faite qu’une petite bouche à feu existait bien dans cette enceinte et d’un modèle identique aux pièces d’artillerie du château de Bannegon. 
fontaine3    

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 20:16

castors-Cortel

C’est dans des circonstances compliquées par la montée des eaux de la rivière que j’ai été constater que les castors de Drevant, auxquels un article avait été consacré sur ce blog il y a quelques mois, poursuivaient leur reconquête du Cher.

Observée pour la première fois sur le site des anciennes sablières de Vougon où, selon les agents de l’ONC, une colonie se seraient fixée, la présence des castors avait été repérée plus haut en amont, entre les ponts de Drevant et de la Tranchasse.

La limite du pont-canal avait dû déjà être dépassée par quelques individus car on remarquait depuis deux ans, sur les berges, de rares tiges de saules coupées par les rongeurs. C’est une nouvelle étape qui a été franchie cet automne lorsque que des traces de plus en plus nombreuses ont montré que les animaux s’étaient déplacés sur un autre site d’anciennes gravières, au lieu-dit “Cortel”, sur les communes de Coust et d’Ainay-le-Vieil. Comme à Vougon et à Drevant, des troncs saules de plus de 15 cms de diamètre sont taillés en pointe de crayon, les écorces sont rongées et les branches secondaires sont sectionnées et déplacées, ce qui peut indiquer la présence d’un habitat proche.

Rappelons que le retour du castor ne doit rien au hasard. Les rives de la rivières sont abandonnées par endroits depuis des années, et beaucoup de propriétaires n’entretiennent plus leurs parcelles. Le résultat est une prolifération d’une ripisylve dont les espèces ligneuses à croissance rapide servent de garde-manger pour les castors. 

Si notre population poursuit sa progression vers le sud à ce rythme, on peut estimer qu’elle pourrait atteindre les anciennes sablières de Nassigny, dans l’Allier, d’ici une quinzaine d’années. Des hectares et des hectares de bras morts et de végétation sauvage pourraient fournir un habitat idéal pour ces mammifères.

Lors de la brève sortie de cet après-midi, ce ne sont pas des castors, mais des cygnes (sauvages?) qui évoluaient sur la rivière et que j’ai à peine eu le temps de prendre en photo avant qu’ils ne s’éloignent.
cygnes-Cher 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 09:50

poids 1

Au cours de mes promenades au bord du Cher, mon attention a été attiré à deux reprises, sur les plages différentes des alentours de Drevant par des objets singuliers façonnés par la main de l’Homme.

Il s’agit de deux morceaux de calcaire dit de la Celle, absent de la géologie de la vallée dans ce secteur, dont une dallette présentant des traces nettes de fracture. Les deux pièces sont sensiblement de la même taille et sont percées par une action mécanique qui prouve encore leur nature artificielle.

L’imprécision du contexte de découverte -alluvions de surface- exclut toute précision dans la datation, qui peut couvrir toute la période historique. La destination de  ces deux poids est aussi incertaine, mais la proposition d’un usage halieutique semble le plus probable. Qu’elle soit permise ou clandestine, la pêche au filet dans la rivière remonte au moins à la période médiévale. Les archives du château d’Ainay-le-Vieil conserve un acte rapportant l’arrestation d’un braconnier au bord de la rivière près de Meslon (époque moderne).

Ces poids, de conception très simple, peuvent avoir servi à lester des filets dans les pêcheries, mais on ne peut exclure d’autres destinations, comme pour le rouissage du chanvre dans l’eau du Cher, par exemple, pour maintenir les tiges végétales au fond de l’eau.

poids 2 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 19:46


Les grandes crues des années 70 et 80, associées à un phénomène de surcreusement du lit du Cher engendré par l’action des sablières ont brassé beaucoup de sédiments  et ont longtemps favorisé la découverte de nombreux objets préhistoriques sur les plages et les grèves de la rivière. Ainsi ont été ramassés plusieurs bifaces impossibles à dater précisément mais classables dans l’outillage produit un peu partout dans nos régions au paléolithique inférieur.

On observe des densités d’outils plus fortes quand le Cher longe les escarpements de sa vallée, sans qu’on sache vraiment si ce phénomène est dû à une action mécanique de la rivière ou s’il s’agit de restes d’habitats permanents ou temporaires. En l’absence de fouilles, il est impossible d’évaluer convenablement la durée et l’importance de l’occupation humaine de ce secteur de la vallée.

La pièce présentée ici est assez caractéristique des productions locales. L’artisan s’est servi d’un galet de silex local, contenant assez peu de matière exploitable, réservée à la taille de la pointe du biface. Le talon, non coupant, est pris sur le noyau de silex fortement chargé en inclusions inutilisables. La taille n’est pas symétrique. Un bord de la pièce est façonné par de gros éclats, l’autre bord étant taillé de manière plus fine.

A ma connaissance, aucune pièce antérieure au moustérien ne semble avoir été produite sur des silex importés alors que plusieurs bifaces du paléolithique moyen ont été taillés dans du silex récolté dans la région de la Châtre, dans l’Indre.

J’invite, si l’occasion se présentait, les lecteurs qui pourraient avoir en leur possession des pierres taillées trouvées lors de promenades ou de parties de pêche sur la rivière à se mettre en contact avec le musée le plus proche (musée du Berry à Bourges, musée Saint-Vic à Saint-Amand ou musée Emile-Chénon de Châteaumeillant) pour faire établir une fiche de signalement de leurs découvertes, afin qu’une trace reste disponible pour renseigner d’éventuelles recherches ultérieures et aider archéologues et étudiants à affiner leurs conclusions.

Ceci est aussi valable pour des objets plus récents (monnaies, vases, statues, armes..) toujours intéressants à inventorier.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:31


Voici une pièce qui, même si elle n’a pas été trouvée à Meslon même, mérite d’être présentée ici car, à notre connaissance, son inventeur (qui n’était ni préhistorien ni archéologue) l’a découverte près du village d’Ainay-le-Vieil il y a plus d’une trentaine d’années. Ignorant complètement le lieu exact de la trouvaille, il n’est pas possible de préciser plus l’environnement de cet objet, isolé, ou ramassé sur le site d’un ancien habitat néolithique.

Cette belle lame de hache en silex mesure environ 18 cms pour une épaisseur maximale de 4 cms. Sa matière d’origine est inconnue dans le Berry du sud, et se rapproche plutôt des produits des gisements de silex du Blésois. Seul le talon porte encore des traces de taille du bloc de matière d’origine, toute la surface de l’objet étant polie par un travail très fin. On observe une particularité assez remarquable: cette lame de hache n’a manifestement jamais servi, comme plusieurs autres trouvées dans la région, taillées dans le même silex et présentant la même symétrie dans les proportions. 

Sans chercher à ouvrir un interminable débat sur la fonction des haches polies au néolithique, il semble tout de même que plusieurs découvertes locales laissent penser que certaines pierres avaient une autre finalité (monnaie? culte? objets ornementaux?) que le simple abattage d’arbres pour les habitants de la région à la fin de la période préhistorique.

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 09:54



Devant l’état désastreux des toitures au moment de l’achat de la maison, il s’est imposé comme une nécessité d’intervenir au plus vite pour au moins boucher les trous les plus menaçants pour la sauvegarde du plus vieux bâtiment de l’ensemble.

Une autre priorité, nous semblait-il, était de retrouver un état aussi homogène et neutre que possible conforme aux traditions régionales en remplaçant toutes les verrues modernes faites de tuiles industrielles par des petites tuiles de pays. Il est inutile ici de décrire les étapes de cette réfection enfin achevée.

La tentation était forte de compléter la restauration de ces grands toits par l’ajout d’épis de faîtage, bien que la maison n’en ait jamais compté un seul. A notre arrivée, le poinçon du toit était protégé par une simple mitre de zinc qui à défaut d’être esthétique avait au moins un pouvoir couvrant satisfaisant. Cette mitre fut remplacée par un pot à eau en terre des Archers, sans aucune valeur de collection après avoir perdu une de ses anses, que je retaillai à la meuleuse pour l’adapter au poinçon de chêne. Cette potiche servit maintes fois de perchoir aux oiseaux des environs, ce qui permit d’évaluer la taille d’un futur épis de faîtage et la commande fut passée auprès de Gilbert Delmotte, potier au hameau des Archers, seul artiste local capable grâce à son expérience en la matière de réaliser une pièce plus grande que la taille moyenne des épis traditionnels. Gilbert s’acquitta de la tâche avec sa maîtrise habituelle et tourna un bel épis à un coq et quatre poules symétriques, le coq et une poule étant destinés à être placés dans l’alignement de l’arrête du toit et ainsi orientés à l’ouest.

Pour ne pas surcharger la perspective générale, nous prîmes la décision de compléter cet ajout par un second épis de forme plus simple à l’opposé du toit. Afin de respecter une ancienne coutume, est placé dans le corps de l’épis principal une petite boite hermétique dans laquelle, sur un petit morceau de Canson, sont notés à l’encre de Chine la date de pose et les noms du potier, du couvreur et du commanditaire.

Je profite de ces lignes pour signaler l’existence d’un épis de faîtage, authentique celui-là, sur un toit du village d’Urçay, à quatre ou cinq kilomètres de Meslon, qui est à ma connaissance un des plus éloignés des lieux de production du siècle dernier.

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 07:26



Voici une curiosité dont je n'aurai pas la cuistrerie de m'attribuer la paternité, la bonne fortune de la découverte revenant à ma fille lors de sa première sortie archéologique dans un champ proche de Meslon, sur l'emplacement d'une grande villa gallo-romaine. Juste après les semis d'automne, le sol y est si bien lavé par la pluie qu'on y trouve sans peiner de nombreux tessons de céramique commune et parfois, quelques fragments de sigillée. C'était l'objectif visé par cette sortie qui a répondu à nos attentes car, après à peine quelques mètres dans la parcelle, ma fille a trouvé ce fragment de fond d'assiette portant, incomplet mais bien présent, le cachet du potier auteur de ce plat à l'époque antique. Incapable d'identifier avec la maigre littérature régionale sur le sujet l'origine de l'objet, j'ai contacté l'équipe de recherche du Centre archéologique de Lezoux, dans le puy-de-Dôme, qui a bien voulu, et je tiens à remercier publiquement Philippe Bet  pour sa recherche et sa réponse, me renvoyer le message suivant:

 

"(...)  Après comparaison , votre marque SAT(T?) ne correspond pas à une graphie connue à Lezoux. Cependant le potier SATTVS est connu sur deux autres graphies SATT.OM (S rétro et un A sans barre) sur Drag.33 et SATTIMA ( MA ligaturés) sur Walters 79 ou 80 de la seconde moitié du IIe s. (?).

Un potier homonyme serait connu pour Gueugnon, Chémery, Mittelbronn, Pont-des-Rèmes et Millau. Oswald le cite pour Blickweiler et Pont-des-Rèmes.

L'examen macro de la pâte de votre assiette devrait toutefois permettre de déterminer s'il s'agit d'une production du centre ou de l'est. (...)

 

J'ajoute à la photographie du cachet deux autres tessons décorés trouvés dans la même parcelle au cours de plusieurs prospections, illustrations supplémentaires de la qualité des vaisselles importées dans la région par les gallo-romains aisés. 
 


Il est utile de préciser que cette villa a été signalée pour inventaire aux services archéologiques de la DRAC d'Orléans et que sa localisation est confidentielle pour limiter les risques de pillage du gisement. 

 
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