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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 09:46

clocher-Carmes

 

Entre autres curiosités visibles dans les salles du musée municipal de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, se trouve une représentation assez fidèle de la ville de Saint-Amand vue d’une des hauteurs qui dominent la cité. Ce dessin, non daté, est postérieur à la période de la Fronde, qui vit les troupes royales assiéger puis réduire la forteresse de Montrond fidèle aux intérêts du Grand Condé. Le château, bien visible, est déjà partiellement en ruine, ce qui laisse supposer que l’œuvre date du XVIIIe siècle.
En regardant de près ce tableau, on est surpris de constater qu’il existait un clocher environ au milieu du toit de a chapelle du couvent des Carmes, aujourd’hui siège de l’Hôtel de ville, alors que rien ne laisse plus supposer que cet aménagement ait pu exister.
J’ignore à quelle date la toiture d’ardoise des Carmes a été refaite et même si cette couverture était déjà montée avec ce matériau à l’origine plus qu’avec des tuiles de pays, mais c’est probablement à ce moment que ce clocher certainement assez léger -le dessin montre qu’il était ajouré à sa base, et qu’une simple charpente pouvait le soutenir sans risque de déformation - a été supprimé. Il serait intéressant de pouvoir visiter le clocheton de pierre, intact, qui domine la façade, pour savoir si la cloche qui s’y trouve y était à l’origine ou si on l’a placée là au moment de la suppression du clocher disparu. Dans ce cas, il serait possible d’envisager une autre destination au petit édifice de pierre, l’accueil d’un fanal nocturne, par exemple, comme on peut en observer dans plusieurs lieux de culte comme la prieurale de Saint-Menoux, dans l’Allier.

 

clocher-Carmes-2

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 18:23

casque-Montrond2

 

 

Exposée dans une vitrine de la salle dite "de Montrond" du musée de Saint-Amand-Montrond, cette belle bourguignote supposée dater de l'époque de la Fronde a une histoire peu connue qui remonte à la fin des années 70.
Notre équipe venait de découvrir une structure inattendue: au pied du donjon de l'ancien château s'ouvrait une fosse carrée habillée d'un appareillage soigné prévue pour recueillir les eaux de ruissellement de la cour intérieure (le château de Montrond, contrairement à une idée répandue, n'était pas alimenté en eau par des puits, mais par des citernes).

 

casque-Montrond-3

 

Après plusieurs semaines d'efforts, la fosse fut vidée de l'essentiel du remblai qui la remplissait. Le fond, comme c'était prévisible, était occupé par une couche archéologique d'une nature surprenante, sorte de limon gras qui signait soit un fond de latrine, soit un sédiment amené par les eaux de pluie. Au milieu des quelques objets perdus à l'époque se trouvaient plusieurs boulets de canon d'un fort calibre et une masse métallique de forme insolite qui s'est révélée être les restes d'un casque de fer pris dans une gangue de terre, qui fut extrait d'un bloc pour être mis à tremper dans un bain d'huile moteur pour ramollir les incrustations. Au bout de quelques jours de traitement, il apparut que ce casque était encore solide, et méritait une restauration par un laboratoire spécialisé. Malgré la perte de plusieurs éléments d'équipement, dont des fragments ferreux qui appartenaient peut-être à une visière et une jugulaire de fils de laiton ou cuivre tressés, trouvés dans le bloc initial mais disparus ensuite, c'est une belle bourguignote qui revint de restauration quelques mois plus tard. Une des curiosités de l'objet réside dans la présence d'une trace de perforation partielle, correspondant vraisemblablement à l'impact d'un petit boulet de couleuvrine, d'un modèle connu dans les fouilles du château. Loin d'imaginer le porteur du casque visé par un tir mortel adverse, nous supposâmes à l'époque que le couvre-chef avait servi de cible pour l'entraînement d'un tireur.

 

casque-Montrond-1

 

Cette pièce d'équipement est, à ma connaissance, la plus belle découverte du genre faite sur le site de l'ancienne citadelle de Montrond.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:07

limites-BerryBourbonnais

 

Débat plus passionné que passionnant auquel j’avais du faire face lors d’une de mes conférences: le Saint-amandois est-il en Berry ou en Bourbonnais?
Chaque camp, voire clan, avait ses arguments. Une mise au point objective a permis de mettre tout le monde d’accord. En voici le résumé.
Aujourd’hui, on a tendance à simplifier la géographie régionale en plaçant le Cher et l’Indre en Berry, et l’Allier en Bourbonnais.

 

Limites-Bourbonnais-1619

carte de 1619

De la période antique à la fin du Moyen-âge, le Bourbonnais n’a aucune existence concrète. La seule unité territoriale connue est le diocèse de Bourges, dont les limites débordent au sud sur l’Allier et la Creuse, et au nord sur le Loir-et-Cher. Les seigneurs de Bourbon avouent eux-mêmes être chevaliers du Berry. Il faut attendre la Guerre de 100 ans pour que l’ancienne seigneurie des Bourbons, connue depuis la fin du Xe siècle, acquière le titre de duché, se distinguant de des voisins du Berry, du Nivernais et d’Auvergne. Les limites septentrionales de ce duché se confondent plus ou moins avec le territoire de l’ancienne seigneurie de Charenton, alliée et vassale de Bourbon depuis probablement le XIIe siècle.
La région de Saint-Amand-Montrond est à partir de  cette époque clairement située en Bourbonnais. Culan, Lignières, Châteauneuf et Dun-le-Roi sont en Berry, mais Baugy, Raymond, Nérondes et la Guerche sont soumises aux droit et coutumes du duché de Bourbon. La division départementale produite par la Révolution n’a aucun sens en terme de partage des anciennes provinces.
La seigneurie de Meslon et sa voisine d’Ainay-le-Vieil peuvent donc être considérées, selon l’époque sur laquelle on se penche, comme du Berry ou du Bourbonnais.

 

Limites-Bourbonnais-1631

carte de 1631

Moins “typé” que le Berry gravitant autour de Bourges et Châteauroux, villes ayant une personnalité diocésaine, politique ou patrimoniale très forte, le Bourbonnais peut être plus difficile à cerner pour des lecteurs peu avertis et trompés par le destin royal suivi jusqu’à nos jours par la dernière famille ayant régné sur la province.
Les cartes qui illustrent ce billet proviennent du très beau site de la Bibliothèque nationale, Gallica.

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 19:19

Trudaine-1

 

L’organisation des communications dans la portion de vallée du Cher qui va de Montluçon à Saint-Amand-Montrond a connu quelques importantes évolutions depuis l’Antiquité.
Comme nous l’expliquions dans un précédent article consacré au site cultuel gallo-romain de Drevant, il existe de nombreux indices qui invitent à penser, contrairement à une idée trop facilement reçue, que la voie antique qui desservait la vallée du Cher était tracée sur la rive gauche de la rivière, évitant, comme dans d’autres sites comparables en Gaule, le complexe religieux formé par Drevant. Subissant un quelconque tabou institué par le clergé antérieur à l’invasion romaine, les routes évitaient en effet les sites consacrés aux cultes indigènes. Absentes sur la rive droite de la rivière, les fondations romaines et médiévales se rencontrent régulièrement le long d’un axe menant d’Allichamps, où la voie coupait le Cher, à Montluçon. La rive droite, sans être complètement déserte, parait nettement moins peuplée. Jusqu’au XVIe siècle, les principales foires, comme en témoigne le géographe Nicolas de Nicolaÿ, se tiennent sur la rive gauche du Cher.
Pourtant, Nicolaÿ signale à plusieurs reprise l’existence d’une route, ancêtre de la RN 144, passant par Urçay et Meaulnes, et conduisant de Saint-Amand à Montluçon. Cette voie, nommée “Grand chemin de Saint-Amand à Montluçon”, est bien représentée à la fin de l’Ancien Régime sur l’atlas Trudaine. Si son dessin est fidèle, elle passait à Meslon entre le château et l’étang alimentant le moulin, juste à l’emplacement de l’actuelle route nationale. Elle explique entre autre la présence d’un ancien relais de poste à Urçay, dit “Au lit on dort”, devenu comme partout “Au lion d’or”.

Trudaine2

Ce grand chemin, qui laisse de coté d’anciennes cités comme Ainay-le-Vieil, La Perche, Epineuil ou Vallon, témoigne de la nécessité de relier deux cités de la rive gauche du Cher en plein essor économique, Saint-amand et Montluçon, et de s’affranchir des péages sur le Cher qui compliquaient les communications et alourdissaient la fiscalité locale sur les marchandises.
Le XIXe siècle, avec la Restauration et le Second Empire, a plongé l’ancienne voie romaine dans un oubli presque complet, au point qu’on hésite aujourd’hui sur la situation de son tracé entre Orval et La Perche. Il est curieux de constater que l’autoroute A 71 recopie assez fidèlement le tracé de la première voie qui vit défiler les piétons, cavaliers et véhicules de l’Antiquité jusqu’aux guerre de religion.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 09:55

 

aigle1

L’affaire se passe en 1979. A l’époque, je faisais encore partie de l’équipe qui s’occupait du déblaiement, (un peu) de la fouille et de la consolidation des ruines du château de Montrond. Les chantiers se déroulaient pendant les vacances scolaires et le site était ouvert à tous vents toute l’année, libre aux gens du cru de venir s’y détendre à tout moment, seuls ou avec quelques bénévoles, sans rien avoir à demander à personne.

C’est ainsi qu’un samedi après-midi, seul sur le site et muni d’un pic et d’une pelle, je poursuivais le déblaiement d’un mur chemisant le pied du donjon de la forteresse. Le chantier de Pâques, quelques temps avant, avait déjà bien entamé ce secteur. Parmi les découvertes notables figurait une splendide tête de griffon, une des plus belles sculptures alors trouvées sur place, qui, une fois lavée et brossée, avait rejoint les vitrines du musée de Saint-Amand-Montrond. 

aigle3

Le remblais, composé de terre rapportée et de déchets de démolition du château, n’était pas à proprement parler une couche archéologique, mais pouvait contenir de très belles pierres de taille utiles pour les restaurations à venir. Les racines des arbres fouillaient profondément la zone et c’est en tentant d’en arracher un rideau qui gênait le front de fouille que je fis dégringoler tout un pan de remblais très meuble, découvrant du même coup, et le terme de stupéfaction est un euphémisme, la silhouette d’un oiseau acéphale aux ailes largement ouvertes, au fond de la tranchée.

Un peu pris au dépourvu, il faut bien l’avouer, par l’importance de la découverte, et incapable de mettre seul la pierre à l’abri, je courrais chercher l’aide de mon camarade J.C.L., alors employé au Musée Saint-Vic, qui téléphona à un journaliste qui vint sur l’heure photographier la bête et donna même un coup de main pour charger la pierre -une quatrième personne ayant proposé son aide entre temps- dans le coffre d’une camionnette. Nous descendîmes l’oiseau au musée pour le mettre en sécurité et surtout vérifier sur place l’idée qui avait germé en voyant la sculpture décapitée: la tête de griffon était-elle celle de notre volatile?

Je me souviens encore du silence respectueux et un peu tendu quand JCL, ayant ouvert la vitrine et rapporté la tête de griffon, l’essaya sur le cou de la statue encore dans la voiture et que pour la première fois depuis des dizaines d’années, l’aigle de Montrond put être vu dans sa totalité par quatre témoins assez émus par l’évènement qu’ils venaient de vivre.

Dans les mois qui suivirent, la tête et différents fragments fragilisés par l’action des racines furent recollés par un artisan local. L’aigle est depuis visible dans la salle d’exposition du musée Saint-Vic et demeure à ce jour la plus belle sculpture découverte dans les ruines de Montrond. Postérité improbable mais hélas ô combien bien réelle, Ie volatile a même été cloné en la figure d’un autre aigle, scellé dans le bassin du jardin du musée, qui pissotte un petit jet d’eau prostatique ravitaillant en oxygène appauvri les quelques poissons rouges de service, initiative d’une prétention sur laquelle je préfère taire mes sentiments.

Il reste que l’aigle de Montrond n’a pas livré tous ses secrets. Son emplacement d’origine nous est totalement inconnu. Placé au dessus d’une porte ou d’une cheminée, il a été déposé par les démolisseurs du XVIIIe ou XIXe siècle, qui ont certainement eu le projet de le revendre ou de le reposer quelque part dans Saint-Amand. Son emplacement -à l’extérieur du donjon, posé proprement sur le sol prêt à être emporté, prouve que les pillards ont changé d’avis et ont décidé de l’abandonner sur place.

S’agit-il, comme on l’affirme avec un certain orgueil, de l’”aigle de Condé”? Objectivement, un prince de sang royal comme le Grand Condé, propriétaire de Montrond jusqu’à la Fronde, se serait-il reconnu dans cette sculpture pataude, œuvre d’un sculpteur local, qui, pauvre homme, n’avait certainement jamais vu un aigle de sa vie? On peut penser que la statue, de facture récente, a dû être commandée, comme d’autres, à un atelier de tailleurs de pierre dont le style d’exécution, à défaut d’être académique, a le mérite de la sincérité. Je laisse au lecteur le soin de l’imaginer là où bon lui semblera, dans cette immense forteresse et résidence princière et l’invite à aller, ou retourner la voir, au musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond.

 

aigle2

 

The Montrond castle's eagle

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 12:19

barbarin1
Qu'on me permette de remercier publiquement un chercheur régional, m. Georges Magnier, animateur de l'association des Amis de la Tour et du Patrimoine de Sainte-Sévère-sur-Indre, pour sa clairvoyance et l'aide qu'il m'a apportée pour l'identification de cette pierre blasonnée trouvée il y a quelques années dans le ruisseau qui passe au pied de notre maison. Sur la partie gauche de l'écu était visible une tête barbue, évoquant sans ambiguité possible la famille Barbarin, propriétaire de Meslon pendant cinq siècles, mais celà n'identifiait ni le titulaire de ces armoiries ni la date de leur composition. C'est aujourd'hui chose faite grâce à la recherche de mon confrère de Sainte-Sévère, à qui j'emprunte, avec son accord, la démonstration suivante:

 

 "Il s'agit d'un écu parti (divisé en deux verticalement), portant en 1 (à gauche) les armoiries de la famille Barbarin (il s'agit d'armes parlantes, une tête d'homme barbu) et en 2 (à droite) les armoiries de la famille de la Ville ("d'argent à la bordure engrêlée de gueules"). Ces dernières armoiries figurent dans l'armorial de H. de Maransange, Dictionnaire des anciennes familles du Berry, t.II, p.214: la famille est attestée dans l'Indre, à Villebuxière, en 1539, et je la trouve aussi à Nouzerines, en Creuse, en 1519.     Or je vois dans le Nobiliaire du Berry de H. Desgranges, t.II, p.246, que Jean Barbarin, écuyer, seigneur de Meslon, a épousé en 1502 Marguerite de la Ville, laquelle était veuve en 1542. C'est donc dans la première moitié du XVIe siècle que cet écu a été réalisé pour le couple, ce qui correspond bien à son style."

barbarin2 


Voici encore une belle démonstration, pour ceux qui pourraient encore en douter, qu'internet est un espace d'échange et de recherche privilégié pour les historiens et archéologues.

Je ne saurais que trop vous recommander une visite sur le lien suivant, avant d'aller flâner dans les rues de Sainte-Sévère lorsque les beaux jours seront propices à la découvertes des vieilles pierres du Berry:

les amis de la Tour de Sainte-Sévère

barbarin3 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 11:08

boulets
Pour conclure les précédentes observations sur la petite artillerie protégeant les forteresses rurales du Berry du sud, voici quelques indications sur l’artillerie employée lors du siège du château de Montrond, dans le centre de Saint-Amand, dans le Cher.

Propriété du prince de Condé, la vieille forteresse médiévale de Montrond n’était plus en mesure de soutenir un siège. Les progrès de l’artillerie exposaient ses hautes murailles à une destruction inévitable en cas de bombardement. Le prince de Condé, soucieux de préserver les qualités militaires de cette place-forte, la fit doubler d’un énorme dispositif de fossés et de bastions extérieurs selon un modèle qualifié de pré-Vauban, afin d’éloigner une canonnade adverse le plus loin possible des murs de la forteresse. Le prince dota le nouveau dispositif fortifié d’une artillerie de siège capable de répondre aux coups d’un agresseur.

L’ingéniosité du dispositif défensif couplé à la bonne organisation de la garnison permit à Montrond de tenir un siège de onze mois en 1751/1752. Démantelée après sa rédition, la forteresse de Montrond perdit définitivement toute valeur stratégique, avant d’être presque effacée du paysage après avoir été transformée en carrière de pierre. Lors des travaux il y a plus de  trente ans furent trouvés un certains nombre de boulets de canon de trois modèles différents*.

Les plus abondants, dispersés dans les parties profondes du château et dans les remblais proches, étaient les plus lourds. D’un diamètre de 14,5 cms pour un poids de 12,3 kg, ils sont nettement plus gros que les deux autres modèles, plus rares:

-modèle “moyen”: diamètre 9 cms pour 2,8 kg;

-”petit” modèle: diamètre 5,5 cms pour 600 g.

Ces dimensions étaient une valeur moyenne prise sur plusieurs échantillons, après martelage pour éliminer la rouille et les inclusions de terre.

Je n’ai par contre conservé aucune note sur la présence de boulets de couleuvrine. La seule preuve dont j’ai conservé la trace est l’impact d’une grosse balle relevé sur un casque de type bourguignotte trouvé, au milieu d’un tapis de gros boulets, dans le fond de la citerne au pied du donjon. Ce casque est conservé au musée de Saint-Amand.

On peut émettre l’hypothèse que les plus gros boulets étaient destinés aux canons du prince de Condé. Leur diamètre correspond à des lourdes pièces d’artillerie. Leur abondance montre qu’ils n’ont pas été récupérés par les troupes royales après la chute de Montrond. On ignore ce que sont devenus les canons condéens, détruits sur place ou saisis par les vainqueurs.

D’un modèle plus léger et plus faciles à transporter, les deux autres munitions peuvent avoir été destinées à l’artillerie de campagne des troupes de Mazarin. Leur rareté s’explique peut-être par l’éloignement de la canonnade des murs de la forteresse grâce aux bastions extérieurs, peu de boulets ayant réussi à arriver jusqu’aux murs condéens.

Une observation inédite à ma connaissance. Lors du déblaiement d’un couloir proche de la tour dite ‘d’Orval” furent trouvés de nombreux fragments de soufre et de charbon de bois, indice de la présence sur place d’une armurerie disposant des ingrédients pour confectionner de la poudre à canon ou à mousquet, beaucoup moins dangereux à stocker que l’explosif lui-même.

 


*Ayant depuis 1982 rompu tout contact avec l’organisation qui gère le site, mes informations peuvent ignorer des découvertes plus récentes.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:43

fontaine1
L’article consacré au petit boulet de  couleuvrine trouvé dans un parterre de fleur étant un des plus lus de ce blog, j’ai cherché à établir une comparaison entre cette munition et une ancienne bouche à feu scellée dans la maçonnerie de la fontaine Saint-Martin, à Saint-Amand-Montrond.

Rappelons que cette source fut pendant quelques années le départ d’une conduite amenant, par gravité, l’eau de cette résurgence jusqu’à une fontaine publique située en centre-ville. Ce dispositif fut abandonné quand les châteaux-d’eau prirent le relais de la distribution en eau potable, ce qui n’empêcha pas les saint-amandois de continuer à venir s’approvisionner pendant des décennies directement à la fontaine, jusqu’à ce qu’une pollution due aux rejets d’eaux usées des nouvelles habitations du quartier ne ruine la notoriété de la source.

La fontaine Saint-Martin est  composée d’un captage voûté souterrain dont l’eau s’écoule par le canon d’une ancienne couleuvrine saisie par les révolutionnaires saint-amandois au château de Bannegon lors des événements qui suivirent la prise de la Bastille. Une deuxième pièce d’artillerie subit le même sort. Arrivés à Saint-Amand, les émeutiers s’empressèrent d’essayer leur prise. Probablement trop chargée de poudre, la culasse du petit canon leur explosa à la figure. Prudents, les révolutionnaires jugèrent qu’il était inutile de poursuivre leurs expériences d’artilleurs, et laissèrent tranquille la deuxième pièce, qu’on peut encore admirer au musée Saint-Vic de Saint-Amand. Le canon de bronze de la couleuvrine endommagée fut scié pour être devenir, sans jeu de mots, canon de la fontaine Saint-Martin.

fontaine2    

Il a donc été très facile d’en prendre la mesure, soit 4,7 cms, ce qui est très légèrement supérieur au diamètre du boulet trouvé à Meslon. La preuve est faite qu’une petite bouche à feu existait bien dans cette enceinte et d’un modèle identique aux pièces d’artillerie du château de Bannegon. 
fontaine3    

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 09:50

poids 1

Au cours de mes promenades au bord du Cher, mon attention a été attiré à deux reprises, sur les plages différentes des alentours de Drevant par des objets singuliers façonnés par la main de l’Homme.

Il s’agit de deux morceaux de calcaire dit de la Celle, absent de la géologie de la vallée dans ce secteur, dont une dallette présentant des traces nettes de fracture. Les deux pièces sont sensiblement de la même taille et sont percées par une action mécanique qui prouve encore leur nature artificielle.

L’imprécision du contexte de découverte -alluvions de surface- exclut toute précision dans la datation, qui peut couvrir toute la période historique. La destination de  ces deux poids est aussi incertaine, mais la proposition d’un usage halieutique semble le plus probable. Qu’elle soit permise ou clandestine, la pêche au filet dans la rivière remonte au moins à la période médiévale. Les archives du château d’Ainay-le-Vieil conserve un acte rapportant l’arrestation d’un braconnier au bord de la rivière près de Meslon (époque moderne).

Ces poids, de conception très simple, peuvent avoir servi à lester des filets dans les pêcheries, mais on ne peut exclure d’autres destinations, comme pour le rouissage du chanvre dans l’eau du Cher, par exemple, pour maintenir les tiges végétales au fond de l’eau.

poids 2 

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 08:40


C'est vraiment le hasard qui a permis d'identifier cette marque de fabrication sur un fragment de tuile à l'occasion du retrait des déblais qui obstruaient l'ancien puits de l'enceinte de Meslon.
Cette empreinte circulaire, d'un diamètre d'environ 2,5 cm, est apposée sur la face interne de la tuile. Le dessin est cruciforme. 
On ne peut dater formellement un tel objet mais celui ci est extrait d'un remblais homogène contenant des vestiges du XVIIe siècle, période de comblement du puits. On peut supposer que ce cachet identifiait une tuilerie locale qui signait ses produits d'une marque avant de les livrer sur les chantiers de construction.
D'autres marques de tuiliers ont été relevées lors de travaux de rénovation de toitures par des couvreurs, mais il n'y a à ce jour, à ma connaissance, aucune typologie établie sur ce sujet. 

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