Partager l'article ! La digue de Bigny-Vallenay (18): L’observation que j’ai faite cette semaine m’aidera sans aucun doute à me méfier encore plus ...
L’observation que j’ai faite cette semaine m’aidera sans aucun doute à me méfier encore plus qu’avant des idées préconçues.
Pour moi, ayant approché quelques barrages sur le Cher, la digue de Bigny-Vallenay, qui a fait couler beaucoup d’encre dans la presse locale depuis quelques mois,
devait être un ouvrage de plus dont la destruction programmée me laissait indifférent. Comme d’autres, je me l’étais imaginée en béton, si bien que je n’avais jamais encore pris la peine de
suivre la route qui y mène jusqu’à ce qu’un ami archéologue m’invite à venir observer des techniques de prospection subaquatique. Ce que j’ai vu sur place m’a surpris et m’inspire des sentiments
partagés.
La digue de Bigny est un ouvrage d’art ayant eu pour fonction d’alimenter en eau les forges du lieu. Elle retient les eaux du Cher pour les dévier dans un bief qui
n’a plus aujourd’hui d’utilité économique. Ce bief rend toutefois quelques services aux éleveurs et aux riverains. Des directives européennes visant à rétablir la continuité des cours d’eau
naturels pour les migrations de faune sauvage et, pourquoi pas, pour les sportifs qui circulent en canoë (j’ai été naguère de ceux-là), l’ont condamnée à être dynamitée, ce qui a provoqué un
débat houleux et des recours auprès des tribunaux compétents.
Objectivement, il y a de quoi se poser beaucoup de questions sur ce projet, avec de nombreux arguments contradictoires qui soulignent le caractère embarrassant du
dossier.
Le barrage de Bigny est bien un obstacle majeur construit dans le lit du Cher. Aucun poisson migrateur, tel que le saumon, ne peut le franchir. Certains diront
qu’il n’y a plus de saumons dans le Cher depuis belle lurette, mais ceci était aussi vrai pour les castors, qui font un retour remarqué sur nos berges.
Le bief n’est pas un cours d’eau naturel, ce qui est exact, mais il a certainement fixé, avec le temps, un biotope qui se moque bien que les sables sur lequel il
prospère soient mouillés par un canal artificiel.
La retenue n’a plus d’intérêt en termes économiques pour l’industrie locale, mais rien n’empêche de penser que le bief pourrait un jour alimenter une micro-centrale
hydro-électrique, bien préférable à ces horreurs d’éoliennes industrielles qui saccagent nos paysages.
La digue est, ce que je n’imaginais pas du tout, un bel ouvrage monté en pierres de taille et appartient indiscutablement au patrimoine industriel de la région.
Hélas, et c’est tout aussi indiscutable quand on l’observe de près, elle est proche de la ruine. L’eau la traverse et la ronge au point qu’une grande crue comme celle de 1977 pourrait l’emporter.
Je ne suis pas spécialiste dans ce domaine, mais je sais ce que coûtent des travaux pour remettre en état une vielle maison, et j’imagine les budgets pharaoniques qu’il faudrait pour remettre en
état le barrage. L’historien que je suis comprendrait mal qu’on mette de l’argent dans un tel projet alors que tant de sites médiévaux manquent de moyens pour résister aux dommages des
saisons.
En conclusion, je suis incapable de savoir dans quel sens faire pencher les plateaux de la balance. La Justice tranchera dans ce dossier. En attendant, il n’est peut-être pas inutile de se munir de bottes et d’un bon appareil-photo avec zoom (l’accès est proscrit, il faut respecter la Loi) pour venir récolter quelques images et, qui sait?, quelques souvenirs d’un lieu qui pourrait complètement changer d’aspect dans les mois à venir.
22921 visiteurs sont venus se promener autour de Meslon. Merci de leur visite!
Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme
de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées
sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
Je travaille sur un projet de conférence sur les maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation prévue pour l'été 2013).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr (#=@ / pour limiter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!
Mes amis de Blankass viennent de sortir leur nouvel album. Des dates de concerts et une boutique en ligne à retrouver sur le lien suivant:



Mon nouveau blog, orienté sur le partage de photos et cartes postales anciennes pouvant être utiles à l'historien. Des photographies récentes illustrent des évènements contemporains.
A consulter sur le lien suivant: